‹ Le trésor du prêtreChapitre 258 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

confesser et à communier dignement. Pour ma part, moins j'ai vu les communions générales pratiquées dans les paroisses, plus j'ai trouvé de confessions à re valider à l'époque des missions (1).

Dévotion des Quarante Heures.

Son excellence. Tl y a une autre dévotion analogue à la précédente, puisqu'elle a pour objet le culte dont 1 Eucharistie est digne à tant de titres : c'est la dévotion des Quarante Heures. Elle eut lieu pour la; première fois en l'année 1556, à Macerata, ville des Marches d'Ancone, dans les Etats de l'Eglise. Nos Pères, désireux d'arrêter les désordres qui se commettaient ordinairement durant les jours du carnaval, ornèrent avec soin l'église, exposèrent le Saint Sacrement, et prêchèrent avec tant de succès, que le peuple, attiré par la pompe et la nouveauté de la cérémonie, renonça.aux divertissements impies du carnaval pour assister aux oflices ; et c'est ainsi que des jours consacrés à la dissolution et à la débauche furent changés en un temps de mission. Ces fruits et d'autres plus nombreux encore, attirèrent l'attention du pape Clément VIII qui, en 1 592, institua à Rome les Quarante Heures, pour le saint temps de l'Avent, afin d'éloigner, au moyen des ardentes prières des justes à Jésus-Christ au Saint-Sacrement de l'autel, les malheurs qui alors affligeaient l'univers catholique. Enfin, Paul V, Benoît XIII et Benoit XIV, voyant les fruits abondants que cette institution produisait dans la chrétienté, retendirent à l'Eglise universelle, et l'enrichirent d'un grand nombre de faveurs et d'indulgences (2). Qu'il est édifiant de voir cette précieuse dévotion établie dans tant de grandes villes dEspagne, et surtout à Madrid! Combien le cœur de Jésus est consolé par le culte solennel que lui rendent continuellement, dans le sacrement de son amour, tant de

(\) Il y a ici quelques lignes concernant l'Espagne. (2) Aux pages 366 et 369 du t. Ie', on trouvera les décrets qu'il faut observer pour les Quarantes-Heures.

pieuses confréries (1)! Comme ces hommages lui sont agréables! Pourquoi les autres petites villes n'imiteraientelles pas un si bel exemple ? Jésus demeure au milieu de nous; il s'offre continuellement pour nous au Père Etemel, et il met ses délices à converser avec les enfants des hommes; n'est-il pas juste que nous lui rendions nos dsvoirs et que nous le visitions souvent? Les rois ont de nombreux courtisans, et les gens du monde sont très-entourés et recherchés. Jésus-Christ seul est oublié; et cela, dans l'ineffable mystère de son amour. « Quoil mes enfants, nous dit-il, avec une voix pleine de tendresse, vous ne pouvez pas veiller une heure avec moi (2)! Vous ne savez pas comment occuper votre temps; vous perdez tant d'heures en visites frivoles et dangereuses ; et vous ne trouvez pas même un quart d'heure à passer devant moi? Les hérétiques nient ma divinité, les mauvais chrétiens me crucifient de nouveau, les mondains m'abandonnent; est-ce que vous voudriez aussi m'abandonner (3). » « Non., non, très-doux Jésus ; et où irions-nous ? Car \ nus avez les paroles de la vie éternelle (4). Nous vous visiterons souvent, et nous redoublerons d'efforts pour introduire et favoriser cette précieuse dévotion ». Mais comment le faire? En beaucoup de villes et de villages, cela n'est pas aussi difficile qu'on pourrait le croire au premier abord.

Comment on fera les Quarante Heures dans les villes de second ordre. Voici comment on les célèbre à Manrèse, Olot, Gerone et autres villes secondaires. Au lieu de distribuer les Quarante Heures en trois ou quatre jours, comme cela se pratique à Madrid, Barcelone, Seville et autres capitales, on les partage en dix. douze ou quinze, et on ne tient le Saint-Sacrement exposé qu'aux heures les plus favorables pour la visite des fidèles. De cette manière, il y aura toujours des adorateurs; et les ressources ne feront pas défaut, car la cérémonie du soir attirera assez de monde; et, pour peu que les fidèles soient généreux, la quête couvrira facilement les frais du culte. Et quelle église, si pauvre qu'on la suppose, ne pourrait pas supporter la dépense de douze à

!1) Ici se trouve le nom de ces confréries. 2J Matth.. xxvi, 40. (3j Joan vi, 68. (4} Joan. vi, 69.

Page 1