‹ Le trésor du prêtreChapitre 281 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

fait des conversions admirables, entre autres, celle de deux pères de famille dont l'un avait passé vingt ans, l'autre vingtcinq sans s'acquitter d'aucun devoir religieux : ces hommes vinrent se confesser au missionnaire, qui en éprouva une indicible consolation; et cela, parce que leurs enfants lnur avaient demandé simplement pourquoi ils ne communiaient pas. '< Ex ore inf'antiumet lactentium perfecisti laudem (4). » Et combien de missions ont dû leur succès au changement prodigieux que les parents ont remarqué dans leurs enfants I

4° Combien ce catéchisme est utile! Il est arrivé plus d'une fois, qu'une très-grande église était nécessaire pour contenir chaque sexe, comme à Calalayud; et on a vu aussi plus d'une fois les adultes eux-mêmes y as'sister avec tant de plaisir, que le conseil avec ses employés se faisait une joie de s'y rendre, comme à Fonz, Uncastillo et ailleurs encore. Et combien n'est-il pas utile de rappeler à tous ce qu'ils ont pu oublier, et de leur enseigner ce qu'ils n'ont jamais sul

5o Même pour les curés voisins, il est souverainement avantageux de voir pratiquement la manière dont on peut, avec le catéchisme, développer l'intelligence des enfants, captiver leur attention, et non-seulement ne pas les ennuyer, mais encore causer un indicible plaisir aux plus grands. Cela a converti en missionnaires très-zélés, un grand nombre de prêtres, qui n'auraient jamais cru l'explication du catéchisme susceptible d'intéresser à ce point.

6» Confession des enfants. Je ne dis rien du besoin extrême

Su'en ont les enfants : qui souvent, à cause de la négligence u curé, n'ont jamais reçu l'absolution, ou qui faute des dispositions requises, ne se sont jamais bien confessés. Comme aucune exhortation ne leur a jamais été faite auparavant, ils n'ont aucune idée de la grandeur de la religion, ni du prix de leur âme, ni de l'efficacité infinie des sacrements, ni des dispositions nécessaires pour les recevoir. Combien donc est-il important que, dans les tristes temps où nous vivons, ces petits enfants, au moins dans la mission, fassent une bonne confession! Pour obtenir ce précieux résultat, un jour avant que les confessions des adultes ne com-

H ) Ps. Tiii, 3,

mencent, on l'ait venir le matin les petites filles, et le soir les petits garçons, leur adressant auparavant une courte mais pathétique exhortation, leur rappelant les actes de foi, d'espérance et de charité, les excitant à la douleur et au bon propos. Il y aura toujours quelqu'un pour les surveiller, tandis qu'ils se confessent; et on leur donnera une courte pénitence qu'ils puissent accomplir de suite, afin de ne pas les exposer au danger de l'oublier.

7o Cérémonies. Au sein de populations non moins d'Oùciles qu'importantes, comme Lérida, Caspe, Maella, Tarnarite etc., nous avons célébré au milieu de l'émotion générale une splendide communion générale avec les enfants des deux sexes qui avaient fait leur première communion depuis un, deux ou trois ans, les menant ensuite processionnellement à l'autel de la sainte Vierge, afin de les consacrer à c-àte divine mère. Si on obtient que les parents assistent à cette cérémonie, quel précieux parti on peut en tirer! Car quoi de plus touchant que cette scène, où on leur remet entre les mains ces enfants de la part de Dieu, et où on leur recommande de les conserver purs et sans tache! Peu de grandes personnes sont capables de retenir leurs larmes en entendant la paraphrase de ces paroles : « Accipe puerum istum et nutri mihi, ego dabo tibi mercedem tuam (1) », comme si la reine du ciel en personne, les adressait aux pères et aux mères.

8° Il est bien à propos de donner en souvenir à ces enfants, une belle image qui laisse dans leur cœur une douce impression de la mission. Quant à la manière de leur expliquer le catéchisme, de les confesser, de les disposer à la communion, etc., tout ces renseignements se trouvent à la page 224 et suivantes de ce volume.

Sujets à traiter dans les Missions.

Ils doivent être variés selon les circonstances. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de résoudre cette question d'une manière absolue et générale. Car le caractère des po-

fmlations est si différent, -leur instruction, leurs besoins, eur position géographique varient tant, qu'il est très-diffi-

(1) Exod, 11, 9.

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elle, avant la mission, de fixer avec sûreté les sujets qu'on doit y traiter. Dans certaines populations, la foi se trouve profondément enracinée; dans d'autres, elle est languissante et presque morte ; celles-ci, livrées aux travaux de l'agriculture et éloignées du tumulte et du commerce du monde, conservent une certaine pureté de mœurs et mènent une vie pour ainsi dire patriarcale; celles-là, dans les manufactures et le commerce, s'abandonnent à tous les vices et à toutes les fraudes qu'enseigne le siècle matérialiste où nous vivons; elles ne connaissent que la vie présente et n'ont pas d'autre Dieu que le plaisir et l'intérêt. Tel peuple accourt avec docilité, a la moindre insinuation du missionna're; toi autre résiste opiniâtrement aux plus grands efforts de la grâce ; il y a chez les uns une instruction suffisante ; chez les autres règne une profonde ignorance ; ceuxci sont à peine exposés au danger du relâchement, et ils ont une foule de ressources pour nourrir leur piété; ceux-là ayant abandonné toute pratique religieuse, ne connaissent que leurs cafés, leurs casinos, leurs théâtres, leurs maisons de jeu*, de bal, et ne hantent que les écoles d'irréligion créées par l'enfer. Qui ne sent que toutes ces circonstances en général et chacune d'elles en particulier, exigent des sujets différents, et une manière différente de les traiter? C'est pour cela qu'un prédicateur qui aurait seulement un certain nombre de discours appris de mémoire, sans posséder au moins une certaine facilité pour ajouter, retrancher, ou modifier ce qu'il a écrit, selon l'exigence des circonstances, serait difficilement un bon missionnaire ; il pourra parfois aider, mais il ne pourra jamais diriger, et encore moins donner seul une mission.

// faut étudier le caractère aes populations. Aussi est-il nécessaire de bien s'informer d'abord de l'état, des besoins spirituels de la paroisse, des circonstances dans lesquelles elle se trouve ; et, comme les renseignements ne sont pas toujours exacts, il est nécessaire que, dès le commencement, on réunisse les prêtres du lieu et des pays environnants qu'on veut réformer. Le missionnaire alors recherchera quelle est la nature, quel est le caractère spécial de ces populations; il verra à quels vices elles sont sujettes, quel degré d'instruction elles ont; ce qu'elles offrent d'éléments ou d'obstacles au bien. Ce n'est qu'après avoir fait cette

étude qu'il pourra arrêter ces sujets avec connaissance de cause. Pius tard, avant de commencer les confessions, le directeur de la mission s'entendra avec les curés et leurs collaborateurs, et fixera d'un commun accord avec eux les vices qu'il conviendra de combattre el de déraciner; il verra avec eux quelle ligne de conduite il faudra suivre au saint tribunal, et quels moyens on devra employer, etc. Quel immense avantage dans ces missions générales à ce que les prêtres de toute une contrée se mettent ainsi d'accord, et, s'unissant tous au missionnaire, déclarent la guerre au vice, et adoptent une conduite uniforme pour le confessionnal, et les mêmes moyens de persévérer, etc.! On pourra se reporter ici aux numéros 6 et 8 de la page 464 du \ er vol.

Matières indispensables. On ne pourra cependant jamais se dispenser de traiter certains sujets, comme : !a nécessité de la mission, la manière dont le peuple doit se conduire durant la mission, l'importance du salut, le péché mortel, les fins dernières, ou toutes les unes après les autres, ou quelques-unes seulement ; un discours qui ranime et affermisse la foi et le respect dû à l'Eglise; le blasphème, la calomnie, l'impureté, l'injustice ; les devoirs des enfants envers les parents, et ceux des parents envers les enfants. Bien que celui qui est chargé d'exposer la doctrine traite, comme l'on fait au catéchisme, un grand nombre de ces sujets, celui qui donne le sermon ne doit pas les omettre pour cela. La confession générale, là nécessité de ne point cacher de péché en confession, le pardon des ennemis, les moyens de persévérance, la dévotion à la Sainte Vierge, voilà encore des questions trop vitales pour pouvoir être facilement omises.

Opportunité. L'ordre et la manière, voilà des conditions qui réclament une prudence et un tact exquis. Le meilleur sujet traité hors de saison, une annonce inopportune, une parole imprudente, non-seulement pourra empêcher le bon effet de la prédication, mais encore sera capable, en indisposant les esprits, de faire perdre le fruit de la mission. Cela est à craindre surtout dans les sujets où le missionnaire reprend avec véhémence les vices dominants de la jeunesse et de la haute société. Il suffirait alors que, cédant à un zèle indiscret, il se mit dès le commencement à parler contre l'usure, les bals, les casinos, les fréquenta-

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