DEUXIÈME PARTIE
Jésus-Christ ; car il n'y a rien de plus facile et de plus commun que de lancer des foudres et des anathèmes du haut de la chaire. Le plus utile, et en même temps le plus difficile, c'est de bien expliquer la doctrine, et de faire une bonne homélie sur l'Evangile. — Que le sermon soit court et bon; car ce n'est pas la quantité, mais la bonne qualité des aliments qui profite; ce qu'on mange ne sert de rien si on ne le digère pas. « Brevitatem, dit Origène, auditores diligunt, nam brevis et prudens sermo auditur libentius et attentius, ac melius mémorise commendatur (1). » Prêchez Jésus-Christ que vous ne ferez jamais assez connaître; c'était le thème ordinaire de l'apôtre : « Non enim judicavi me scire aliquid, nisi Jesum Christum, et hune crucifixum (2). »
On doit principalement insister sur les vertus qu'il est nécessaire de planter, et sur les vices qu'on veut arracher. Il ne faut pas avoir honte de répéter fréquemment les mêmes choses sous une forme différente, quand elles ont une grande importance. On comprendra aujourd'hui ce qu'on n'a pas compris hier; aujourd'hui vous serez entendu de ceux qui hier étaient absents, et parfois ce qui la veille n'avait fait aucune impression, produira le lendemain un grand effet. Pour imprimer un cachet, il est nécessaire de peser beaucoup sur la cire ; pour donner à la laine une couleur nouvelle, il faut la plonger bien des fois dans la teinture, et, pour recouvrer une créance, il est nécessaire d'insister beaucoup auprès d'un mauvais débiteur.
APPENDICE