‹ Le trésor du prêtreChapitre 257 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

personnes î II doit chercher les brebis égarées ; has oportet me adducere. Les moyens suivants pourront servir à cet effet : 1° Exhorter continuellement les fidèles à la fréquentation des sacrements, leur répéter ces célèbres paroles de S. Augustin : « Sic vive, ut quotidie merearisaccipere(l); » et leur faire connaître l'ardent désir que manifeste le Concile de Trente de les voir tous si fervents, qu'ils méritent de communier chaque fois qu'ils entendent la messe. 2° Faciliter autant qu'il est possible la fréquente confession, en prenant l'habitude d'être au confessionnal de très -bon matin, et de se tenir toujours prêt à recevoir les pénitents, à quelque heure que ce soit, surtout les jours de fête. 3° Faire trois ou quatre communions générâtes dans le cours de l'année ; car la majeure partie du peuple est si apathique, si indifférente, que si on ne l'électrise pas par quelque cérémonie qui appelle son attention, elle se réveillera difficilement de la profonde léthargie où elle fîst plongée.

Voici comment s'organise une communion générale. Elle a lieu dans une mission, ou à des époques extraordinaires de grâce que Dieu accorde aux paroisses. Annoncée huit ou quinze jours à l'avance, préparée par un sermon sur les immenses avantages de la communion, ou sur la disposition prochaine à une bonne confession; rendue plus solennelle parla présence de différents prêtres étrangers, qui, arrivant dès la veille, peuvent confesser beaucoup de monde ct'empêcher des sacrilèges ; faite à une heure commode qui ne fatigue pas trop ceux qui attendent, et célébrée avec beaucoup d'ordre et un certain appareil de lumières, au milieu de chants et de ferventes invocations, la communion générale offre un imposant spectacle auquel peu de personnes savent résister. Partout où j'ai vu adopter ce moyen, j'ai trouvé que les sacrements étaient très-fréquentés. Mais il ne faut pas faire ces solennités trop souvent.

Je n'approuve pas nue deux dames tiennent la nappe de communion aux cotés ou prêtre ; cette fonction revient a deux acolytes en soutane et en surplis. J'approuve encore moins qu'on donne un petit bouquet de fleurs à ceux qui ont communié. Il n'est pas même à propos de porter un cierge al-

(1) Au g. serm. 28 de Verb. Dom.

îumé : sans parler des distractions auxquelles cela donne lieu, on s'expose à faire tomber des gouttes de cire sur les vêtements, et même à mettre le feu, comme j'ai vu cela arriver plus d'une fois. Il n'y a rien de plus sérieux et de plus majestueux, que le défilé de six messieurs avec des torches ; communiant les premiers, ils se mettent ensuite de chaque côté du sanctuaire, comme nous avons dit à la page 449 du premier volume. Les hommes se présentent d'abord; puis vient le tour des personnes du sexe, qui s'approchent de la sainte table deux à deux, ou quatre par quatre, ou même six ensemble, selon le nombre de ceux qui distribuent la communion. En allant, elles passent entre deux bancs, placés dans ce but au milieu de l'église, près du sanctuaire, et en revenant elles passent de chaque coté ; enfin elles ont soin de s'agenouiller et de se relever ensemble.

Si dans la paroisse on célébrait la neuvaine des âmes du Purgatoire, le mois de Marie, quelque fête ou jubilé particulier, ces époques seraient très-favorables pour la communion générale ; mais s'il n'y avait rien de cela, les octaves du Corpus Dominij de l'Assomption, de l'Immaculée Conception sembleraient être les temps les plus propices, pour obtenir un grand nombre de communions.

Il y a cependant des prêtres qui sont opposés à toute espèce de communion générale, comme si c'était donner occasion à des communions sacrilèges," ou à des confessions faites précipitamment, à cause de la foule qui entoure et accable le confesseur et le pénitent... Mais le confesseur ne peut-il pas toujours faire abstraction de ceux qui l'attendent, pour s'occuper uniquement de la personne qu'il confesse? Et si la confession était trop compliquée, est-ce qu'il ne peut pas la remettre jusqu'après la communion générale? Et puis, quand bien même le pénitent changerait alors facilement de confesseur, est-ce que ce ne serait pas un bien dans beaucoup d'occasions ? J'accorde que, quelquefois ce pourra être un mal ; mais est-ce que ce mal ne se trouvera pas abondamment compensé par l'augmentation considérable des communions dans la paroisse? D'ailleurs, il est même probable que les sacrilèges, dans ces circonstances, seront moins nombreux, à cause de la plus grande liberté qu'ont alors les pénitents de se confesser à d'autres, et parce que les fidèles entendent des sermons qui les préparent à se

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