CHAPITRE III
COMMENT LE CONFESSEUR DEVRA SE CONDUIRE A L'ÉGARD DES DIFFÉRENTES SORTES DE PÉNITENTS.
Pécheurs qui sont indignes de l'Absolution.
D'après l'encyclique de Léon XII, quand le pénitent refuse de faire ce qui est absolument nécessaire pour le salut de son âtne, tous les moyens inspirés par le zèle et la charité ayant été mis en œuvre vainement auprès de lui, le prêtre ne peut l'absoudre. Cela supposé, voici ceux qui sont indign s du bienfait de l'absolution.
1» Les ignorants. Si des personnes absolument dépourvues des connaissances nécessaires necessitate medii, au salut, se présentent un jour de grande fête, et que le confesseur voit qu'elles ne peuvent répondre, non pas parce qu'elles sont intimidées, ou parce qu'on leur fait des interrogations différentes de celles du catéchisme, mais parce qu'elles ignorent jusqu'à la substance même des mystères les plus nécessaires, le prêtre doit les instruire, s'il le peut; autrement il leur dira de revenir à un moment plus favorable, les exhortant à cela avec des paroles si suaves, que ce soit véritablement pour elles un plaisir de retourner. L'instruction des pauvres pécheurs, quel acte de charité sublime! Heureux le confesseur qui l'exerce, soit par lui-même, soit par d'autres.'
Mais supposons qu'un mourant se trouve dans cette ignorance. Le prêtre, en ee cas, devra l'interroger de la manière îa plus simple et la plus intelligible ; il lui dira par exemple : Croyez-vous qu'il y a un seul vrai Dieu? Croyez-vous que, bien qu'il n'y ait qu'un Dieu, il y a en Dieu trois personnes distinctes, le Père, etc.? Croyez-vous qu'il donne aux bons le paradis pour récompense; et aux mauvais l'enfer pour châtiment? Croyez-vous que la seconde personne de la Sainte Trinité a pris un corps humain en se faisant homme
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pour n:us? Et quand bien m ''aie le pénit nt ne saurait pas alors les choses nécessaires, necessitate prœcept i, c'est-à-dire
quand il ignorerait la formule du Credo, d s Commandements, etc. ; s'il répond bien à l'essentiel, il est capable de recevoir l'absolution, et, in articuio mortis, on doit la lui donner.
Il ne faut pas renvoyer facilement un adulte à cause du défaut d'instruction suffisante, car on l'exposerait au danger de ne plus venir se confesser de sa vie. Qu'on l'instruise ; et, quand il a les connaissances requises, qu'on l'absolve qu'on le peut, lui donnant pour pénitence, s'il sait lire, de taire pendant un certain temps une lecture dans un précis de la doctrine chrétienne; et, s'il ne le sait pas. d"a>sister tant de jours aux exercices où on expose les principes élémentaires de la religion. Qu'on s'offre soi-même pour l'instruire durant quelques jours, ou qu'on lui indique quelqu'un qui le fasse avec chanté et secrètem nt. s'efforçant d'atténuer le plus possible la honte qui s'attache à l'ignorance.
2° Les vindicatifs. Ceux qui refusent de pardonner à leurs ennemis ne sont pas dignes de l'absolution. Mais il ne faut pas confondre le tort avec les injures. Je ne suis pas obligé de pardonner le tort qu'on m'a fait dans ma fortune, et je puis toujours exiger la restitution ou une indemnité. On ne confondra pas non plus le premier mouvement ou l'impression naturelle que quelques-uns éprouvent en voyant celui qui les a of^nsés, avec la haine et le désir formel qu'il lui arrive du mal. Pour connaître les véritables dispositions du pénitent, je lui demanderai s'il est disposé à saluer ou au moins à rendre le salut à c lui qui l'a offensé, et à le secourir en cas de nécessité ; s'il me répond oui, je puis lui donner l'absolution. Mais si réellement il nourrit dans son cœur des sentiments de haine, si c'est vainement que je lui propose l'exemple de Jésus-Christ et des saints, que je lui rappelle qu'en ne pardonnant pas, il est assuré de n'être pas non plus pardonné de Dieu ; s'il persiste à ne pas vouloir se réconcilier avec son ennemi, je ne puis le reconcilier avec le Seigneur.
Le confesseur devra s'abstenir d'exiger que le pénitent aille demander pardon à son ennemi : tous ne sont pas disposés à accomplir un acte si héroïque, et il n'y a pas toujours obligation de le faire. Quel malheur ce serait, si, ea