DEUXIÈME PARTIE
expliqués, etc. Le confesseur devra leur dire : Pouvez-vous jurer que vous les avez commises... que vous né les avez pas confessées... que vous avez cherché à tromper votre confesseur? Pouvez-vous jurer que vous avez consenti... que vous vouliez offenser Dieu et aller en enfer?... S'ils doutent, s'ils n'osent pas faire ce serment, c'est un signe qu'ils n'ont pas commis le mal.
Troisième moyen : Ne jamais revenir sur le passé. Ainsi, ie confesseur ne devra donc pas leur permettre de faire une confession générale. Il ne souffrira pas davantage qu'ils examinent, avant de se présenter au tribunal de la pénitence, s'ils ont consenti ou non, aux tentations, quand bien même il s'agirait de choses graves. S'il le juge prudent, il leur défendra même de parler des pensées qu'ils auraient eut s; et il les laissera s'accuser uniquement de fautes commises extérieurement, par paroles ou par actions. Il faut leur interdire défaire aucun vœu; et, si le confesseur en a le pouvoir, il les déchargera de ceux auxquels ils auraient pu s'astreindre. Tels sont les conseils que donnent Sanchez, Layman, S. Liguori et d'autres dans leurs écrits.
Quatrième moyen. Mépriser les scrupules et agir contre eux. Malheur au scrupuleux, s'il rencontre un confesseur qui fait du cas des scrupules! En voyant son directeur embarrassé, et en s'apercevant qu'il prend en considération ses pensées et ses doutes, l'infortuné se confirmera dans ses scrupules, et son mal sera incurable. Que le confesseur soit donc le premier à les mépriser, s'efforçant de persuader au pénitent, que, loin d'avoir péché au milieu de ces imaginations honteuses, il a au contraire acquis un grand mérite, et que ces sortes de tentations prouvent combien il est aimé de Dieu. Qu'ii lui parle avec circonspection, et qu'il ne le laisse jamais méditer sur les sujets qui épouvantent, comme le jugement, l'enfer, le petit nombre des élus, etc. Quand le pénitent, lui dira : Je suis damné, il n'y a pas de salut pour moi, le confesseur pourra lui répondre : Voyons, si Dieu voulait vous condamner, est-ce qu'il n'aurait pas pu il y a déjà longtemps vous envoyer en enfer, quand vous commettiez tel péché? Il lui inculquera que, quand il ne peut jurer que ce qu'il va faire est un péché, il doit agir en toute sécurité. 11 l'excitera enfin, à avoir en Dieu une grande confiance; car celui qui espère en Dieu acquerra de la force,
Trésor II. 19
marchera, courra, volera comme V aigle dans le chemin de la perfection : mais il courra sans se fatiguer et il ira sans défaillir.
Cinquième moyen. Le moyen le plus pratique, peut-être, et le plus efficace de tous, c'est de fuir l'oisiveté. Rarement une personne laborieuse et appliquée sera tentée de scrupules. On connaît ces mots d'un moine qui, tourmenté par les tentations, s'en vit délivré aussitôt qu'il dut s'assujettir à un travail accablant : vivere non licet, et fornicari licet? Le d.'recteur fera donc en sorte, que le scrupuleux s'occupe à des pratiques et à des œuvres extérieures ; il appellera son attention sur différents objets qui le distraient; et, en le confessant, il aura soin de rechercher, non pas tant les pensées et les tentations qu'il a eues, que le soin avec lequel il a fait ces travaux extérieurs, et il verra comme le pauvre malade guérira facilement,
Personnes pieuses.
Il peut y en avoir partout. Le directeur des âmes doit s'occuper, non-seulement de la conversion et de la réforme du pécheur, mais encore de la perfection et de la sanctification du juste. A l'imitation du divin maître qui disait : « Yeni ut vitam habeant, et abundantius habeant (1), » non content de retirer l'âme de l'abîme du péché, il s'efforcera de l'orner de la splendeur des vertus. Jusque dans la paroisse la plus insignifiante, Dieu a des âmes privilégiées, capables de s'élever à la perfection avec l'aide d'un directeur habile et zélé; mais hélas! combien s'en trouve-t-il, non-seulement au milieu du monde, mais encore au sein de la vie religieuse, qui, comme de pauvres paralytiques, passent dansïa langueur, dans l'infirmité, non plus trente ans, mais toute leur vie, et demeurent étendues sur le lit de la tiédeur, n'ayant personne pour les plojiger dans la piscine à* la dévotion ! Ah ! heureux le sauveur qui leur dira : « Surge toile grabatum tuum et ambula (2). » Semblable au paraly-