‹ Le trésor du prêtreChapitre 171 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

lui donner une pénitence facile à faire, par exemple différentes parties du rosaire ; et, supposé même qu'il ait déjà l'habitude de réciter cette prière à la maison avec sa famille, elle pourrait encore servir comme pénitence ; puis, si on veut, on lui en impose une autre plus grave qu'il fera par dévotion. Surtout, qu'on se montre imperturbable tandis qu'il déclare ses fautes; et qu'on ne soit ni prolixe, ni scrupuleux, ni importun dans les interrogations : « Diligentia non qua supra modum graventur, » dit Léon XII, dans son immortelle encyclique citée à la page 276 de ce volume.

Et, bien que nous ayons recommandé de réserver les exhortations et les réprimandes pour la fin, cela n'empêche pas que, afin d'écarter de son esprit, et.de celui du pénitent, les mauvaises pensées qui pourraient résulter du récit nécessaire de choses lubriques, le confesseur ne puisse quelquefois l'interrompre par ces réflexions ou d'autres semblables! Et si vous étiez mort, infortuné, où seriezvous? Depuis combien d'années vous brûleriez en enfer! Comme il faut que Dieu soit bon de vouloir bien vous pardonner un si grand péché! etc.

APPENDICE

Sur les péchés que le confesseur devra avoir présents à son esprit, pour les différentes sortes de personnes qui se confessent.

Ce n'est pas un examen sur les commandements de Dieu et de l'Eglise, commun à tout le monde, que je place ici. On en trouvera un de ce genre, dans n'importe quel auteur, ou dans mon ouvrage intitulé Y Ancre du Salut. Je noterai uniquement les péchés principaux, dans lesquels sont susceptibles de tomber les différentes classes de personnes qui se présentent à vos pieds.

Pères et chefs de famille.

Examiner s'ils récitent chaque jour le rosaire avec leur famille, ou s'ils se recommandent à Dieu tous les soirs. Si vous trouvez qu'il en est ainsi, c'est un bon signe; vous avez à vos pieds des pères de famille exemplaires.

S'ils ont soin que leurs enfants et ceux qui dépendent d'eux, remplissent leurs devoirs religieux, et surtout qu'ils ne travaillent pas les jours de fête.

S'ils leur ont donné le bon exemple, et enseigné la doctrine chrétienne.

S'ils les reprennent et les châtient quand ils le méritent, et dans la mesure qu'ils le méritent, sans se laisser aller aux imprécations, aux jurements, aux malédictions.

S'ils ont dissipé leur fortune au jeu, à la débauche et à des choses défendues.

S'ils ont soin de maintenir toujours la séparation des sexes.

S'ils permettent à ceux qui dépendent d'eux de sortir la nuit, de rentrer tard, de faire des galanteries, de fréquenter des maisons, des amis, des divertissements où il y a des dangers à courir.

S'ils paient leurs dettes et s'ils donnent aux journaliers et aux serviteurs leur légitime salaire.

S'ils font l'aumône selon leurs moyens.

Si, dans leur maison, ils permettent les blasphèmes, les conversations mauvaises, bs livres et les journaux irréligieux, les gravures indécentes, etc. Généralement parlant, il ne faut pas les absoudre, avant qu'ils n'aient brûlé ou au moins remis leurs livres.

Négociants et marchands.

Voir s'ils ont convoité les biens du prochain.

S'ils ont fidèlement conservé ou administré les choses qui leur avaient été confiées.

S'ils ont fraudé en quelque chose, ou trompé, soit dans la qualité des marchandises, soit dans le poids ou la mesure. Combien de fois, et en quelle quantité.

S'ils ont fait des contrats illicites ou usuraires.

Si, abusant du besoin ou de l'ignorance de quelqu'un, ils Ont acheté à un prix inférieur, ou vendu à un prix supérieur au juste prix.

S'ils ont ordonné ou conseillé qu'on fasse quelque chose au détriment du prochain; s'ils y ont au moins consenti.

S'ils ont acheté sciemment des objets volés.

Page 1