DEUXIEME PARTIE
Elle a réconcilié un nombre considérable d'époux et des familles entières ; elle a recueilli une multitude d'enfants exposés à tous les dangers, pour les placer selon leur âge et leur capacité ; elle a fait reconnaître une foule d'enfants naturels ; elle les a envoyés aux écoles catholiques, les a recommandés aux maîtres, a excité leur émulation, les a instruits, préparés et habillés pour la première communion; elle a été jusqu'à les réunir les dimanches et les fêtes d'obligation pour présider à leurs divertissements, et éloigner ainsi d'eux le danger de se pervertir. Combien d'infortunés qui, n'ayant plus la crainte de Dieu ni des hommes, vivaient dans un scandaleux concubinage, et ont dû à ses paternelles exhortations de voir leur union légitimée? Combien d'autres, arrivés au comble de la dégradation et de l'avilissement, et devenus comme des sauvages qui ne connaissaient ni Dieu ni aucune pratique religieuse, ont été instruits, moralises et convertis en fervents chrétiens par ses soins pleins d'intelligence et de tendresse ! Et quand bien même on n'aurait pas à constater partout des résultats si merveilleux, est-ce que ce n'est pas en soi un spectacle trèstouchant et infiniment consolant, que de voir des messieurs appartenant parfois à la classe élevée, abandonner leurs affaires et leurs plaisirs, et s'occuper du pauvre, une heure par semaine, dans les réunions ou conférences qui ont lieu, pour se consacrer ensuite au soulagement de ses infortunes et à la guérison de ses maladies spirituelles et temporelles, le visitant à domicile une ou deux fois la semaine ; et tout cela sans aucun intérêt ou avantage, si ce n'est celui de sauver cette âme? Est-ce que ce n'est pas un attendrissant et un admirable spectacle que de voir ces dignes associés des conférences, transformés en Apôtres, pénétrer dans ces caves et ces galetas ou s'abrite la misère, le scandale et le désespoir, et ne point se donner de repos qu'ils n'aient répandu le baume de la consolation dans ces
œuvre si charitable et si providentielle, doiyent se procurer le règlement; puis le lire et l'étuuier avec attention, car ils y verront, nonseulement le véritable esprit qui anime les conférences et les distingue des autres associations, maij encore la marche à suivre, les moyens à adopter, et pour les établir, et pour les conserver dans leur ferveur primitive.
cœurs que la douleur et la rage ont plongés en une sorte d'ivresse, et qu'ils n'aient réconciliés avec eux-mêmes, avec Dieu et la société, ces hommes infortunés qui semblaient être devenus des animaux, et qui, sans cela, auraient été un jour la terreur de l'humanité 1
Précautions. Mais pour que les congrégations et les confréries produisent des fruits si consolants, il est nécessaire de les entourer de cet honneur et de ce prestige qui contribuent tant à les conserver dans un état florissant. Il faut, à moins que les premiers qui en font partie ne soient des personnages influents, que l'association dès le début ait un nombre assez considérable de membres; autrement elle sortirait difficilement de l'état de langueur et d'abjection dan3 lequel elle aurait commencé. Cependant, il n'y doit pas entrer indistinctement toute sorte d'individus; sans une conduite exemplaire, sans la prudence, le zèle, la subordination voulue, il est impossible de former aucune association. A moins que ce ne soit pour le degré d'aspirants, il n'y faut pas admettre de jeunes enfants, ni des pauvres ayant besoin de secours ; car alors les grandes personnes et ceux qui auraient une certaine position croiraient s'abaisser en s'associant avec eux. Il ne faut pas oublier de fixer le nombre de communion? dans le cours de l'année, quatre au moins, comme le prescrit l'institut de la Société de S. Vincent-de- Paul ; il serait impossible, sans cela, de conserver la ferveur. Le curé sera intéressant dans ses exhortations; les réunions ne seront ni trop longues ni trop fréquentes; car il vaut mieux laisser aux associés des désirs, qu'une impression d'ennui; et il faut surtout faire en sorte qu'ils éprouvent toujours un nouveau bonheur à se réunir.