DEUXIÈME PARTIE
soulager l'intelligence de l'auditeur et du prédicateur, n'y font qu'engendrer la confusion.
Dans les discours moraux, il est facile de diviser les sujets, tantôt en considérant la nécessité et les avantages d'une vertu; de l'humilité, par exemple; tantôt en indiquant les moyens et les difficultés qu'il y a pour l'acquérir ; souvent enfin, en parlant de l'importance et de la pratique de cette vertu.
Dans les discours doctrinaux, ou dans le genre didactique, la division est fournie ou par les parties elles-mêmes dont se compose le sujet qu'on traite, comme essence, nécessité, effets du baptême; ou par les divines perfections qui resplendissent dans tel mystère, par les défauts qui y sont opposés, et par les fruits que nous en devons retirer. Voici encore une excellente méthode : l'orateur établit le dogme dans la première partie, et dans la seconde, il descend à la morale, comme par exemple : Vérité et conséquences de la résurrection de Jésus-Christ.
Narration.
Le récit ôrun fait, ou la narration proprement dite qui, dans les discours profanes, se fait d'ordinaire après l'exorde, a rarement sa place dans les sermons, à moins que ce ne soit dans les panégyriques où on cite quelque trait de la vie du Saint. Mais l'exposition dogmatique, ou narration improprement dite, que comporte l'état de la question, s'emploie très-utilement, ou dans les mystères, ou dans les sujets moraux; dans les mystères, en exposant ce que la foi nous enseigne ; dans les sujets moraux, en donnant la définition du vice ou de la vertu dont on parle, des actes par lesquels l'un ou l'autre se traduit, des degrés différents qu'ils admettent, etc.
Quand on emploie la narration, on la place dans l'exorde, ou au commencement de la confirmation.
Confirmation.
4° Ce que nous avons dit plus haut, à l'article de l'Invention, au sujet des preuves, est également applicable à la
Confirmation. Elle tire toute sa force, de la solidité et du bon choix des raisons alléguées qui doivent être mises à la place et dans l'ordre le plus convenable et le plus avantageux pour faire impression, afin que l'intérêt du discours augmente toujours, et ce qui est le principal, afin qu'on obtienne le fruit désiré, et que la vérité qu'on a à cœur d'établir, triomphe.
2° Il sera bon de temps en temps de peser dans la balance de la logique le poids des arguments qu'on apporte, afin qu'il n'arrive jamais, qu'ébloui par le faux éclat des figures oratoires, on emploie de vains jeux de mots ou des expressions brillantes,- au lieu de raisons solides et convainquantes.
3o Voici la méthode qu'on peut adopter pour la confirmation. — Au commencement de chaque partie, une courto introduction intimement liée au sujet fait très-bien ; mais iL faut naturellement éviter de donner ici un nouvel exorde, comme c'est la coutume des commençants. — On met ensuite la subdivision, quand il y en a une. — Puis, viennent les preuves revêtues de la forme et de l'argumentation oratoire. — On fait l'application du discours aux auditeurs; c'est alors principalement qu'on met en mouvement le 1 essort de toutes les passions généreuses de l'âme humaine, et on termine par un court épilogue.
40 L'orateur doit entrer dans la confirmation d'une manière naturelle; à cet effet, il pourra commencer tantôt par le genre, ou la thèse: tantôt par la définition et l'expositionde la chose; tantôt par la destruction de quelque préjugé. Exemple : en vous entretenant sur le scandale, je ne voudrais pas que quelqu'un s'imaginât que je viens parler seulement contre les horribles attentats qui ne se commettent que rarement dans la société, etc. — Si l'on avait quelque texte de l'Ecriture ou d'un Père de l'Eglise parfaitement adapté à la division du discours, on s'en servirait avec avantage, et ce serait une excellente manière de commencer la confirmation.
00 Les différentes espèces d'argumentation sont les mômes pour l'éloquence sacrée que pour l'éloçjuence profane : syllogisme, enthvmème, dilemme, induction, épichérème.
60 Si on doit rapporter un exemple de quelque étendue, il faut le placer avant la péroraison, à la fin d'une partio