DEUXIÈME PARTIE. 12î
tances dans lesquelles se trouvent certaines localités, ni la pauvreté d'un grand nombre d'églises, ni surtout la difficulté où l'on est de se procurer des ministres pour rehausser l'éclat des solennités; cet obstacle est un de ceux qui découragent le plus un pasteur zélé, en rendant impossible la réalisation de ses plus ardents désirs. Quelle splendeur peut-on déployer dans les offices paroissiaux, quand on a a peine les ressources nécessaires pour faire raccommoder les ornements et empêcher que la pluie ne tombe dans le temple; quand le curé ne peut pas compter sur un ministre qui l'aide? Mais je dirai avec un prélat plein de zèle : « Tout cela est un obstacle qui s'oppose à ce que vous ayez la pompe et la solennité désirable dans vos offices ; mais ce n'en peut être un qui vous empêche de les célébrer avec gravité et respect. » De bons chantres contribueront beaucoup à donner de la splendeur au culte.
|o Les chantres. Dressez pour le chant et pour les cérémonies sacrées un certain nombre déjeunes gens d'élite: le pape S. Grégoire, tout en gouvernant le monde catholique, ne dédaignait pas cette occupation. Il y mettait tant de soin, que ceux qu'il avait choisis, surpassaient, en zèle el en modestie, les prêtres eux-mêmes.
2° Les offices. Le meilleur moyen pour se créer des ressources est de faire beaucoup d'offices; c'est ce que disait un prêtre zélé qui, étant chargé du soin d'une église, savait cela par expérience. En effet, les offices ravivent la foi, et rien ne nous manquera quand nous serons arrivés à la ressusciter; et de plus, il y aura la ressource des quêtes durant les offices : au commencement sans doute peu abondantes, elles finiront souvent par couvrir presque toutes les dépenses.
3° Ordre parfait, grande propreté dans l'église. Notez, Messieurs les curés, que cet ordre n'est pas seulement un devoir très-strict de conscience ; il n'a pas pour unique résultat celui d'attirer les fidèles aux offices, en leur inspirant le respect et la dévotion ; il est de plus un des moyens les plus doux et les plus efficaces pour amener le monde à contrib #r volontiers par des présents et des aumônes à lasplendeur du culte divin. En effet, qui donc voudra donner à un curé négligent un objet de quelque valeur, sachant, que peu de jours après, on n'en fera aucun cas et on le lais-
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sera se détériorer? Au contraire, qui ne serait heureux de contribuer à l'embellissement de la maison du Seigneur, en voyant à la tête de cette entreprise un curé soigneux et intelligent, qui sait conserver durant de nombreuses années, dans tout l'éclat de leur fraîcheur, les ornements et les choses dont on lui fait présent?
4° Etablir des confréries, ou au moins confier le soin de chaque autel aux principales familles, qui ne manqueront pas de vouloir que leur autel soit le pius riche et le mieux orné de toute l'église; elles s'en feront un point d'honneur.
5o Eviter les dépenses inutiles. Souvent un quart d'heure avant les offices, et tout aussi longtemps après, les cierges brûlent sur l'autel ; d'autres fois, la nuit, ou quand il n'y a personne dans l'église, les cierges et les lampes des saints sont allumés ; ou bien encore on tire tant la mèche de la lampe du saint-Sacrement que, outre la dépense inutile qui en résulte, on rend insalubre et insupportable l'air de l'église. Que d'économies feraient les curés en évitant ces dépenses... en achetant la cire un an à l'avance... en la conservant dans un lieu humide... en évitant les courants d'air qui en peu de temps font user les cierges, et ne sont pas sans nuire à la santé du curé? Oui. que les fidèles voient un curé zélé, vigilant, intelligent, et il ne manquera pas de personnes généreuses pour Taider de leurs aumônes.
fa Autres moyens. Si l'église est très-pauvre, qu'on se serve de veilleuses au lieu de mèches : ce sera une assez grande économie d'huile.
On peut aussi avoir recours à des loteries dont le produit est affecté a l'œuvre qu'on veut entreprendre.