‹ Le trésor du prêtreChapitre 66 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

manque à la messe aujourd'hui, ou que je n'y assiste pas moi-même; qui répondra de ce péché? »

3o Rituel romain. Faites les offices avec dignité et majesté selon le rite de l'Eglise. De Herdt, auteur très-recommandable sous beaucoup de rapports, sans doute pour plaire aux Belges ses compatriotes, défenseurs intrépides de leurs rites et de leurs coutumes, émet l'opinion que le Rituel romain n'oblige pas dans toutes ses parties sous peine de péché; ce qu'il prétend prouver par la Bulle de Paul V, et par un décret de la sacrée Congrégation des rites, du 2 mai 1626. Mais quelle que soit la pensée des Belges là-dessus, il est certain que ce rituel est pour nous obligatoire, sous peine de péché grave, 1° parce qu'il a été adopté en Espagne presque unanimement, d'après le manuel de Tolède : « Omnes quasi uno consensu suscepisse videntur ; » 2° parce que le Concile de Trente, session vue, chapitre xme, ordonne qu'on administre les sacrements selon les cérémonies et les rites de la sainte Eglise, et ce n'est pas de l'église de Malines, de Liège, qu'il est question ici, mais de la sainte Eglise romaine ; par conséquent, il s'agit des rites et des cérémonies prescrites par le Rituel romain ; 3° parce que la sacrée Congrégation le dit très-formellement, soit en défendant qu'on se serve d'un autre livre ou de bénédictions différentes, qui n'ont pas l'approbation du Saint-Siège (7 avril 1832, — 21 mai 1835); soit en s' exprimant de la sorte : Rituale romanum in administratione Sacramentorum aliisque ecclesiasticis functionibus inviolate servandum, prout servari mandavit Paulus V. Const. Apostolicœ (17 juin 161 '4). — Rituale romanum cujus leges universalem afficiunt Ecclesiam intègre servetur (7 septembre 1 850).

Quel dommage donc que l'Espagne, qui se glorifie d'être si attachée au Saint-Siège, et qui a adopté unanimement le Rituel romain, offre le spectacle de tant de divergences relativement aux rites et aux cérémonies l Combien de diocèses, et même de paroisses, ont des usages et des cérémonies particulières qui sont tout à fait différentes de celles que prescrit la sacrée Congrégation des Rites, qui lui sont même opposées ! Souvent chaque curé introduit les siennes: et pourtant rien n'est plus imposant ni plus édifiant que le culte de l'Eglise catholique, quand il se pratique avec le rite, la dévotion, la majesté et le soin qu'elle prescrit. Un

baptême, une procession, une messe, la bénédiction solennelle des époux, l'acte sublime de la distribution du pain eucharistique aux fidèles, les chants et les prières avec lesquelles on accompagne un cadavre à sa dernière demeure, tout instruit, édifie et émeut, si on y met l'attention et le respect voulus. Célébrer les offices de l'Eglise selon le Rituel romain, d'une manière posée, avec la majesté que réclament les hautes fonctions de notre religion sainte, c'est donner au public une preuve de notre foi ; c'est rendre sensibles à ceux qui nous entourent la sainteté de nos cérémonies, la dignité de notre culte et l'infinie majesté du Di u que nous servons. Au contraire, s'acquitter des fonctions sacrées avec précipitation et tronquer les cérémonies, c'est remplir dans l'église le rôle de comédien ; c'est donner à penser que nous ne croyons pas les vérités que nous prêchons ; c'est rendre notre religion ridicule, et donner motif aux assistants de regarder les choses saintes avec indifférence et mépris. On doit encore éviter un autre écueil : celui de fatiguer le peuple en faisant des offices trop nombreux ou en les prolongeant outre mesure. Mais nous parlerons de cela ailleurs.

4° Les droits. Exiger des droits excessifs pour la célébration des offices serait un des abus qui prêteraient davantage aux plaintes et aux murmures du peuple contre le curé. Mais comme cette matière est très-compliquée et en même temps fort délicate, et que des Prélats zélés et distingués s'en occupent actuellement, nous nous contenterons de cette courte indication (1).

Comment le curé pourra se créer des ressources.

Où trouverons-nous, diront certains curés, les ressources nécessaires pour célébrer les divins offices avec pompe et majesté, et pour orner les églises d'une manière qui soit digne de la maison du Seigneur? Je n'ignore ni les circons-

(1) Tout cela se trouve réglé en France : ordinairement le tari des oblations, dressé par TEvêque et approuvé par lf gouvernement, doit être affiché dans chaque sacristie

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