DEUXIÈME PARTIE
couronnant d'une gloire entière, universelle et perpétuelle (P. Borgo). Dans ces subdivisions, il faut que l'intérêt du discours aille toujours en croissant.
La confirmation commence bien d'ordinaire à la thèse, ou à Véloge générique de la vertu. Mais comme il est impossible de parcourir toute la vie, or, glisse sur les faits les moins remarquables, louant le Saint de façon à éviter l'exagération. Les héros de la religion sont assez grands par eux-mêmes, pour qu'on n'ait pas besoin de l'hyperbole, quand on veut faire ressortir les vertus qui les rendent dignes de l'admiration du monde.
Si le sujet était stérile, ou si on devait parler d'un saint à peine connu, l'orateur pourrait alors s'arrêter plus longtemps sur les lieux communs à tous les saints de cette classe, Apôtres, Martyrs, Vierges, etc.; les quelques données
2u'il aurait, il tâcherait de tirer des conjectures capables 'éclairer ce qui serait incertain; il insisterait davantage sur la morale, et ferait des rapprochements entre nos mœurs dépravées, et les vertus héroïques des Saints; enfin il exhorterait les auditeurs à les imiter, et s'efforcerait d'anéantir les frivoles prétextes qu'on a coutume d'apporter pour se dispenser de ce devoir.
Ajoutons que le panégyrique doit rouler, non pas sur les talents naturels ou politiques du Saint, mais sur ses qualités surnaturelles, sur ses vertus, etc. ; et si la nature l'avait doué de quelque avantage profane, il faudrait en parler avec une grande réserve, et beaucoup de circonspection.
Genre didactique et délibératif.
Nous avons déjà dit quelque chose de ces genres, en parlant de l'invention et de la disposition du discours; nous ajouterons ici seulement différentes notions sur les sermons dont la disposition ne dépend pas de la volonté de l'orateur, la nature même des choses indiquant l'ordre qu'on doit suivre. Ces sermons peuvent se réduire à quatre, savoir : La Paraphrase, VHomélie, l'Histoire et la Parabole.
La paraphrase consiste à exposer quelque texte ou passage de la Sainte Ecriture, en parcourant le psaume ou le chapitre proposé, et en l'examinant en détail, mot à mot, ou vers t par verset, comme fait par exemple le vénérable
Bède, dans son exposition du premier chapitre de l'Evangile de S. Jean. Cela ne laisse pas que d'offrir un champ suffisamment vaste; toutefois, les applications qu'on en fait aux auditeurs doivent être courtes, et il faut de plus qu'elles soient répandues dans tout le discours; c'est vers la fin, qu'on se réserve d'exhorter les fidèles à la pratique de la vertu qui prédomine dans la partie exposée, et qui en découle plus naturellement.
Vhomèlie embrasse l'Evangile du jour, qu'elle expose dans un style clair et facile, en s'arrètant non pas tant à chaque sentence ou à chaque parole, qu'aux choses ou aux faits les plus notables de ce morceau du livre sacré. Elle admet dans chaque partie du discours, plus d'amplification et d'exhortations que la paraphrase; on ne doit faire qu'une courte récapitulation à la fin. Les homélies des Saints Pères contiennent ordinairement trois parties : \° L'introduction dans le sujet, par voie d'exorde ; 2° l'exposition et le développement du sens littéral de l'Evangile; 3° quelque exhortation morale, appropriée parfois, non pas tant au sujet, qu'aux besoins de l'auditoire.
L'homélie ^surtout quand elle offre une certaine unité, comme nous nous sommes efforcés de le faire plus haut, par. • 1 56 du premier volume pour la résurrection de Lazare), présente à i'ûraieur un enamp ires-vaste; eiie captive de plus, à un haut degré, l'attention d'^s auditeurs, et elle est plus conforme à l'esprit de l'Eglise ; mais elle n'est pas aussi facile à faire que qudques-uns pourraient le croire.
L'histoire bien méditée, offre souvent à un orateur ingénieux une division féconde; celle du mauvais riche, par exemple, représente naurellement le sort du mondain pendant la vie. à la mort, et durant l'éternité; et celle du pauvre Lazare est au contraire une vive image du sort ordinaire du ju^te. dans sa vie, à sa mort, durant son heureuse éternité. Voir aux pages 153 et suivantes du premier vol.
La parabole embrasse aussi trois parties : l° La simple exposition de la parabole ; t° l'application générale à l'objet que Jésus-Christ avait en vue en la racontant ; ce qu'on fait en examinant toutes ses parties ; 3° l'application particulière aux auditeurs. C'est ainsi qu'on pourrait faire pour la parabole de l'enfant prodigue. A moins que, pour éviter l'ennui, toujours trop facilement engendré par la répétition