DEUXIÈME PARTIE
main; et quelquefois il devra refuser l'absolution; mais qu'il ne se décourage pas pour cela. 0 ministre du Très- Haut, pourvu que vous fassiez tout ce qui dépend de vous pour convaincre et disposer le pénitent, vos efforts ne demeureront pas sans récompense, Dieu couronnera votre patience, vos exhortations, vos larmes. Le pénitent luimême, reconnaissant ses fautes, s'en ira aussi édifié de votre zèle, que dégoûté de lui-même; car, bien qu'il n'ait pas obtenu l'absolution, il pourra vous amener d'autres pécheurs. Combien de fois n'a-t-on pas vu un pauvre pécheur de ce genre, conduire ainsi ses amis aux pieds d'un confesseur charitable qu'il avait reconnu si désireux de le sauver. Ainsi, que Je ministre fidèle ne perde jamais courage : « Curam exigeris, non curationem, » s'éCrie S. Grégoire-le- Grand.
3° Une fois sorti du confessionnal, à la première occasion qui se présente, examinez comment vous vous êtes comporté au saint tribunal ; comment vous avez accueilli, aidé, supporté le pénitent; s'il vous a échappé des expressions, des questions qui ont pu faire une mauvaise impression sur son esprit; si vous avez décidé des cas, donné, différé ou refusé l'absolution selon les principes de la plus saine théologie, enfin si votre conduite a été digne d'un ministre, d'un représentant de Jésus-Christ. Avez-vous des doutes sur la rectitude de votre manière de voir, d'apprécier les choses, de décider les difficultés qui se sont présentées? Ouvrez un ;uiteur, ou consultez quelque confesseur expérimenté, nais avec les plus grandes précautions, afin que rien no puisse faire connaître le pénitent (1). Enfin le confesseur vendra grâces à Dieu pour les conversions qu'il aura faites, pour les bonnes inspirations qu'il aura suggérées, le suppliant humblement de lui pardonner les erreurs qu'il aurait pu commettre et de les corriger, et il n'oubliera pas de prier pour les pénitents afin qu'ils persévèrent dans leurs bonnes résolutions.
On ne saurait dire combien un semblable examen contribue à former le confesseur et à attirer les bénédictions du ciel sur lui et sur ses pénitents. Aussi S. François Xavier,
(1) Le prêtre tjui est ainsi consulté, ne doit pas oublier qu'il est tenu à garder le secret. S. Lig. n. 648.
recommandait beaucoup cette pratique. Lisez de temps en temps l'examen qui se trouve à la page 489 du premier volume.
Décrets. Il ne faut pas omettre le mot Deinde, car la sacrée Congrégation a décidé : Nihil esse innovandum (11 mars 1837). — Quand il y a un grand concours de pénitents, il suffit de dire depuis Dominus noster Jésus Christus, jusqu'à Passio S. R. G. 27 février 4847). — Et même en danger de mort, il suffira de dire : Ego te absolve ab omnibus censuris et peccatis tuis in nomine Patris,et Filii, et Spiritus Sancti Rit. Rom.). — On ne doit rien changer au Confiteor ,18 août 1629,.
Pour les religieux, on a demandé à la sacrée Congrégation des évèques et réguliers : 1° si un religieux Augustin, pouvait se confesser avec la permission du prieur à un conf sseur approuvé de l'Ordinaire, mais séculier ou d'un autre ordre, et si le prieur pouvait donner cette permission? Affirmative ad utrumque, dummûdo sacerdos fuerit ex approbatis ab Ordinario loci. Pro aliis Ordinibus standum eorum constitutionibus et siatutis (3 juillet 1861).
2° Si un religieux pouvait validement entendre les confessions des séculiers Cum sola facultate Ordinarii, invita suo superiore? — Affirmative.
3<> Si le supérieur pouvait défendre à ses sujets d'entendre de semblables confessions, et les frapper de suspense? Affirmative : ita tamen, ut religiosu's suspensus illicite, non vero invalide confessiones excipiat.
4° Si cette suspense vaut, quand elle est intimée verbalement, et non par écrit? Affirmative, cum feratur per modum prœcepti particularis.
En conséquence l'absolution est valide; et, bien que le sujet qui la donne soit suspens et pèche mortellement, il n'encourt aucune irrégularité; cum nullam spreverit canonicam censurant (S. C. Ep. et Reg. 2 mars 1866).