‹ Le trésor du prêtreChapitre 23 sur 311 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

manifeste et un aveu tacite d'habitudes dissolues; car on veut, par là, dissimuler et cacher son état, afin de prendre des libertés qu'il repousse et condamne. Il n'y a p;>s de motif raisonnable qui puisse autoriser un prêtre à quitter l'habit ecclésiastique quand il réside dans sa paroisse ; et lorsqu'il voyage à cheval, il doit prendre un collet, et un habit noir décent, et jamais d'une couleur ou d'une forme mondaine (1).

Ajustement. On doit ici éviter deux extrêmes ; le soin recherché et la négligence. Le premier indique un esprit vain et frivole; le second dénote peu d'éducation, et peu d6 respect pour soi-même et pour son état. On dit de S. Augustin qu*il était vêtu sans affectation, mais avec décence; et de S. Bernard qu'il aima toujours la pauvreté, mais jamais la malpropreté. En un mot, que notre manière de nous vêtir soit modeste, exempte de luxe; humble, sans avoir rien de méprisable; propre, sans affectation. G'e?t ce que recommande S. Ambroise : « Décor corporis, non sit affectatus, sed naturaîiter simplex : neglectus magis quam exquisitus : non pretiosis aut albentibus indutus sit clericus vestimentis; ut honestati et necessitati nihil desit ; nihil accédât nitoris, » 4 . De off.

Manières grossières.

Bienséance. Il est si nécessaire que le prêtre soit parfaitement composé dans tout son extérieur, que le saint Concile de Trente ne s'est pas contenté du décret de la quatorzième session que nous avons cité. Il consacre encore à ce. sujet si important une grande partie de la vingt-deuxième session sur la Réforme. Ecoutons ces paroles ; elles seront comme

(\) Sixte V l'ô ordonné, sub pœna suspensionis a beneficiis et omniecclesiaslica dignitate. Bull. Cum sacrosanctœ (9 janvier 1588)* — Habitus clericall^ potest esse brevior iler agenlibus (S. C. Ep. 18 octobre 1839). Elle l'a aussi permis aux prêtres pauvres quand il y a de la boue, et les jours de lète lorsqu'ils ne sont pas susceptibles d'être vus par le peuple (S. R. C. 23 août 1594j.

le fondement de ce chapitre et de quelques autres qui suivront.

■ Il n'y s rien qui porte plus continuellement les autres à la piété et aux saints exercices que la vie et l'exemple de ceux qui se sont consacrés au service de Dieu ; car. comm » on les voit élevés des choses du siècle à un état éminent. tous les autres jettent les yeux sur eux comme sur un miroir, et prennent d'eux ce qu'ils peuvent imiter. C'est pourquoi, les ecclésiastiques, appelés à l'héritage du Seigneur, doivent tellement régler leur vie et toute leur conduite, que. dans leurs habits, leur extérieur, leur démarche, leur dise. ors. et dans tout le reste, ils ne montrent rien qui ne soit plein de gravité,- de modération et de religion ; évitant même les fautes les plus légères, qui en eux seraient trèsgrandes, afin que leurs actions impriment à tous le respect. Or, comme il est juste d'apporter en ceci d'autant plus do autions. que 1 Eglise de Dieu en tire plus d'honneur et plus d'avantage, le saint Concile ordonne que tout ce qïie souverains Pontifes et les saints Conciles ont déjà suffisamment et utilement établi touchant la conduite, l'honnêteté, les habits et la sci?nce des clercs, de même que sur le luxe, les festins, les danses, les jeux de hasard et autre-, même sur toute sorte de crimes et sur l'embarras des affaires séculières qu'ils doivent éviter, soit à l'avenir observé sous les mêmes peines, ou même sous de plus grand ■-. selon que les Ordinaires trouveront à. propos de les imposer, sans que l'exécution de ce qui regarde la correction des mœurs puisse être suspendue par aucun appel. Et si les Evoques s'aperçoivent de quelque relâchement dans la discipline sur quelqu'un de ces points, ils n'oublieront rien pour les remettre en usage et pour les faire observer exactement et universellement, nonobstant toutes les coutumes contraires, de peur que Dieu ne leur fasse subir à euxmêmes les peines qu'ils mériteraient pour avoir négligé la correction de ceux qui leur étaient soumis. » Ainsi parle le Concile de Trente.

• La bonne éducation. De ces graves paroles du Concile, il ressort clairement, entre autres choses, que la politesse et la bonne éducation sont d'une nécessité indispensable pour le prêtre. En effet, ce sont ces 'qualités douces el insinuantes, ces manières aimables et pleines de courtoisie qui capti-

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