DEUXIÈME PARTIE
pharisiens, « qu'ils lient des fardeaux pesants et insupportables, et les mettent sur les épaules des autres; et ils ne veulent pas les remuer du bout du doigt (4) ».
Il ne faut jamais imposer des pénitences pour un temps considérable, et encore moins pour toute la \ie ; car rarement le pénitent s'en acquittera, et le confesseur sera ainsi la cause de beaucoup do péchés. Cependant, si, d'une part, on voit un pécheur chargé d'adultères, de vols, de sacrilèges et d'autres crimes affreux ; et si, de l'autre, on s'aperçoit qu'il est désireux de satisfaire à la justice de Dieu, pourquoi ne pas profiter du moment où la grâce parle à son cœur, et l'aider à expier ses crimes passés, et à se prémunir en même temps contre les rechutes? Comment concilier ces deux extrêmes? En lui imposant deux pénitences : une légère, quoique grave dans son espèce, comme, par exemple, les trois parties du rosaire, plusieurs chemins de Croix, etc. ; et celte pénitence sera obligatoire ; et une autre plus difficile qui devra durer plus longtemps, mais qui sera de pure dévotion. Ainsi, en s'acquittant de cette dernière, il peut acquérir de grands mérites; et, s'il omet de la faire, il ne se rend pas coupable de péché.
8° Etat qu'on ne peut exercer sans péché. Il n'est pas permis d'absoudre celui qui ne veut pas quitter le péché, ou abandonner un état qu'il ne peut exercer sans offenser Dieu. Vous voyez venir à vos pieds, vénérable confesseur, un homme qui fabrique de la fausse monnaie, un devin, une femme publique, un employé qui vole le gouvernement, un musicien ou une cantatrice, qui gagnant leur vie à chanter ou à jouer sur leurs instruments dans les cafés et dans les bals, les airs les plus obscènes, et tant d'autres qui ne sauraient vivre sans entraîner avec eux un grand nombre j'âmes dans l'enfer : oui, ayez pour ces personnes dos entrailles de miséricorde; quelle glorieuse conquête si vous pouvez arracher à Lucifer une telle proie ! Mais si vos efforts sont inutiles, restez ferme dans les principes ; il vaut mieux que vous laissiez une âm^ se perdre seule en ne lui donnant pa- l'absolution, que de vous perdre avec elle en la lui accordant.
9° Le superstitieux. Celui qui ne veut pas consentir à ne
(1) Matth. xxiv, 4.
plus consulter le devin, les tabies tournantes, pour connaître l'avenir, et à ne plus se servir dans ce but d'autres moyens semblables, n'est pas non plus digne de l'absolution 1 ".
40° Celui qui ne veut pas quitter l'occasion prochaine et volontaire du péché. Comme es point est très-ptatique et qu'il a une importance extrême, nous le traiterons à part.
(1) Peut-il y avoir un "spectacle plus déplorable que celui que présenta l'Amérique, et ensuite la France, il y a quelques années ! Tant de difficultés pour embrasser ce que l'Eglise enseigne, et tant de facilité pour admettre les plus grandes sottises! Des tables qui tournent! Des morts qui parlent! etc.. Je ne veux pas toucher ce point; mais j'exposerai simplement la manière de voir des hommes les plus sensés sur ce sujet.
« Diabolico intervenlui attribuendum est, quidquid divinationem sapit : ac proinde qnotquot tabulis interrogationes de rébus oc:ultis aut future proponuntur, quotquot signis aut scripto responsa ab eis obtinentur daemonis artibus adscribenda sunt. Quis enim adeo insaniat ut lignum aut marmor intelligere vel loqui posse existimet? Ergo ad Tabulas verba faciens spiritum aliquem consulis... Al quemr.am? Bonumne? E quid vero Deus, Angélus bonus, Animas purgatorii. quae nihil,nisi praecipiente Deo, agere possunt, puerilibus ludfs intervenlenthominumque curiositati, ne*dicam impiae voluntati, turpiter obtemperabunt"? Ergo diabolus implicite invocatur, et quaecumque protestatio contra ipsius interventum apponatur, daemoni cultus reapse tribuitur. Ergo peccabunt et qui has interrogationes faciat, et quicumque hoc pacto veritatem elici arbitretur, et qui huic impiae comediae assistât, vel aliquo modo eooperetur, nisi quis ob ignorantiam vel stupiditatem vix credibilem excusandus videatur.
« Idem dicendum de pythonibus aut pythonissis, seu de medio quod ad respondendum propositis quaestionibus inservire dicitur. Xumquid enim arcana ordinis supernaturalis atque abditissima aeternitatis sécréta ad humuncionisaut mulierculae nutum a Deo sapientissimo manifestabuntur, cum amicis suis sanctissimis tam pauca revelaverit? Conni.eatne Dei sanctitas et majestas infinita vanae hominum curiositati et turpissimse cupidini explendae? Quantumcumaue igitur praa intentio excludi dicatur, talia agens non minus a peccato excusandus, quam excusaretur ille qui e summa sese turri praecipitans interitum sibi minime velli protestaretur. » Voyez Gurt, Cas. Consc. de I praec Dec. cas. 12 et 14.
Le tribunal de la Sainte Inquisition a donné une réponse analogue au sujet des fauteurs du magnétisme animal, 30 juillet 1856,