DEUXIÈME PARTIE
dont la maison serait fréquentée par des femmes jeunes, et d'une physionomie agréable, fussent-elles ses cousines ou ses proches parentes! « Quid tibi cum fœminis, qui ad altare cum Domino fabularis? Te in publico cuncti, te in agro rustici, aratores ac vinitores quotidie lacerabunt, si contra depositum fidei cum fœminis habitare contendis (1). » Ainsi s'exprime S. Jérôme.
2° Les femmes. Qu?, les femmes entrent au presbytère le moins possible. Mais on dira : est-ce que notre ministère n'est pas fait pour les femmes et les hommes indistinctement? Est-ce qu'elles ne sont pas également rachetées par le sang de Jésus-Chrst ? C'est justement pour cela, mon très-cher et vénérable frère., que je vous demande comment il se fait que vous semblez n'avoir de zèle quo pour accueillir, instruire et sauver les femmes? L'indifférence, pour ne pas dire l'antipathie, que plusieurs ont pour instruire, confesser et attirer les hommes à la vertu, tandis qu'ils éprouvent tant de plaisir à rendre ce service aux personnes de l'autre sese, oui, cette indifférence ne révèie-t-elle pas quelque danger? N'indique-t-elle pas d'autres vues que celles de sauver les âmes rachetées au prix du sang de Jésus-Christ? Si vous avez un si grand désir de convertir ces personnes, permettez que je vous dise avec S. Jérôme : « Ama fœminas inter sacra, et odio habe in communione privata... Hospitiolum tuum aut raro, aut nunquam mulierum pedes terant. Omnes pUellas et virgines Christi aut aequaliter ignora, aut aequaliler dilige. Ne sut» eodem iccto manoites (2). »
Mais ce sont de bonnes, de saintes femmes elles veulent se faire religieuses... Je les instruis dans ce but,.... elles
viennent recevoir des avis spirituels — Il y a pour cela
le tribunal de la pénitence. Là, Dieu vous assistera de sa grâce ; et encore vous ne devez pas négliger de prendre de grandes précautions, même en ce saint lieu, car il ne faut jamais oublier la grave sentence de S. Bonaventure : « Amor spiritualis facile dégénérât et convertitur in carnalem (3). » — Mais mon intention esLpure; c'est une pauvre orpheline; hors de ma maison, elle se perdra ; je l'instruis gratis. — Ah ! vos intentions sont pures, ces âmes sont pieuses, je vou3
M] Hieron. ad Océan.
(2) Hiehon. ad Nepor. (3) Bonav. op. 7. de Prof. xel. 27.
Taccoràe volontiers; mais vous ne voyez donc pas que le public, dan- sa malignité, a cent yeux ouverts pour épier rotre conduite? Vous ne voyez donc pas combien il aime à supposer et à faire croire aux autres que le Prêtre est fragile comme tout le monde? Que pensera-t-i; donc, s'il voit cette personne entrer continuellement dans votre presbytère et en sertir; s'il vous voit vous-même aller et venir dans cette maison, que pensera-t-il de ces longues visites? a Curam habe de bono nomine; hoc enim magis permanebit tibi. quam mille thesauri pretiosi et magni 1 , ; d'autant plus qu'il ne s'agit pas ici seulement de votre nom, mais de la réputation et de l'honneur de tout le clergé et de l'Eglise elle-même. Vos intentions seront pures, ces âmes chastes je n'en doute pas; mais ne vous fiez pas à cela, répète S. Jérôme : a Xec in practerita castitate conûdas. Nec sanctior Davide, nec Samsone fortior. nec Salomone potes esse sapientior. Mem nto semper quod paradisi colonum de possessione sua mulier ejeceril 2). » Vos intentions seront pures, ces âmes seront saintes, et vous aurez soin de l'honneur de l'Eglise, soit! Mais faites attention à ces paroles de S. Cyprien : a Combien de saints laïques, d'ecclésiastiques, de dignitaires, qui, après avoir confessé la foi devant les tyrans, après être sortis victorieux des plus terribles combats, et avoir opéré de grands prodiges, ont péri misérablement à cause d'une femme! « Quantos leones domjit una muliebris inûr mitas delicata 3"! » Enfin, je dirai avec S. Bernard : « Cum feemina semper e.-se. et non cognoscere fœminam. nonne plus est, quam mortuum suscitare i)? » 3° Les parents. Tenir ses parents éloignés de soi le plus qu'on pourra. Oui, comme presque toutes les raisons que nous venons de donner trouvent également ici leur application, il est nécessaire que le curé ait le moins possible ses parents dans sa maison, et même dans son voisinage. Car outre les visites, les chagrins, les désagréments qu'ils lui causeront, il verra par expérience que ses avis seront presque toujours infructueux; ils arriveront peu à peu à le iner, au point de prétendre être les seuls maîtres de la maison. Les paroissiens riches murmureront, s'imaginant
(1) Eccli. xli. 15. (2; Hieron. ep. ad Xepot. (3J S. Cyprien< (4) Beïcvrd. Serm. 65, In Cant.