‹ Le trésor du prêtreChapitre 61 sur 311 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'église.

Il ne suffit pas que le curé se soit concilié l'estime des autorités, de ses vicaires et de ses autres collaborateurs, des marguilliers et membres de la fabrique, des administrateurs d s confréries, etc. ; il ne suffit pas non plus qu'il réside dans la paroisse ; il faut en outre qu'il remplisse les obligations d'un pasteur zélé. Car, de même qu'il y a une résidence muette et oisive qui serait stérile et inutile pour le salut spirituel des fidèles, ainsi il y a une résidence attentive, vigilante, active et ingénieuse, d'une utilité et d'une importance souveraine pour le bien de la paroisse : c'est celle-là que Dieu, l'Eglise et les âmes exigent du pasteur. Sans elle, il serait indigne de ce nom ; il devrait même plutôt être appelé statue que pasteur ; car, selon l'image du prophète, il ne verrait rien, n'entendrait rien, ne remédierait à aucun m'ai; et, excepté la récréation, le jeu, les choses temporelles, les intérêts de famille, rien ne ferait impression sur son cœup. Voyons donc comment devra régler sa paroisse, celui qui veut mériter le titre de pasteur vigiluit. Commençons par l'église ; car le temple de Dieu, le lieu saint est sans doute la première chose dont doit s'occuper un curé zélé.

Conditions liturgiques requises pour l'église.

Le Saint-Siège veille avec tant de soin sur le respect dû aux églises que 4» il ne permet pas de bâtir aucun temple sans l'autorisatiû» de l'évêque (47 juin 4843). — 2° Il défend

d'habiter ou de coucher au-dessus des t'glises ou des chapelles dans lesquelles on célèbre ou Ton conserve la sainte Eucharistie 11 mai 1644). — Une dispense a été accordée sur ce point à un archevêque, à cause de l'extrême exiguïté d'un séminaire ; mais il a été ordonné de placer au-dessus de l'autel un baldaquin, et de retirer le Saint-Sacrement, si on le pouvait (42 mars 4836). — 3<> La Sacrée Congrégation des évoques ne veut pas non plus qu'il y ait des magasins au-dessus des églises, et, si quelquefois elle a consenti à ce que le curé pût y habiter, c'a été sous la condition expresse que l'habitation ne se trouverait pas précisément super locum sanctissimi Sacmmenti3 et qu'on n'y ferait pas servitia parum decentia (46 octobre 1615).

Et pour qu'il soit permis de célébrer dans une église, il

ne suffit pas qu'elle soit consacrée ou au moins bénite; il

faut qu'elle y soit apte, c'est-à-dire qu'elle ne doit être en

ne manière ni exécrée, ni violée, ni interdite. Voyez

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Elle serait exécrée, si elle était détruite complètement, ou si la plus grande partie se trouvait renversée. — Elle s î ait polluée ou violée, si un homicide y était commis, si effusio seminis avait lieu; si beaucoup de sang y était répandu; si un infidèle ou un excommunié s'y trouvait enterré. Mais il ne suffirait pas d'un homicide causé par accident; ni de quelques gouttes de sang qui couleraient d'une légère blessure; ni encore moins dune grande abondance de sang qui «'échapperait du nez, ou qui serait occasionné par une rixe mtre des enfants; ni effusio seminis habita in soumis, ou Lien dans la sacristie, dans le clocher, etc. Il est nécessaire que ces actes soient criminels, notoires et consommés dans l'intérieur même de l'église.

L'exécration de l'église ne fait pas perdre aux autels ni aux pierres sacrées leur consécration; comme l'église ns perd pas la sienne, quand ces choses sont exécrées. -— Mais fine fois que l'église est polluée; les autels fixes demeurent pollues; et vice versa, ceux-ci étant violés, l'église flemeure aussi violée. — L'église étant violée, le cimetière adjacent !«st aussi violé: mais la violation du cimetière n'entraîne ras celle de l'église.

onciliation de l'église. L'église qui aurait servi de caserne, quand bien même les soldats ne l'auraient pas

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