‹ Le trésor du prêtreChapitre 292 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

orné, l'image de la Sainte Vierge; et, supposé que dans le but d'éviter la confusion et la perte de temps, on crut utile d'y déposer le Saint-Sacrement, un tabernacle pour le recevoir, durant la cérémonie, devrait se trouver sur cet autel.

Dernier discours. Quelques-uns prêchent alors sur la Sainte Vierge ; d'autres sur le ciel ; d'autres sur le sacré Cœur dp Jésus; mais n'est-ce pas une chose regrettable que de faire un bri!!ant et stérile panégyrique, quand les âmes sont plus disposées cjue jamais à recevoir les avis paternels du prédicateur, et à -apprendre de sa bouche par quels moyens elles pourront persévérer? Vous avez devant vous peut-être un millier de personnes qui, avant la mission, n'entendaient pour ainsi dire jamais la parole de Dieu ; tous les habitants d'une vaste étendue de pays entourent votre chaire ; n'est-il pas préférable en ce cas de faire une récapitulation des sujets prêches dans la mission; de donnera chaque classe d'auditeurs des moyens utiles pour les affermir dans le bien, et pour détruire les abus qui pourraient régner parmi eux? On terminerait alors en consacrant toutes ces populations à la Sainte Vierge. Et quels précieux fruits là mission n'aura-t-elle pas produits, si les moyens ainsi indiqués par le prédicateur dans ce dernier sermon sont ensuite adoptés, et par les curés, et par les paroissiens?

Pratiques très-utiles. Il ne faut pas oublier d'indiquer un délai de deux ou trois semaines, afin que ceux qui auraient eu des empêchements, puissent gagner dans leur paroisse l'indulgence de la mission. On doit aussi annoncer l'heure à laquelle on portera la communion aux malades (4) et aux prisonniers, si ce pieux devoir n'a pas encore été rempli. On fixera la prière qu'il faudra dire pour gagner les indulgences accordées par Grégoire XVI, le 47 mai 4841, aux missions de la Compagnie; et on donnera enfin la bénédiction papale avec le crucifix, si on en a le pouvoir (2). Cela ter-

(lj Voir à la page 246 de ce volume.

(2) N. S. Père* le Pape Pie IX, voyant l'extension notable que prennent les missions, au grand profit des âmes, en différentes parties de l'Europe et ailleurs encore, a accordé aux Pères de. la Compagnie de Jésus, le pouvoir de donner à la fin de ces saints exercices la bénédiction appelée bénédiction papale, comme étant envoyée à ces fidèles par le souverain Pontife, avec l'injonction de la donner avec l'image de Notre-Seigneur (19 janvier 1851 J. 11 y a plue : si, par égard

miné, on fera la consécration à la Sainte Vierge, et on congédiera l'assistance avec des paroles touchantes. Enfin, la procession sortira dans l'ordre le plus parfait, et avec la plus grande solennité.

On donnera aux pauvres un repas copieux, qui sera ur fruit en même temps qu'un souvenir ineffaçable de la mission. Dans la vallée de Gistain, on offrit un banquet magnifique à environ trois cents pauvres, que les dames les plus considérables du pays se firent un honneur de servir. La classe indigente est souvent celle qui a le plus besoin d'être instruite et moralisée; il sera donc bon de profiter de cette occ\ pour faire comprendre à ces infortunés le grand trésor qu'ils trouveraient dans la pauvreté, si à l'imitation du pauvre, mais heureux Lazare, ils savaient supporter avec patience les tribulations de cette misérable vie. Les paroles qu'on prononça en ce sens à Kijar, à Alquezar, à Albalate, produisirent une profonde impression.

La mission pourrait encore être heureusement couronnée par un office funèbre, chanté en faveur de ceux qui sont morts dans la contrée ou la paroisse, depuis la dernière mission. Il est juste que les âmes du Purgatoire participent au bonheur de ces jours fortunés; et il est bon que les vivants, en rappelant à leur souvenir la pensée de l'éternité, méditent sur ce qu'ils voudraient avoir fait, lorsque peutêtre dans peu de jours, il leur faudra paraître devant le tribunal de Dieu.

Moyens pour conserver le fruit de la mission.

Leur nécessité. Les efforts du missionnaire serviraient peu. si ensuite un curé zélé et infatigable n'y ajoutait les siens, en cultivant la terre des cœurs fécondée par la rosée abondante des grâces de la sainte mission. Cette diligente et incessante culture du curé, est ce qui décidera du succès

pour le clergé séculier, on jugeait convenable de déléguer ce pouvoir J. un évêque ou à un ecclésiastique constitué en dignité, ou au plus digne des prêtres séculiers qui se trouvent là, Sa Sainteté a daigné accorder cette faveur aux dits Pères (4 mai 1851.) — Dans notre àfanne du Prêtre, on trouvera la formule et toutes les choses requises que Benoit XIV prescrit pour cette bénédiction.

Page 1