‹ Le trésor du prêtreChapitre 80 sur 311 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

que celle de dessus soit fine, destinée qu'elle est à couvrir la table du Roi des rois. Ces nappes doivent toujours être blanches et propres; et, si pour mieux les conserver dans cet état, on veut mettre dessus une toile cirée ou autre voile semblable, on aura soin de retirer cette couverture 'pour célébrer la Messe. » (BolL eccles. Barc).

Tous les autels doivent avoir un marchepied de bois, non enchâssé dans le pavé, mais s'élevant de plusieurs doigts au-dessus du sol. Ainsi le suppose la sacrée Congrégation des Rites.

Cartons d'autel. On placera sur la table de l'autel les cartons à l'endroit qu'ils doivent occuper. Il est nécessaire qu'ils soient en caractères facilement lisibles. Bien que les Rubriques ne parlent que du petit tableau qui doit être placé aux pieds du crucifix, l'usage et la plus grande commodité du prêtre demandent qu'il y ait aussi des tableaux pour le Lavabo et l'évangile de S. Jean. « Non seulement, ils doivent être imprimés correctement et sans la moindre faute, mais encore il serait bon qu'ils fussent encadrés dans du verre; car ainsi, ils se conserveraient mieux et la propreté y gagnerait. » (ibid.). Mais ceux qui contiennent seulement les paroles de la consécration doivent être abolis. Il est si facile au prêtre d'oublier les paroles de la Messe I S'il les omet, quels scrupules ! S'il est obligé de les chercher dans VOrdo Missœ, quel sujet de trouble et de murmures! On doit les retirer quand le Saint-Sacrement est exposé (20 décembre 4864).

Images. On fera en sorte que les peintures ou les sculptures qui se trouvent enchâssées dans les rétables soient décentes et conformes aux règles de l'art; il n'est pas permis d'exposer à la vénération publique des tableaux profanes, des images de saints ayant des figures ridicules. On placera l'image du titulaire à l'endroit le plus digne. On ne mettra jamais l'image de Jésus-Chiist ou de la sainte Vierge à des places inférieures ou secondaires.

On ne devra en aucune manière charger les autels de saints et d'ornements qui ne seraient pas conformes aux règles de l'art et du bon goût; on n'y mettra point de rideaux, de rubans, d'ex-voto qui, tout en supposant de la piété dans les donateurs, pourraient sembler procéder d'un zèle mal entendu et pouvant provoquer la risée du public.

Les curés s'efforceront d'instruire les peuples sur ce point, abolissant tout ce qui peut sentir la superstition, ou discréditer la véritable piété [Ep. Barc).

On ne permettra aucune image ou gravure de papier, même encadrée, ni sur les autels, ni en aucun endroit do l'église ; car, bien que ces couses soient propres à exciter la piété des fidèles, elles ne doivent pas figurer dans une église publique ; leur place est dans les maisons particulières. Cependant, il c'est pas défendu de mettre dans l'église des gravures en papier, représentant les stations du Via Crwit, pourvu qu'elles soient placées dans des cadres convenables, et rangées avec symétrie. Telle est au moins la pratique de Rome et de l'Eglise universelle.

Grand autel. On en aura un soin tout particulier. Il devra être placé à l'endroit 1 j plus digne, sous le vocable du Titulaire de l'église ou de la paroisse. Tout devra y respirer la gravité et le sérieux. Il n'y aura sur les gradins que les chandeliers et le crucifix; on voit souvent en beaucoup d'endroits, sur cet autel, une multitude confuse de lumières et mille autres choses; tout cela doit être évité; et si, en dehors des cathédrales et des collégiales plus insignes, on croit devoir ajouter à la décoration prescrite, qui est si grave, quelques petits ornements, il faut au moins consulter, pour le faire, les règles de la symétrie et du bon goût.

Il ne devra pas y avoir d'autels en dehors des chapelles' on évitera d'en élever de postiches et de mobiles, comme on le fait fréqu mm nt en beaucoup d'endroits ; car, outre qu'ils embarrassent la nef de l'église, souvent trop petite, ils fournissent l'occasion d'irrévérences et de scandales. Les curés ne doivent pas permettre l'érection d'un nouvel autel, sans l'autorisation de l'évèque; c.la ressort du décret de la S. G. R. 24 mai 1778,.

Bien que le grand autel, la chapelle du Saint-Sacrement et d'autres autels ou chapelles respectives soient à la charge de la fabrique, et d'autres différentes confréries ou administrations, le curé n'est pas dispensé d'en prendre soin. Car il rentre dans son devoir et ses attributions de veiller à ce que tout soit tenu avec ordre, et propreté; d'avertir, et de faire corriger les choses défectueuses qu'il aurait pu remarquer (Arch. Tarr.).

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