DEUXIÈME PARTIE
quelconque de la confirmation : c'est pour ainsi dire l'unique place qui lui convient. Et, si cet exemple contient et confirme les points principaux que l'orateur a touchés dans son discours, il aura une très-grande efficacité pour émouvoir, et ce sera un moyen excellent pour entrer naturellement dans la péroraison.
Dans le cas où il conviendrait de faire une récapitulation ou un épilogue, on répétera brièvement les arguments qu'on avait d'abord traités avec étendue, ou même on ajoutera, en peu de mots, quelque nouvelle raison pleine de force, qui n'aurait pas pu entrer dans la confirmation.
Réfutation.
4" La réfutation proprement dite, telle qu'on la considère dans la rhétorique, a rarement sa place dans un sermon. Cependant, il importe parfois de réfuter les erreurs qui sont vulgairement répandues contre la vertu, ou de détruire les prétextes frivoles qu'on apporte contre la pratique de la religion. La réfutation devenue nécessaire en ces circonstances, peut se faire dans tout le cours du sermon, soit au commencement, soit vers la fin, soit avant la péroraison, selon qu'on le juge plus convenable. Si un préjugé invétéré contre ce que nous allons dire existait oans les esprits, il faudrait le combattre dès le commencement ; mais s'il s'agissait de pures objections soulevées naturellement par les arguments que nous présentons, il serait mieux de les résoudre à leur place et à mesure qu'on les rencontre.
2° Dans les tristes temps d'impiété que nous traversons, il sera parfois nécessaire de combattre les systèmes extravagants des hérétiques et des faux philosophes; il faudra toujours en ce cas, procéder avec une grande sagesse. On ne le fera jamais dans les endroits ou l'erreur n'a pas pénétré.
On réfutera uniquement ce que les auditeurs peuvent avoir entendu, afin de ne pas les scandaliser ; et toute question subtile et trop éle\ée qui ne serait pas à la portée d'un simple auditoire devra toujours être mise de côte.
Quand on doit entreprendre de réfuter ces erreurs, il faut le faire d'une manière solide et victorieuse, afin qu'il ne Trésor II. 25
reste aucun doute, aucune réplique qui puisse avoir quelque valeur.
Il sera bon de détacher de la réfutation, pour la mettre en relief, quelque sentence brève et concise, mais énergique et pleine d'à-propos. afin qu'elle s'imprime dans l'âme des fidèles et que ceux-ci sachant y trouver un appui pour leur foi, et un argument irrésistible pour fermer la bouche aux impies ; voici une maxime de ce genre : « Roma îocuta est, causa finita est. » (S. Aug.)
3o II ne faut pas donner trop d'importance à ces erreurs; un certain mépris, une pointe d'ironie qui ne soit pas en dehors des convenances de la chaire, servira beaucoup pour les rendre ridicules. Car les impies ont tant d'orgueil, qu'ils no se trouvent jamais si mortifiés, et ils ne perdent jamais plus de terrain, que quand ils se voient dépréciés. Ils se croient sages, et se donnent pour tels; faisons donc éclater jusqu'à l'évidence aux yeux de tous leur ignorance et leur sottise.
D'un autre côté, comme la plupart des catholiques qui nous écoulent, n'ont pas encore bu à la coupe empoisonnée de l'erreur, au lieu de perdre le temps en d'inutiles controverses, il est préférable de parler contre les mauvaises mœurs, principe unique de l'incrédulité, et de montrer aux fidèles la fin malheureuse de l'impie, qui est le désespoir suivi d'une triste condamnation pour toute l'éternité.
Péroraison.
On peut faire de trois manières la péroraison : en amplifiant, en récapitulant, en exhortant ; et le plus souvent l'orateur les emploie toutes les trois à la fois.
L'amplification est le développement de toutes les circonstances relatives à un objet ou à une action que nous voulons exposer de manière à faire une forte impression. On s'en sert tantôt pour reprendre les vices avec véhémence; tantôt pour inculquer la vertu avec énergie : quand od s'en est déjà servi dans la' confirmation, il faut l'omettre dans la péroraison.
La récapitulation. On ne doit pas la faire d'une manière aride, ni avec trop d'art ; il faut seulement raooeler à la