DEUXIÈME PARTIE
maître? Quel danger il y a donc ici de commettre un sacrilège! et si la fragilité de l'un et de l'autre est grande, n'estil pas trop possible qu'ils tombent dans les graves fautes frappées d'anathème par Benoît XIV (1)?
5o Presbytère. Deux mots sur l'édifice matériel. Si le curé était comme le lis et la fleur des champs qui se nourrit de la rosée du ciel, il pourrait alors négliger le temporel; mais des aliments lui sont nécessaires; il a une foule de besoins à satisfaire, et il lui faut pour lui et pour ses successeurs une demeure convenable. Rien de plus juste. Comme il est toujours plus facile d'obtenir du peuple quelque sacrifice en entrant dans la paroisse, que plus tard, les curés qui, usant de leur prestige, demandent qu'on fasse des réparations ou des améliorations au presbytère, ne sont pas blâmables. Si les réparations sont nécessaires ou évidemment utiles, et qu'ils s'y prennent d'une manière convenable pour les obtenir, il n'y a rien à dire. Mais quelle impression produirait sur les esprits un curé exigeant, qui, avant d'entrer, voudrait qu'on fît de grandes dépenses pour l'amélioration de sa maison, surtout si ses réclamations portaient plutôt sur des choses de luxe et d'ornementation, que sur des choses d'une absolue nécessité, ou d'une utilité incontestable ! Si le prêtre qui possède des meubles de luxe achetés à ses frais édifie peu, quelle édification voulez-vous donc que de telles exigences produisent (2).
(1) Bull. Sacram. Pœnit 1 juin 1741, et Apost. muner. 8févr. 1745.
(2) Voici ce que M. Antoine Pallau, évêque de Barcelone, récapitulant les différentes dispositions du droit sur celte matière, jugeait à propos de rappeler aux curés :
Le curé est l'usufruitier du presbytère; en cette qualité, il doit le conserver en bon état, faisant les dépenses que réclament les réparations nécessaires.
Il doit le tenir décemment meublé, de sorte qu'il n'y ait dans les meubles ni luxe, ni défaut d'arrangement, ni malpropreté.
Il ne doit rien y avoir qui ne convienne à la gravité et au décorum de l'état ecclésiastique, rien qui soit un motif ou une occa« sion de critique de la part des paroissiens.
S'il est voisin de l'église et qu'il ait une porte de communication, le curé doit faire en sorte, que cette porte ne serve que pour les besoins du service de Dieu. — (Bolet. Barc.)
Quant aux séculiers, ils ne peuvent avoir de fenêtres sur l'église
80 TRÉSOR DU PRÉTRR