‹ Le trésor du prêtreChapitre 170 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

eonspection dans leurs questions sinon curieuses, au moins avancées, ot peu utiles, allant trop au fond, quel mal et quel scandale ne pourra-t-il pas causer (1)?

Manière facile de faire la confession générale. Quand on a découvert qu'une confession générale est nécessaire, si la personne peut facilement revenir, on lui fixe un jour et une neure, afin qu'ayant le temps de s'y préparer, elle la fasse d'une manière pleinement satisfaisante. Mais, si le pénitent était de ces hommes qui reviennent difficilement, il ne faudrait pas le remettre à un autre temps. Imitant alors !a conduite du bon Pasteur, le prêtre, sans se déconcerter, oubliera pour un instant le troupeau qui l'attend, afin de s'occuper de cette, brebis errante depuis tant d'années.

Pour procéder sans retar I à cette confession générale, le prêtre s'informera d'abord de l'âge du pénitent, de son état, de sa condition et des phases principales de sa vie ; il vcrra;

(4) « Dolendum sane est, inter juniorum saccrdotum manus versari opéra quidam, medico certe quam theologo digniora, in quibus non tarn exhibentur species, quam dcscribitur modus quo puellre et uxoratae in sextum decalogi praeceptum delinquere valent. Quid indignius purissimo illo pœnitentiae tribunali ac sanctitatis sede, quam si a confessario inquireretur quomodo manustupralio puelloe habita fuerit; quonam instrumento usa sit et alia hujusmodi, quae calamus horret, et qure tamen typis saepius mandata a pluribus avide perleguntur? Quonam titulo has libidinis latebras perscrutaretur sacerdos? An quia hic vel ille peccandi modus valetudini magis directe noeeret? At cum fateantur auctores illi, pollutionem, quaecumque illa sit et quocumque pacto excitetur, exilialem esse valetudini ; eritne hsec causa sufficiens cur, summo pœnitentis et confessarii periculo, abstrusa libidinis perscrutari, et arcana ipsis fortasse medicis ignota penetrare velis? Si puella, cujus confessionem excipis, hos lubricos peccandi modos ignorabat, et, quod non semel accidit, ut eos addisceret ad te venit; quod scandalum?... Si hanc scientiam optime callebat, ast nunc rubore suffusa cir^umstantiam illam, cœteroquin inutilem, fateri non audet; quot confessiones sacrilegae inde oriri possunt?... Numerum peccatorum, easque circumstantias quœ no»um peccatum inducere possint, non peccati descriptionem cxigit Triden tina Synodus... Quot infelices pœnitentes ob incautam confessarii in« terrogationem aut explicationem innocentiam et animam perdiderunt! Taies confessarii non animarum salvatores, sed homicidae vocandi sunt. Multo melius est in pluribus deficere, quam in uno superabundare ratione integritatis confessionis in materia luxuriœ. » (Gutt. tract, de pœnit. n. 616).

Trésor II. 18

depuis combien (Tannées il a caché tel péc'-é; quand a commencé cette mauvaise habitude, et combien de temps elle a duré ; si elle dure encore ; s'il se confessait souvent, ou rarement ; combien de fois il pèche maintenant; combien de fois il péchait auparavant en un jour, en un mois, en une année, etc. ; s'il péchait seul ou avec d'autres? Avec quelle classe de personnes? Avec combien de personnes mariées et non mariées, etc.? Si seulement son péché a été une tentative; ou s'il a consommé l'acte? S'il en est résulté des enfants? Ce qui est advenu d'eux? Comment les dommages causés seront réparés? etc. Il n'est pas nécessaire de rechercher scrupuleusement quelles ont été ces pensées, ces désirs; de se rendre compte du temps qu'ils ont duré; car cela est impossible à vérifier, et on voit suffisamment, par les autres choses, que cette âme était une forêt ouverte a toutes les betes féroces.

Il l'examinera et l'interrogera de la même manière sur les autres commandements, omettant ce qui est controversé ou ce qui ne constitue qu'une matière légère, les fautes vénielles n'étant pas même, dans les confessions ordinaires, ia matière nécessaire du sacrement. Car « venialia, quibus a gratia Dei non excludimur, et in quae frequentius labimur, quanquam recte et utiliter in confessione dicantur, taceri tamen citra culpam, multisque aliis remediis expiari possunt. » Conc. TruJ.. sess. 14, c. 5.

Quoique ce soit bien de le faire, il n'y a pas obligation, à distinguer les péchés commis depuis la dernière corJ-.'Ssion, de ceux qu'on a déjà confessés dans d'autres occasions. L'important, c'est que le pénitent les déteste et les abhorre; qu'il les pleure, qu'il s'en corrige et en fasse pénitence. De cette façon, un confesseur discret, sans perdre sa présence d'esprit, obtient en très-peu de temps une bonne confession générale. Et. bien qu'elle soit faite à grands traits et à grands coups de pinceau, le confesseur acquiert ainsi une connaissance plus exacte des vices et des habitudes du pénitent, qu'un autre qui se serait engagé dans un dédale de questions, pensant toujours qu'on se confesse mal, si on ne fait pas une description minutieuse de chaque péché.

Apres avoir obtenu le principal, on peut recommander au pénitent de revenir quand il voudra, s'il se rappei'e quelque péché. Il faut surtout, l'exhorter à se confesser souvent

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