‹ Le trésor du prêtreChapitre 262 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE. 4S · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. 4S

sainte Vierge, ou on fait le mois de Marie; et, quand le saint sacrifice est terminé, on récite l'oraison et on lit les exercices du jour où l'on se trouve. Le soir, à l'autel même où la messe a été célébrée, on fait une cérémonie plus belle et plus complète, avec cantiques au commencement et à la fin ; on prêche un sermon de vingt minutes ou d'une petite demiheure sur quelqu'une des vertus de Marie, ou sur le point assigné pour le jour où l'on est, si l'on a entrepris d'exposer toute sa vie. Tantôt on parle de ses apparitions, ou des faits historiques qui ont donné naissance aux images et aux sanctuaires les plus célèbres, comme celui de Lorette, de la Vierge du Pilier, de Monserrat, etc. ; tantôt on se contente d'exposer le sujet de méditation indiqué par Muzzarelli, ou par l'auteur qu'on suit durant le mois; tantôt enfin, on s'occupe à expliquer les prières et les dévotions des fidèles on l'honneur de Notre-Dame, comme Y Ave Maria, le saint Rosaire, le Scapulaire, le Salve Regina, les litanies de la Sainte Vierge, Y Angélus, le Memorare, le Regina cœli, etc. Vers la fin du mois, on célèbre une ou deux communions générales. Plusieurs fois, dans des paroisses qui comptaient deux mille quatre cents personnes en âge de s'approcher de la sainte Table, j'ai vu dix-huit cents communions et même plus à cette occasion. Enfin, le dernier jour, on porte la sainte Vierge à son autel ordinaire; une brillante procession est organisée à cet effet ; une foule de petites filles habillées en blanc, s'avancent en jetant des fleurs ou en tenant dans leurs mains les emblèmes des litanies, comme on fait dans la paroisse de Sainte-Marie la Mer, à Barcelone, à la splendiae procession de la Cour de Marie.

Tout cela ne sera pas praticable dans les petites paroisses; mais on pourra toujours orner l'autel de la sainte Vierge avec le plus d'éclat possible, et faire le mois de Marie, en faisant une simple lecture les jours ordinaires, et en donnant un sermon les dimanches et les lêtes. Afin d'arriver plus facilement a une nombreuse communion générale, il serait très-utile de faire une octave ou un triduum d'instructions vers la fin. Dans une paroisse du diocèse de Tarragone, j'ai été témoin d'une cérémonie très-touchante. Tous les dimanches, le sermon terminé, on voyait paraître un certain nombre de petites filles en blanc qui, s'avançant avec ordre et modestie, 6e rendaient dans le sanctuaire, un bouquet de

fleurs à la main et chantaient : « Très-douce Vierge, recov?i avec bonté la fleur que je vous offre; » arrivées dans le sanctuaire, elles se mettaient toutes à genoux en rang, tandis qu'on chantait une ou deux strophes : puis, deux à deux, elles s'approchaient d'une table magniûquement ornée qui se trouvait au pied de l'autel de Marie, et, faisant une profonde révérence, elles y déposaient leur bouquet et retournaient à leur place dans le même ordre qu'elles étaient venues (4).

Au collège impérial de la Compagnie de Jésus à Madrid, l'église, quand nos Pères en étaient chargés, offrait en ce mois l'aspect d'une véritable mission, au point qu'on y distribuait quatre ou cinq mille communions en un seul jour; rien n'était beau comme l'illumination si splendide et si variée du soir; rien n'était touchant comme la lecture édifiante des offrandes que les enfants avaient faites durant le mois à la Vierge bénie. On sait qu'ils étaient invités à déposer dans une urne un petit billet non signé, sur lequel ils inscrivaient ce qu'ils avaient fait pour honorer leur divine mère; et cette pieuse industrie ne contribuait, pas peu à ranimer la ferveur des autres. Cette cérémonie faite au milieu du mois, au lieu d'être réservée pour la Cn, produirait peutêtre des résultats plus consolants encore.

Jusque dans les paroisses les plus petites, un pasteur zélé pourra obtenir en ce mois béni un accroissement de ferveur, et les Belges arrivent encore ici à de boaux résultats. Si on ne peut pas réunir tous les jours les fidèles dans l'église, rien au moins n'est facile comme d'orner un peu l'autel de la sainte Vierge, de faire le mois de Marie les jours de fête dans la soirée, d'inviter les paroissiens à orner toutes les petites chapelles de la sainte Vierge qui sont sur leur territoire, de les exhorter à en faire autant pour les statues ou les images de Notre-Dame qu'ils auraient dans leur maison, de les engager enfin à réciter devant ces petits autels domestiques, chaque soir le Rosaire, et à y faire tous les ma-

(1) n faut cependant faire ces cérémonies avec une grande discrétion, dans la crainte qu'au lieu de -profiter aux âmes, elles ne servent d'aliment aux passions, et que ce qui, par son institution primitive, était une chose agréable mais fructueuse, ne dégénère en un speo« tacle purement profane*

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