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METHODE POUR LA CONFESSION GENERALE

Elle est souvent nécessaire.

Industries pour tirer les péchés du cœur du pénitent. Nécessité souveraine d'interroger avec discrétion. Moyen facile de faire une confession générale.

Nécessité de la confession générale. Combien sainte Térèse avait raison de dire à un de nos pères missionnaires : Mon père, prêchez souvent sur les confessions sacrilèges; car Dieu m'a révélé, que la plus grande partie' des chrétiens se damne, à cause des confessions mal faites ! Môme à ceux qui ont une conduite très-régulière, les maîtres de la vie spirituelle conseillent de faire de temps en temps une revue à partir de leur dernière confession générale. Cette pratique sera donc d'une utilité souveraine à vos pénitents, et vous devez la leur recommander, si vous avez des raisons de craindre qu'ils aient caché quelque péché grave en confession... qu'ils aient diminué à dessein le nombre de leurs fautes, dis-imulé quelques circonstances qui changent l'espèce du péché ou qui en constituent un nouveau... si vous appréhendez qu'ils se soient confessés sans douleur... sans véritable bon propos... ne prenant pas souci de se défaire, des mauvais livres, de restituer, de pardonner à un ennemi, d'abandonner l'occasion prochaine du péché, etc.? Ah! combien d'âmes tombent dans ces pièges; combien qui cachent des péchés, ou qui nient avoir commis telle faute grave, surtout dans les endroits où il ne se trouve pas de confesseur inconnu, où les quelques prêtres qui entendent les confessions, ne peuvent pas supporter qu'un pénitent Jes quitte pour s'adresser à un collègue ! Si même, la où cet inconvénient n'existe pas, il en coûte tant à certaines personnes pour être sincères (4), que doit-il arriver dans les localités où se rencontrent ces misérables jalousies?

(1) J'ai rencontré des personnes qui, ayant reçu trois, quatre et cinq fcis les derniers sacrements,, persuadées qu'elles allaient mourir et se damner, n'avaient pas encore eu le courage de dire alors leurs péchés.

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J'ai donné peu de missions où, sur l'ensemble des cenfes* tions entendues, il ne s'en soit pas trouvé à réparer dans la proportion de cinq. six. sept et parfois huit et neuf sur dix. Voyez, vénérables confesseurs, quelle liberté nous devrions accorder aux pénitents, pour aller là où ils veulent. Par là, les curés devraient comprendre avec quelle sollicitude il faut qu'ils s'efforcent de procurer tous les cinq ans une mission à leurs paroissiens, et de faire venir dans le cours de l'année un confesseur étranger, surtout aux approches des Pâques, rappelant au peuple la nécessité de ne rien cacher en confession. Enfin, les prêtres n'oublieront jamais combien il importe qu'ils se gardent avec le plus grand soin de parler des choses entendues en confession : si même lorsque nous observons sur ce point la plus scrupuleuse attention, tant de péchés nous sont cachés par honte, qu'arriverait-il si nous nous départions de cette réserve extrême? Quels maux pourrait causer la plus légère indiscrétion sur cette matière! Qu'on sache donc bien, et que tout le monde le voie par notre conduite, que le cœur du prêtre est une arche sainte solidement fermée; que sur sa bouche est placé un sceau inviolable. La confession est sacrée, au point que, dans le cas où on me demanderait : Est-il vrai que telle chose existe? Je puis, et je dois répondre, même avec serment, que je n'en sais absolument rien, si je ne connais l'affaire que par la confession. Car, comme le dit le docteur Angélique : « Homo non adducitur in testimonium, nisi ut

Trois fois un jeune homme unt se confesser à moi; une t'ois il fit quatre heures de chemin à pied dans ce but; un jour il en fit jusqu'à dix, et chaque fois il me déclarait un nouveau péché qu'il avait caché par honte. Je fis tout ce qu'on peut imaginer pour ouvrir son cœur. Et il semblait bien qu'il avait confiance en moi, puisque, ayant beaucoup de confesseurs et de missionnaires à ^a disposition, il venait me trouver avec tant de fatigues, et qu'il se srntait assez de courage pour me dire en pleurant qu'il m'avait de nouveau trompé. Et cependant, trois fois de suite, il m'a caché des péchés, tant la honte s'était emparée de son âme; Dieu seul sait s'il ne m'a pas trompé une quatrième fois! — Ne vous étonnez pas, l'.hers lecteurs, si je vous fais dans cet ouvrage de semblables confidences; je crois que le bien des âmes le demande, et peu de personnes auront plus de liberté pour le faire que moi, sans courir le risque de rumpre le sceau sacramentel, car j'ai eu la consolation d'exercer le ministère dan» cinq royaumes et dans plus de mille paroisses.

homo; et ideo sine isesione conscientiae potest jurare se nescire quod scit tantum ut ûeas. Ulud autem quod sub confessione scitur, est quasi nescitum, cum iliud non sciât aliquis ut homo, sed ut Deus. » Summ. S. Thom. quœstl'l.

Industries pour tirer les péchés du fond du cœur du pénitent. Le confesseur ne doit pas attendre que le pénitent vienne lui dire : Mon père, j'ai caché des péchés par honte, vi voudrais faire une confession générale. Cela arrivera très-rarement ; presque toujours, pour avoir cet aveu, il sera nécessaire de mettre en œuvre une foule d'industries et de procédés ingénieux. Les règles suivantes pourront conduire à ce résultat précieux.

1o A l'article de la mort, à l'époque d'une mission, d'un jubilé, d'une neuvaine, c'est-à-dire, toutes les fois que Dieu daigne émouvoir les cœurs, et quand il s'agit d'embrasser un état, le confesseur zélé portera le pénitent à faire une confession générale. Il se rendra compte au moins si dans son enfance, dans sa jeunesse, dans sa virilité, il a caché au prêtre quelques péchés par honte.

2° Toiftes les fois qu'une personne qui mène une vie ordinaire, ébranlée soudain par un sermon, une mort subite, ou par un coup extraordinaire do la grâce, demande à faire une confession générale, n'en ayant jamais ou presque jamais fait, le confesseur ne doit pas s'y refuser. Il fera ainsi à cette âme le plus grand bien, qu'il en soit persuadé. Il y a des confesseurs, qui se contentent de demander au pénitent s'il a caché quelque péché par honte ; et le pénitent répondant : non, ils ne veulent pas entendre sa confession générale. Ah! vénérables prêtres, permettez au pénitent de s'expliquer; peu importe qu'il ne mette ni ordre ni méthode, dans ses aveux, laissez-le parler ; çà et là vous le verrez confesser un horrible blasphème, un adultère, un vol, un autre péché encore plus affreux. Eh bien, avez-vous dit cela à votre confesseur? Non, mon père, je ./en ai jamais eu le courage! Que d'anse il tirera par ce moyen des griffes du loup infernal!

3o Qu'il suppose le pénitent plutôt coupable qu'innocent, et il diminuera, delà sorte, la honte au'il a de s'avouer coupable. Il est vrai qu'on ne peut suivre la même méthode pour toutes sortes de personnes; mais si je commence par demandei : N'avez-vous pas eu de mauvaises pensées? Ça

été sans le vouloir, n'est-ce pas, et très-rarement? quelle honte n'inspiré-je pas à celui qui, non-seulement a de mauvaises pensées, mais de mauvais désirs extrêmement nombreux, et les actions les plus infâmes à accuser. Au contraire, combien je rends facile sa confession, en le supposant en quelque sorte plus coupable qu'il ne l'est véritablement. Voici, par exemple, un homme qui se présentée mes pieds... à la manière de se couvrir le visage et de s'expiiquer, je vois qu'il est tout agité... je lui demande combien de

temps s'est écoulé depuis sa dernière confession il reste

sans réponse Si je lui dis : deux ou trois mois, il se découragera je mets donc en avant un grand nombre

d'années, vingt, trente, selon son âge... Non, mon père, me répond-il, tout encouragé, il n'y a que cinq ans... Quand j'arrive au nombre de lois qu'il a commis tel péché, il demeure effrayé et ne Fait que me dire... Est-ce plus de trois cents fois? Non. mon père, cent fois seulement... Il est nécessaire que je sache quand a commencé cette mauvaise habitude... quand il a péché la dernière fois. Si je laisse le pénitent dire, il répondra peu de temps à la première interrogation, et beaucoup de temps à la seconde. Je l'interroge : il y a dix-huit ans, que vous avez contracté cette habitude? Non, mon père, il y a environ douze ans. Avez-vous péché aujourd'hui? Non. mon père, il y a deux jours. Avec cette industrie on obtient que le pénitent au* lieu de s'accuser ait plutôt à s'excuser ; et on lui ouvre largement le cœur, surtout s'il voit que rien n'étonne le confesseur (4).

(1) Ces pécheurs et une foule d'autres pénitents, il ne convient pas, selon moi, de les reprendre, à chaque commandement. Prêchant une neuvaine des Ames du Purgatoire, dans une ville qui avait eu une longue mission de quatre semaines, donnée par trois missionnaires très-zélés, je trouvai une si grande multitude de péchés cachés par honte, même durant les saints exercices, qu'en un seul jour j'eus à revalider vingt-sept confessions de cette nature. Qu'est-ce qui pouvait donc être la cause de cela? il est possible qu'un tel malheur vînt de ce qu'un grand nombre de confesseurs étaient du pays ; mais je crains que la pratique de faire des réprimandes sur chaque péché à mesure que le pénitent s'accusait, n'y ait aussi contribué. Cette méthode, 1° allonge trop les confessions. 2° Elle fait que le confesseur parle et répond sans avoir une parfaite connaissance de la cause. 3° Elle détourne beaucouD le Dénitent de déclarer ses

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