‹ Le trésor du prêtreChapitre 63 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Abus que le curé doit faire disparaître de l'église.

4° Défaut de propreté.

2° Multitude des bancs et des chaises

3° Confessionnaux incommodes.

4° Autres abus.

\o Défaut de propreté. Quel prêtre, quand bien même sa foi serait languissante, ne s'écrierait pas avec le Prophète : « Dilexi decorem domus tuae, et locum habitationis gloriae luae(1). Zelus domus tuae comedit me (2)? » Ayez donc soin, lui dirai-je avec deux vénérables prélats (3), ae veiller à ce que le temple soit toujours propre, à ce que l'ordre y règne, comme il convient à la maison du Seigneur.

« Ainsi, le curé fera en sorte que l'église soit balayée, chaque semaine, et toutes les fois qu'il en sera besoin....; qu'à certaines époques, on enlève la poussière de dessus les autels et les images ; qu'on fasse disparaître les toiles d'araignées des voûtes et des murailles ; qu'il y ait un nettoyage général, quand cela est nécessaire. Le curé devra encore ordonner qu'on retire de l'église les tentures, les catafalques, et tout ce qui sert aux funérailles, les échelles et autres objets de même nature qui pourraient s'y trouver ; car, bien que ces choses en certains cas, servent au culte du Seigneur, le lieu saint n'est pas un magasin, où elles doivent être déposées. »

Il aura soin que les crédences soient propres, gue les lampes soient placées à une hauteur convenable, afin que ceux qui passent ne soient pas exposés à les heurter, et à répandre sur le pavé, sur les tapis, sur leurs vêtements, des taches d'huile. On voit, quelquefois, de chaque côté des autels ou derrière, certains meubles, certaines armoires, oui sont ordinairement des dépôts d'immondices. Il faudrait les faire disparaître.

(lj Ps. xxv, 8. (2) Ps. lxviii, 10

(3) Mgr. Joseph Dominique Costa, archevêque de Tarr. et Mgr. Antoine Palau, Evêque de Baie.

Ne pouvant descendre dans tous les détails, le curé doit faire en sorte, de tout inspecter de temps en temps, el de se demander à lui-même : Serais-je content, si un hôte trouvait dans ma maison, la malpropreté, la négligence et le désordre, qui régnent dans l'église?... Et je n'ai pas honte de laisser dans un pareil état, tous les jours, le souverain de l'univers ! La propreté, l'arrangement, ce seraient donc des égards que Dieu ne mériterait pas, et que je réserverais uniquement à mes amis? Si le Seigneur exigeait qu'on ornât avec tant de magnificence, le temple de Jérusalem, qui n*était qu'une figure de nos églises, quelle sollicitude ne voudra-t-il pas que nous ayons pour l'ordre, et la splendeur du palais, où le Roi du Ciel et de la terre réside en pei sonne ?

Le curé n'abandonnera pas exclusivement aux soins des marguillers et des sacristains les objets et les ornemems de la sacristie et de l'église; car outre que, ordinairement, ils ont un très-mauvais goût, et très-peu d'intelligence pour orner les autels, distraits par leurs propres occupations, et peu habitués à veiller à la conservation des objet- précieux, ils les laisseront bientôt se détériorer et se perdre. Je ne dis pas que le curé doive arranger les autels lui-même ; mais il est au moins obligé à surveiller et à aider par sa direction, ceux qui en sont chargés ; autrement, tout se trouvera bientôt dans le plus grand abandon*.

2o Les bancs et les chaises (4). Voici un abus plus difficile

(1) Le décret du 30 décembre 1809 a réglé à peu près tout ce qui concerne cette question.

Il y est dit que : 1° Les bancs occupés par les fidèles ne peuvent être placés que du consentement du curé, sauf recours à l'évêque. 2° Il en est de même des chaises à place fixe. 3° On doit réserver dans toutes les églises une place, où les fidèles qui ne louent pas de chaise ni de banc, puissent commodément assister au service divin et entendre les instructions. 4° Il appartient au conseil de fabrique de régler le prix des places, d'en régir la location ou de la mettre à ferme". — Si le curé trouve les abus signalés ici, il n'aura pas toute la liberté d'action désirable pour les retrancher, parce que le produit éventuel de ces bancs étant annuellement inscrit au budget, le . onseil de fabrique consentira difficilement à se désaisir de cette recette. Ce n'est guère que par insinuation qu'il peut agir. Il n'en serait pas de même s*il était question d'introduire de nouveaux bancs ou de nouvelles chaises, puisqu'il faut pour cela son consentement.

à abolir : c'est la multitude des bancs et des chaises qui se trouvent dans certaines églises. Il faut commencer par faire d'abord ce que les sages et zélés prélats de Tarragone et de Barcelone recommandaient à leurs curés : « Les bancs doivent être disposés symétriquement, de façon à incommoder le moins possible; il ne faut pas permettre de placer des chaises, des tabourets, des petits bancs dans les passages de l'église,... ou de mettre de nouveaux bancs, pour les confréries ou les particuliers, sans la permission de l'é- %véqu8. » Voilà à peu près tout ce que le curé pourra faire, relativement aux bancs.

Il sera encore plus difficile de supprimer les chaises, car elles favorisent les aises et la cupidité à la fois. Mais c'est un véritable abus ; qu'on observe donc combien l'église se trouve embarrassée quand les chaises sont en grand nombre ; combien les fidèles ont une posture peu convenable, quand ils s'agenouillent dessus; qu'on pense aux altercations et à la violation du silence qu'elles occasionnent, aux murmures qu'elles causent, et surtout à la quantité de personnes qui s'éloignent ces offices parce que, ne trouvant plus de bancs où on pouvait s'asseoir gratuitement, elles sont obligées, puur être à leur aise durant la cérémonie, de payer une chaise. Si cela n'arrivait qu'à certaines solennités, ce serait un peu plus tolérable; mais qu'un tel inconvénient existe même en semaine, dans les temps de neuvaine, de mission, etc., c'est ce qu'on ne peut comprendre. Quel malheur que la catholique Espagne en soit venue à user de ces tristes moyens établis en France par la Révolution ! Les saints préféraient mille fois voir moins d'ornements et de splendeur en certaines solennités, que de se créer des ressources au détriment du bien spirituel des âmes. Non, Mes* si: urs, ce ne sera pas le produit des chaises qui soutiendra le culte, mais la foi. Toute mesure qui refroidit celle-ci, est au détriment de celui-là. Et comme fides ex auditu (1), rien

Personne, au reste, ne niera la justesse des observations du vénérable P( re Mach ; on s'est aperçu, plus d'une fois, que les fidèles pouvaient être détournés d'assister à nus offices par la nécessité d'une rétribution pour y être assis; et, à cause de cela, on a l'habitude, dans un gnnid nombre d'églises, de ne pas faire payer, en temps de mission, et les dimanches à certaines messes.

U) Rom. x, 17.

n'attiédira la foi comme tïj rcndiv difficile aux fidèles l'au* dition de la parole de Dieu, en les obligeant à se tenir dans l'église d'une manière très-incommode, ou à payer un odieux impôt que nos pères n'ont pas connu, et qui ne laisse pas que d'être onéreux pour les membres d'une nombreuse famille, quand ils veulent tous assister aux divins offices. Ainsi, le curé vraiment zélé et éclairé n'emploiera ce moven qu'à la dernière extrémité ; et s'il est obligé d'en user, il se gardera bien au moins d'ôter les bancs et d'enlever les sièges fixes destinés au repos du pauvre ou du vieillard; jamais, en temps de mission, il n'enlèvera ces sièges; jamais sur tout il ne défendra à la malheureuse mère de venir avec une chaise insignifiante apportée de chez elle; jamais il n'obligera despotiquement les fidèles à prendre les chaises de l'église, s'ils veulent s'asseoir. J'ai entendu. Messieurs, les murmures auxquels cela donnait lieu enBelgiqu?,en France, en Algérie; et si l'indifférence domine danslous ces pays, si les hommes assistent en si petit nombre aux divins offices, Dieu veuille que les chaises n'aient pas une grande part dans les causes qui ont amené cette défection.

3° Confessionnaux incommodes. Quel dommage, que dans certaines églises, les confessionnaux soient si peu nombreux et qu'ils soient en même temps si peu convenables, si incommodes, et pour le confesseur et pour le pénitent! Dans certains endroits les grilles sont trop claires ; dans d'autres, outre que les guichets manquent, on ne peut entendre la confession que d'un côté, et ainsi, le confesseur est exposé à perdre bien vite sa santé. Les confessionnaux ne doivent pas être tellement, placés en évidence, que certains pénitents puissent se trouver, à cause de cela, détournés de la confession; et il ne faut pas non plus les mettre dans un lieu trop obscur, car cela pourrait donner occasion de parler aux gens malicieux. Il est nécessaire qu'on ait un confessionnal avec une grille dans la sacristie, ou dans un autre endroit en vue, mais loin de la circulation, pour en tendre la confession des pénitents privés de l'ouïe ; car confesser les femmes sans la grille est une chose défendue, rlans certains diocèses, sous peine de suspense.

4o Autres abus. Nous avons déjà noté au chap. v de ce volume, les abus qu'il sera nécessaire de faire disparaître de la maison de Dieu, avec tout le zèle toute l'efficacité pos-

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