DEUXIEME PARTIE
en disant : « Les clercs n'assisteront pas aux représentations, ni aux comédies, ni à d'autres spectacles profanes et inutiles; il ne faut pas que leurs ytux et leurs oreilles, qui se sont consacrés aux plus saints offices, soient distraits par des actions ou des paroles lubriques et nullement honnêtes. »
Voici comment s'exprime le synode de Malaga : « Nous engageons les fidèles a ne pas aller entendre les acteurs, spécialement sur les théâtres publics; car, comme beaucoup do saints le disent, et comme l'expérience le démontre, il est rare qu'il n'y ait pas en ceîa du danger ; il est rare qu'on ne trouve pas, dans les paroles qu'on y entend, un stimulant pour porter au péché ; en effet, l'imitation et la représentation de choses honteuses, l'accent, les paroles, les gestes de ceux qui représentent la pièce, constituent un péril grave, dont ne tardent pas à être les victimes, les personnes qui les écoutent, les regardent volontairement, les approuvent, les applaudissent, et les autorisent par leur présence. En disant qu'on n'assiste à ces comédies que pour se divertir et se récréer, on ne peut se justifier, et ce prétexte est vain ; une pareille chose n'est pas licite, parce qu'il est moralement certain qu'on y souille son âme. — A cause de cela, tout chrétien, et l'ecclésiastique en particulier, devra s'abstenir de semblables abominations, se rappelant le pacte, la promesse du baptême, dont l'acte authentique et public, écrit en caractères indélébiles avec le sang de Jésus-Christ, n'est pas enregistré sur la terre, mais se trouve dan^ >•, archives des cieux; se rappelant ce titre, par lequel il a renoncé expressément aux pompes de satan ; de quoi Dieu a fait les Anges témoins, afin qu'au terrible jugement, ils accusent le chrétien prévaricateur (1).
Bals. Ce divertissement, en lui-même, pourrait sembler innocent, et même bon, si, relativement à son sujet, à son motif, à son but et aux circonstances qui l'accompagnent, il avait le caractère des danses de Marie, sœur d'Aaron, de David en présence de l'Arche (2), et des autres dont parle un de nos conciles de Tolède... Mais, par la malice du démon ei la corruption de notre siècle, cette récréation est deve-
(i) Syn. Malag. II, 28. § 2. (2) II Reg. vi, 14.
nue, dans presque toutes les provinces de l'Espagne, un des plus grands foyers à* la concupiscence, et un des pièges les plus funestes que le démon puisse tendre à la vertu. Je ne crains pas dédire, que si l'ennemi venait en personne tenter la jeunesse, il ne saurait pas la conduire dans un autre lieu plus propre à la pt.vertir, qu'au bal. Et cet amusement serait digne d'un ministre du Très-Haut, du vice-gérant du Dieu de toute pureté et de toute sainteté? Déjà, pour n'être pas suffisamment éclairé sur la malice et la perversité de ces réunions, le confesseur fait un tort incroyable aux âmes, en ne les détournant pas de certains divertissements qui. à cause des circonstances dont ils sont précédés, accompagnés et suivis, précipitent une infinité de personnes dans l'enfer. Quel mal affreux ne ferait donc pas le Piètre qui encouragerait les bals en quelque manière ; qui, par avarice, louerait un salon à cet effet, comme je l'ai vu faire en une certaine ville, au grand scandale des fidèles; ou qui dirait au confessionnal que ce sont des plaisirs innocents, qu'ils ne renferment aucun mal, ou qui les autoriserait par sa présence ? Un angp descendu du ciel tomberait et se perdrait au milieu de semblables divertissements. Et vous qui êtes la fragilité même, vous auriez la présomption de vous y conserver pur!
Le jeu. Il n'y a pas à en douter, ceux qui s'occupent de choses graves e't sérieuses, ont besoin de repos, de divertissement" Par ce moyen, leur esprk fatigué se trouve soulagé; ils reprennent "leurs forces, afin de retourner au travail avec un • nouvelle vigueur. Aussi, ie docteur Angélique enseigne qu'il y a des jeux permis et honnêtes : ce sont ceux Du'accompagnent toutes les circonstances requises pour une îonne action. Ainsi, jouer avec des ecclésiastiques édifiants, ou des laïques d'une probité à toute épreuve; jouer modérément, dans un lieu convenable, et sans aucune perte d'argent; jouer de façon, à ce qu'il n'y ait rien d'inconvenant pour le caractère sacerdotal, et qu'on remplisse toutes ses obligations, voilà une récréation juste, honnête, et permise par l'Eglise, qui, en donnant à l'ecclésiastique la liberté dont jouissent les enfants de Dieu, lui défend seulement les divertissements incompatibles avec la haute dignité du saint ministère.
Mais si l'on dépasse dans le jeu ces limites ; si on conver-