DEUXIÈME PARTIE
les dispense, et à vivre comme frère et saur, en attendant la dispense; et leur mariage aura lieu ensuite secrètement. — S'il a le temps, il recourra à l'évêque, qui peut dispenser en des cas semblables. Mais si cela n'est pas possible, usant d'épikie, le curé ou le confesseur peut déclarer, qu'en présence d'un si grave inconvénient, la loi ecclésiastique cesse d'obliger ; quoique pour plus de sûreté, et afin de témoigner un plus grand respect à l'Eglise, il soit mieux de demander une dispense le plus tôt possible (1). Quand, d'un côté, le curé voit qu'ils sont de bonne foi, et que, de l'autre, il craint qu'ils n'aient pas la force de s'abstenir de l'usage du mariage, il fera mieux de ne pas leur parler de l'empêchement contracté, et de le taire jusqu'à ce que la dispense soit obtenue ; car c'est toujours un moindre mal, de permettre qu'ils tombent dans une faute matérielle, \ue de les exposer au danger de commettre un grand nombre de péchés formels très-graves.
III. Que fera le curé s'il découvre un empêchement après que le mariage aura été célébré? Si le mariage était nul par le défaut de consentement des deux parties, il le fera renouveler au moyen d'une formule, qui exprime qu'ils se donnent et s'acceptent pour mari et pour femme. Si le défaut de consentement ne vient que d'un côté, et qu'il n'y ait pas de danger à ce que l'autre le sache, on le leur dira clairement, afin que l'un et l'autre renouvellent leur consentement. — Mais s'il y avait du danger à révéler ce défaut de consentement, ou quelque autre empêchement dirimant occulte, il faudrait n'en rien dire, et recourir à la Pénitencerie, pour la raison que nous venons d'alléguer. Mais lorsque tous les deux, ou au moins l'un des contractants, se sont unis de bonne foi, s'il y a periculum in mora, si le cas est occulte, et si, en faisant la séparation, il y a lieu de craindre de grands scandales, on doit recourir au prélat, qui. dans de semblables rencontres est autorisé à dispenser.
IV. Dans le cas où la dispense vient de la Sacrée Pénitencerie t comment renouveler le consentement ? Comment mettre en pratique ce « certiorata de nullitate prioris consensus; sed ita caute ut ipsius delitum nusquam detegatur »? En temps de mission, quand toutes les âmes sont remuées par la pa-
(1) ScaNÏni, tr. 12, disp. 3, c. 2, art. 6,
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rôle divine, il y a moins de difficulté. Voici comment je fai« sais : je les appelais ; je leur demandais s'ils vivaient en paix et en bonne harmonie; je les exhortais à oublier tout le passé et à commencer une nouvelle vie... Et je leur disais *. Eh bien! me promettez-vous, N. N., de îecevoir et de traitei désormais N. N., comme votre légitime épouse? Et vous, N. N., me donnez-vous votre parole que vous respecterez et traiterez N. N., comme une épouse chrétienne doit faire pour son époux? Donnez-vous donc la main, comme si aujourd'hui vous vous unissiez par les liens du mariage, et commenciez une nouvelle vie... Je vous donne la binédiction. D'autres fois, accusant la partie coupable d'être scrupuleuse, je disais à la partie innocente : Voyez, cette dame va jusqu'à douter si elle est bien unie à vous par le mariage... N'est-il pas vrai que vous l'avez prise et que vous la prenez pour épouse? Et N. N., etc.
Dans les temps ordinaires, lorsqu'il est difficile d'agir ainsi, on pourra se servir de la méthode du Père François Guijarro : Il m'est venu un scrupule, relativement au consentement matrimonial, mon confesseur m'a dit que le consentement n'a pas été véritable), et, pour une plus grande paix de ma conscience, je désirerais le renouveler conjointement avec vous ; et ainsi je vous veux pour ma femme, et je me donne à vous pour mari; voulez-vous aussi me recevoir pour mari, et vous donnez-vous à moi pour femme? Quelquefois en supprimant la parenthèse, on donnera moins lieu à concevoir des soupçons.
Mais si des discordes pouvaient en résulter, et qu'il y eut à craindre quelque scandaleuse séparation, dans le cas où ils viendraient à se douter de la nullité de leur mariage, i' n'y aurait pas autre chose à faire, que de demander la dispense in radice, ou de s'en tenir à l'opinion de ceux qui nient la nécessité d'un nouveau consentement de la part de l'époux innocent; considérant comme valide et toujours subsistant, celui qui a été donné lors de la célébration du mariage.
V. Dispenses nulles. Que fera le prêtre s'il se trouve que la dispense demandée pour le mariage est nulle? Cela peut arriver de différentes manières; 1° par subreption, parce qu'on a caché ce qui devait être manifesté, ou par obrepîion, parce qu'on a allégué des raisons ou des causes qui