DEUXIEME PARTIE- Jl
les portera à une union (lus grande avec Dieu; il leur fera faire un examen particulier sur leur défaut dominant, un peu d'oraison mentale, la communion sacramentelle un ou deux jours dans la semaine; la communion spirituelle quand l'heure sonne; quelque mortification extérieure, une pénitence légère quand une faute aura été commise; et surtout, il veillera à ce qu'elles aient une grande pureté d'intention, un soin extrême d'éviter les fautes volontaires, et un ardent désir de réparer les offenses qui se commettent contre la divine Majesté !
Les éprouver avec prudence. Combien de directeurs s'imaginent avoir élevé leurs pénitents au sommet de la perfection, quand ceux-ci n'ont pas encore atteint le premier degré de la vertu i On doit donc quelquefois les éprouver et briser leur volonté et leur propre jugement, en leur refusant la communion, ou quelqu'une des pratiques qui leur est le plus agréable. On verra alors s'ils sont réellement dépouillés du vieil homme, et re"vêtus de l'homme nouveau. Le directeur devra rechercher, comment ils se comportent dans les contradictions et dans les épreuves que Dieu leur envoie "ou qu'il permet, afin de purifier une âme, et il se rendra compte de leurs pensées ; alors il verra le véritable esprit qui les conduit. Il se gardera bien de leur donner jamais à entendre qu'ils avancent beaucoup dans la vertu, et de leur laisser croire qu'il a une grande idée d'eux.
Editer tout ce qui peut les ridiculiser aux yeux du public. Autrement, c'est la vertu elle-même qu'on rendrait ridicule; et on éloignerait par là beaucoup de monde de la pratique de la religion. Rien ne porte à la piété comme de voir les gens qui en font profession, affables et polis, sachant parfaitement concilier la joie avec la gravité, la franchise avec la réserve un délass ment honnête avec la vertu. Que les personnes pieuses aiment le silence, à la bonne heure; qu'elles demeurent étrangères aux divertissements profanes; que leur maintien soit grave, décent et modeste; mais qu'on ne les oblige pas à marcher dans les rues les yeux fermés, à ne répondre que quand on leur fait des questions utiles, à se vêtir toutes de la même manière, à adopter des modes ridicules, à refuser toute visite, toute récréation honnête.
Que le confesseur ne soit pas ennemi des mortifications
« Jamais je n'aurai confiance, disait S. Jean de la Croix, en celui qui désapprouve les pénitences, quand bien-même je lui verrais faire des miracles. » Sans la garde des sens et la mortification de la chair, disait S. Charles Borromé personne n'obtiendra le don de chasteté. <v Je ne comprends pas. dit le savant Père Scaramelli, Direct, ascet. trat, 2 c. 7, comment un directeur peut justement priver les âmes soumises à ses soins d'un moyen de perfection si utile et pratiqué par les saints, et les frustrer de l'acquisition du bien spirituel qui en doit provenir, principalement pour les jeunes gens, oui, tant à cause de la vivacité des sens qu'à cause de l'ardeur du sang, ont un si grand besoin de ce remède. Il y en a qui disent : mais la santé n'aura-t-elle pas à souffrir ? Je loue cette attention; cela prouve que de telles pénitences doivent être refusées aux gens maladifs et faibles de complexion ; mais cela ne prouve pas qu'il soit défendu de les accorder dans une mesure toujours discrète, à ceux qui jouissent d'une bonne santé. D'autres disent encore : ces choses extérieures ne sont pas nécessaires pour être bon, et une religieuse sans embrasser ces pratiques peut être une sainte. Sans doute, la perfection chrétienne et religieuse dépend principalement de la vertu intérieure; mais la mortification de la chair et des sens extérieurs est nécessaire pour arriver à cette perfection : quand le corps est trop audacieux, l'esprit ne peut pas dominer et être le maître; et d'un autre côté, les mortifications corporelles obtiennent de Dieu des grâces abondantes et des secours efficaces pour pratiquer ces vertus intérieures. » Quoiqu'un objectera ici : avec le cilice et la discipline on obtient un résultat contraire à la fin qu'on se propose ! Je réponds : mais tant de milliers de saints, d^ religieux et de chrétiens fervents, ne le comprenaient pas a:nsi, eux qui se sanctifièrent par ce moyen. Elles ne le comprenaient pas non plus ainsi, ces dignes épouses de l'Agneau immaculé qui. par milliers également s'adonnèrent à cette pratique, et ne furent pas moins amies de la modestie, on en conviendra, que ceux qui font de semblables observations ! Si en France, où le raffinement de la sensualité est arrivé à un degré si désolant ; si en Espagne, une .personne exceptionnellement nerveuse éprouvait quelques-uns des inconvénients signalés par Debreyne, qu'elle ne fasse pas usage de semblables mor-