DEUXIÈME PARTIE
On peut bien croire que la mission est en quelque sorte perdue pour ceux qui se contentent alors de faire une confession ordinaire. Voir ce qui a été dit à la page 307 de ce volume.
C'est pour cela que toujours, mais surtout dans ces sortes de missions, on doit souvent insister sur l'importance de la confession générale, soit en traitant ce sujet ex professo, soit en y touchant par manière d'avis qu'on donne, racontant, par exemple, l'histoire des personnes qui ont été damnées, pour avoir caché par honte quelque péché au confesseur.
Il ne faut point recevoir la confession de quiconque n'a pas assisté au moins à trois sermons ; il n'est guère possible S'ordinaire qu'on fasse une bonne confession, sans avoir entendu la parole de Dieu et qu'on se convertisse véritablement. On sera presque inflexible sur ce point; car le fruit de la mission et le salut d'un grand nombre d'âmes en dépendent. Aussi les confessions ne doivent-elles commencer que quelques jours après l'ouverture de la mission.
Confesseurs de l'endroit. Dans les missions purement locales, et toutes les fois que le nombre des confesseurs étrangers est peu considérable, il convient que le curé et les prêtres de l'endroit confessent le moins possible, surtout leurs propres pénitents. Ils doivent au moins céder à un autre leur confessionnal, et, non-seulement donner à leurs pénitente la liberté de se confesser à d'autres pour cette fois, maij encore presque les y obliger. Il y en a qui, craignant qu'une des brelbis de leur petit troupeau ne leur échappe, les confessent un jour avant l'arrivée des missionnaires, et vont jusqu'à leur défendre de s'adresser à eux, disant que ces prêtres ne sont que pour les grands pécheurs : auel mal affreux font ces hommes, et que leur zèle hélas! est peu sincère ! Il vaudrait mieux, dit S. Liguori, ne pas donner la mission, que de la faire de manière à ce que les pénitents dussent se confesser aux prêtres du pays. Car, s'ils n'ont pas ordinairement le courage de découvrir leurs péchés à un confesseur qu'ils connaissent, il en résulte que, leur confession étant nulle par défaut de sincérité, l'âme se trouve dans un état pire que celui où elle était avant la mission. Que dirait donc le Saint de semblables confesseurs?
Assiduité au confessionnal. Faire en sorte qu'il y ait tou-
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jours des confesseurs à l'église; que de fois cette facilité de
se confesser a donné lieu à de grandes conversions!
Il faut aussi entendre les confessions dans l'après-midi. Les vieillards, les sourds et ceux qui ont quelque empêchement, pourront profiter de ce temps; il sera bon également de désigner un jour, quand bien même ce ne serait qu'après la mission, pour la confession des malades, des prisonniers, et on leur portera la communion le lendemain (4).
Absolution. Autant que possible, on ne refusera l'absolution à personne, quelque énormes que puissent être les péchés et les rechutes, dont on se confesse. C'est le moment de la grâce : si, à un pécheur qui ne se trouve pas dans une occasion prochaine au péché, qui pardonne à un ennemi, qui accepte les pénitences et les moyens indiqués, qui déteste sincèrement ses fautes, je refuse l'absolution, quand est-ce que je la lui accorderai? Ne serait-ce pas le décourager et le précipiter entièrement dans le désespoir? Ne serait-ce pas pousser dans l'abime, celui qui malheureusement oSt déjà sur le bord?
Mais, généralement parlant, on ne peut pas absoudre ceux qui auraient des livres défendus, des images obscènes, ceux qui auraient pris le bien d'autrui, acheté des armes pour se venger de leurs ennemis, tant qu'ils ne se sont pas défaits des livres, des armes ou de la valeur dérobée, en mettant tout ceia entre les mains du curé ou du confesseur. L'expérience enseigne que, si on ne sait pas profiter de l'occasion, des semaines, des mois, des années, la vie entière se passe, sans qu'ils le fassent. Il n'y a qu'une seule excuse qui soit admissible : l'impossibilité. .
Confesser le soir. En dehors de la veille do la communion générale, ou d'un autre cas exceptionnel, il ne faut pas entendre de confessions le soir, après la cérémonie. C'est surtout à ce moment que la tète fait le plus mal, appesantie par les fatigues de la journée. — Les missionnaires alors sont en sueur, et s'exposent très-facilement à se refroidir et à tomber malades. — Si on trouble l'ordre domestique, en allant se coucher trop tard, les confesseurs et les personnes de la maison dans laquelle ils demeurent, ou ne viennent
(1) Quelques lignes relatives à l'Espagne sont ici omisea*
pas à la cérémoniedu matin, ou y assistent sans profit àcausa du sommeil qui les incommode. Les paresseux premenU ha! bitude de ne pas se confesser durant le jour; lePS coSeurs 8 ennuyant, faute d'occupation, vont de tous côtds dans 6 pays. - Les fidèles, ne trouvant pas durant l'année des con fesseurs qui les entendent le soir, ne se confèrent nïus'
Et™ q?eile reSpe,Ct humain les en empêche, e qï'en les recevant le soir, durant la mission, sans nécessité on \Â accoutume à ne vaincre jamais cette V^UST^S
Si, les deux derniers jours, ou la veille de la communion générale, on entend les confessions le soir, il ne faTias que les lumières fassent défaut; les confessions ne do vent
L TJ]US r°P SG ProlonS^ et môme les femmes ne son pa, admises alors, tant pour se conformer à l'esprit de l'E- |Iisc, que pour éviter les graves inconvénients qï y aurait à ce qu elles se retirassent la nuit à une heure trop avancée
teeST* Û C°nVient qUe régUse S0it dŒà Comme il vient à la mission des pénitents qui, à cause coun f:nandetdlftance à Parcourir, ont dû se fatiguer Sa" coup, on peut diminuer leur pénitence. Nous en^a-eons le lecteur a voir et à considérer attentivement ce que noût avons dit à la page 282 de ce volume. q
au if^nlt^T'- Grand'.extrême soin relativement
ûsJt^sssssss: - ns jamais pader des Ch0ses -
Il ne faut pas confesser pendant les instructions et les sermons; autrement le confesseur et le pénitent d istrai £ ge fatiguent sans grand profit, et on empêche ainsi les fidèles d entendre la parole de Dieu.
fasseT*?, ilï.1-"1^ te. extrême™nt que î* confessions se
lonn, r 1, ^u de la tranquillité et du silence, il ne faut
n 1 fte clochette que pour la messe de la mission:
en remettra à un autre temps tcute messe chantée, tout
office qui se célèbre à haute voix; et on évitera toute sorte de bruit capable de troubJe ,. soU d.aM nniéri;ua toute .sorte
soit autour. On ne célébrera pas de cérémonies funèbres ni
«h,n?,le.rna!re' 5 6t méme pour ,es «^monies d'enterrement absolument nécessaires, on aura sein de ne les faire au'à une heure où on ne confesse pas. q
Eviter, pour le placement des confessionnaux, qu'ils soient ou trop en vue, ou dans un lieu trop obscur.
Il faut empêcher les pénitents de se placer trop près du confessionnal : autrement le confesseur et les pénitents étant accablés par la foule, les confessions pourraient être entendue- et le pécheur dans cette crainte, n'oserait plus dire ses fautes. Toutefois, cette grande multitude n'est pas toujours facile à éloigner comme il le faudrait, et il semble plus sûr, de disposer les choses de façon à ce que les hommes «e confessent d'un côté du confessionnal, et les femmes de l'autre. On ne saurait croire comme cette mesure soulage le confesseur, et comme elle évite aux pénitents des inconvénients et des sujets de trouble.
Communion générale. Il ne faut admettre le Jour de la communion générale, que ceux qui se sont déjà confessés les jours précédents. Et, à cet effet, il faut fixer ai avance le iour ou devront se réconcilier ceux qui ont aeja lait leur confession générale. De cette manière on obtient : 40 de diviser cette multitude qui, sans cette mesure, produirait une grande confusion ; 2<> de donner de l'occupation aux confesseurs qui, autrement, après avoir passe la plus grande partie du jour sans savoir que faire, se trouveraient accablés de fatigue; 3o d'empêcher qu'un grand nombre omette la confession générale; 4<> d'arriver à ce cjue si quelqu'un, dans la mission, avait caché quelque pèche par honte, â le révèle à l'occasion de cette réconciliation.
Pouvoirs. Enfin, il faut demander pour la mission et ses résultats, en faveur des missionnaires et des autres confesseurs, des pouvoirs étendus, non-seulement pour absoudre les cas réservés dans le diocèse, et réhabiliter ad petendum debitum, mais encore pour absoudre certains cas pontificaux, concernant les vœux, les promesses, et enfin pour revalidei les mariages nuls. Si l'évêque ne jugeait pas opportun d accorder à tous des pouvoirs si amples, il serait au moins convenable que les missionnaires les eussent, ainsi que quelquf autre confesseur choisi parmi les plus dignes.
Ceci suppposé, voyons ce que, pour arriver à une plu. grande uniformité, les Pères Belges recommandent aux con fesseurs. On ne pourra pas adopter tout ce qu on \a lire mais au moins on verra combien sont raisonnables les dis-