‹ Le trésor du prêtreChapitre 294 sur 311 · DEUXIEME PARTIS · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIS

tiendra le soir de prendre du café, des choux, des œufs durs et d'autres aliments difficiles à digérer, qui empêchent de dormir.

3° Pour la même raison, on prendra bien garde de ne pus prendre d'enrouement, et par conséquent on évitera toute espèce de courant d'air, quand bien même on ne serait pas en sueur; on ne boira pas d'eau froide quand on transpirera ou quand on aura terminé le sermon; on s'approchera du feu le moins possible; on ne se tiendra pas au soleil la tête découverte, même en hiver ; on se couvrira bien et on se gardera de respirer l'air froid quand on sortira de l'église ou d'un lieu dont la température serait très-douce; et, on ne gardera jamais des habits ou des souliers mouillés. Voici une chose qui aide beaucoup à fortifier la peau contre l'impression de l'air froid : c'est de se bien laver, le matin, avec de l'eau fraiche, la tête, le cou et la poitrine; cette opération faite, on s'essuyera avec soin.

4" L'enrouement ne provient pas toujours du froid ; il est souvent causé par réchauffement du sang, phénomène qui se produit très-facilement quand on mange trop, quand on se tient près du feu, ou quand on s'expose trop longtemps au soleil, surtout à l'époque du printemps; quand on dort trop couvert, sur un lit trop moelleux; quand on boit du vin pur, en revenant fatigué d'une longue promenade; quand enfin, pour avoir usé de lait pur en grande quantité, ou de mets trop nutritifs, on est arrivé à se faire un sang -trop abondant. En évitant tout cela on pratiquera une excellente mortification, et on emploiera un moyen puissant pour ne pas s'enrouer.

5o Si malgré ces précautions on s'enrhumait, il faudrait observer une certaine diète, mangeant peu, et de préférence des choses qui relâchent; prendre fréquemment de l'eau d'orge, d'oranger, ou d'autres choses rafraîchissantes, mais toujours avec modération. Le froid aussi bien que la trop grande chaleur en ces cas ne ferait qu'irriter. On parlera

Eeu et on évitera de dormir et de confesser dans des lieux umides, froids; et si on se voit dans l'absolue néecss-ilé de prêcher, on aura soin de ne pas forcer sa voix, et de prendre auparavant quatre ou cinq pillules de Holoway, ou bien de mettre un peu de fleur de soutire dans le breuvage qu'on a coutume de prendre pour adoucir la voix avant de monter

en chaire. On ne doit pas non plus faire des efforts pour tou-ser; il faut laisser au rhume le temps de cuire e», de mûrir ; la nature elle-même dégagera la poitrine et donnera de la douceur à la voix. Un bain de pieds ou un bain général pourront produire aussi un bon effet.

6° Outre ces précautions générales, il y en a encore d'autres à prendre qui sont propres à chaque ministère.

Prédication. Ne pas trop élever la voix au commencement du discours, mais la laisser se dérouler d'elle-même insensiblement; ne jamais trop la forcer. Si on a soin de prendre les précautions dont nous avons parlé à la page 446 de ce volume, et si on évite de se précipiter, on se fera aisément entendre. Pour faciliter le jeu des poumons, et rendre plus clair le timbre de la voix, on peut prendre avant de prêcher un ou deux blancs d'oeufs, bien délayés dans du sucre, y mettant une quantité suffisante d'eau "chaude. Si on n'a pas cela sous la main, un œuf frais qu'on avalera, ou quelques bonnes figues sèches qu'on mangera, produiront presque le même effet. Surtout, il faut et sser de prêcher quand on voit que la nature est à bout de forces; et après le sermon on boira de l*eau chaude avec du sucre, et non du vin; on aura soin de se bien couvrir, de changer si on est en sueur, de se tenir tranquille et de parler le moins possible.

Confessionnal. On doit éviter d'entendre les confessions aussitôt après le dîner ou le sermon, quand on est en sueur. Il ne faut pas non plus 'se tenir au confessionnal un trop grand nombre d'heures de suite; une petite interruption, un peu d'exercice pris toute- les deux heures sera très-utile, quand même on n'aurait que le temps nécessaire pour aller au presbytère, s'il est proche, ou à la sacristie. De cette manière, on pourrra éviter de fâcheux accidents. On ne prendra jamais, en confessant, une position forcée ou incommode ; on se tiendra le corps droit et on confessera des deux côtés.

7 Proportionner le travail et la fatigue aux forces que Ûieu a données, et dont il ne faut jamais abuser. De même que, quelles que soient les occupations qu'on a, on ne doit jamais laisser de côté ses exercices spirituels, ainsi il ne faut pas négliger le repos et l'exercice dont notre corps a besoin. On dormira six heures au moins, et même sept au commencement de la mission. On fera, sinon tous les jours,

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