DEUXIÈME PARTIE
avec la plus grande activité d'obtenir la dispense, dans le cas surtout où il y aurait des enfants et ou ils se trouveraient dans des circonstances presque exceptionnelles.
3o Mais ils ne veulent pas de publicité. — Voici l'instruction que le cardinal Caprera « legatus a latere » a donné pour la France relativement à ces mariages : « Quod si Ordinarius ob peculiares circumstantias judicaverit expedire, ut secreto coram proprio Parocho et duobus testibus potius celebretur, secreto celebrari poterit ; dummodo tamen publicum scandalum alia ratione removeri possit, et quampri mum removeat. »
4° Une seule des parties consent; le mari impie ne peut pas être amené à contracter mariage devant l'Eglise. Faudra-t-il que cette malheureuse femme qui se repent, demeure toute sa vie dans cet état de damnation ? — Si on peut trouver un moyen pour faire cesser le péché et le scandale, en mettant un terme à ce triste concubinage, on peut lui donner l'absolution ; mais s'il est impossible d'arriver à ce résultat, on consultera l'évêque;il verra s'il convient d'essayer un des expédients que suggère le cardinal dans ses instructions. Voir Gury, de Matrimonio, 892. — 894; Scavini et d'autres auteurs modernes.
Puisque nous parlons du mariage civil, voyons la solution de quelques autres difficultés qui se présentent sur ce point.
Peut-on absoudre le maire et les employés qui coopèrent au mariage civil, surtout s'ils prévoient que ceux qu'ils vont ainsi marier, demeureront dans le concubinage, n'ayant pas l'intention de se présenter à l'église. « Possunt toleran, dummodo praefati magistratus et offîciales in conficiendis Actis intendant exercere caeremoniam mère civilem,et nihil peragant aut suadeant contra sanctitatem matrimonii, et necessitatem illud contraheadi coram Ecclesia ; et ad scandalum removendum, contrahentes prudenter commoneant. Quod vero attinet ad casus, in quibus apparet fidèles ad caeremoniam civilem accedentes maie essecispositos,neque matrimonium (quod regulariter praemitti debuisset) coram Ecclesia esse celebraturos, sed sub praetextu contractus civilis in concubinatu permansuros, ipsum ir.agistratum et officiales dirigendos esse juxta régulas a probatis auctori-
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bus et prœsertim a S. Alphonso de Liguori, Lib. II, Tract 3. Cap. 2. Dub. o, art. 3, circa coopérantes traditas. »
Ceux qui auraient des empêchements dirimants, peuventils, après avoir obtenu la dispense ecclésiastique, demander aussi la dispense civile? « Affirmative, dummodo per hoc nullam potestati civili constituendi impedimenta matrimonium dirimentia, aut ea relaxandi facultatem agnoscant; sed solum intendant injustas removere vexationes (1). »
Lorsqu'un empêchement dirimant existe, utrum in artieulo mortis ex benigna interpretatione Ordinarius dispensais possit ad effectuai ut matrimonio contracte mulieris honori et filiorum legitimitati consulatur? Négative. (S. C. C. 28 mai 1796. — S. Pénit. 18 novembre 1870;.
Comment on doit instruire les nouveaux époux*
D'après saint François de Sales, beaucoup d'époux se damnent, à cause des péchés qu'il- commettent dans le mariage. Il est donc très-utile et très-nécessaire d'instruire les nouveaux époux sur les graves obligations qu'ils vont avoir à remplir. Mais comment le faire? Cette chose est bien délicate, et elle est en outre exposée à de sérieux inconvénients.
Si on vous demande cette instruction quelques jours avant le mariage, dices ei : de hoc consilium petes in confessione eadem die, qua nupturus es. On évitera de cette manière une foule de mauvaises pensées qui, durant ce temps, pourraient souiller l'imagination des futurs époux. La conduite fort exemplaire d'un jeune vicaire m'a un jour beaucoup édifié. Une personne mariée l'interrogeant sur ce point, il lui répondit : vous savez que je suis jeune, il y a un Père missionnaire plein d'expérience qui pourra mieux vous instruire sur ce sujet si délicat. Cette dame ne fut pas peu édifiée d'une telle réponse.
Mais tous ne savent pas et ne peuvent pas procéder ainsi» Le jour du mariage étant arrive, on pourra donc leur répéter la sentence de S. François de Sales, exhortant surtout l'épouse à revenir quelques jours après son mariage, pour
(1) Nous omettons ici quelques lignes qui regardent seulement 1 Espagne,