DEUXIÈME PARTIE
Sacristie.
Ut ab ipsa sacristia laieorum nimia frequentia, indécentes termones, jurgia, rixœ, actasque profani removeantur, diligentiam adhibeat (Cœrem.) Que le curé ne permette donc pas que ce lieu de recueillement se convertisse en un lieu destiné à fumer, à converser, en un cabinet de lecture de journaux, ou en une salle de jeu pour les enfants de chœur. Quelle triste chose, si les fidèles, distraits par le bruit qui se fait à la sacristie ne pouvaient pas prier avec dévotion à l'église; si le prêtre, voulant se recueillir avant et après la messe, était obligé de fuir ce lieu, où régnent uniquement la dissipation et le tumulte ! On a coutume de dire que le curé se reconnaît par la sacristie.
Autant que possible la sacristie sera contigue au presbytère, avec lequel elle aura une porte de communication. On n'y devra voir ni meubles hors d'usage, ni chandeliers brisés, ni chaises démolies, ni statues mutilées, ni vieilles fleurs, comme certaines sacristies en contiennont.
Il est indispensable qu'il y ait une fontaine, un bassin et deux serviettes, dont l'une à gauche, sert avant la messe, l'autre à droite, après ; mais on doit avoir soin qu'elles soient propres. Pourrait-on voir, dit Humbert, quelque chose de plus indigne qu'un prêtre allant à l'autel, la figure et les mains malpropres, les cheveux hérissés, les souliers couverts de boue, les vêtements sacrés dans le plus grand désordre, n'ayant rien de grave et de composé dans sa personne ?
L'argent de l'offrande et le vin du sacrifice doivent être gardés sous clef, afin que personne ne soit exposé à la tentation.
Ornements. On doit garder à la sacristie, dans des endroits séparés, et avec le respect voulu, les missels, les objets du culte et les vases sacrés que leur valeur n'oblige pas à placer dans un lieu plus sûr. On tiendra le linge et les autres ornements rangés avec les plus grandes précautions, dans des armoires et dans des tiroirs, afin qu'ils {missent mieux se conserver. Il convient que les chasubles, es dalmatiques, etc., soient bien étendues, car la soie, quand elle est pliée, se tranche facilement. Toutes les fois
uï) y a quelque déchirure, ou quelque chose de décousu, il faut s'empresser d'y apporter remède ; et remettre les objets avec beaucoup d'ordre et bien plies dans les tiroirs. On <3oit les préserver a la fois de la poussière et de l'humidité (Bol. Barch.).
Les étendards devront aussi être plies ou au moins être gardés couverts dans des fourreaux ; car autrement ils perdraient en peu de temps leur couleur, et se détérioreraient entièrement. Il faut dire la même chose des bannières et des oriflammes.
Les ornements dont la couleur, la matière, ne seraient pas conformes à ce que demandent les rubriques et la sacrée Congrégation — nous avons exposé les règles sur ce point, à la page 330 du premier volume — doivent être retirés, il ne faut plus s'en servir, et on peut les affecter à d'autres usages. On doit dire la même chose du linge qui ne serait pas de lin ou de toile.
On aura grand soin de:? Missels et des autres livres de chant et de liturgie, aussi bien quand on s'en servira, que quand on les tiendra enfermés dans les tiroirs ; car ils s'useront moins vite en raison des précautions qu'on aura prises.
Sacristain. Le curé est strictement obligé de veiller sur le sacristain et sur les autres employés de l'église. Si c'est lui qui les nomme, il doit faire en sorte qu'ils soient nonseulement habiles et soigneux, mais encore modestes et irréprochables dans leur conduite. Je dirai \olontiers avec le Père Valuy : Voulez vous avoir un sacristain diligent et attentif? Soyez diligent et attentif avec lui. Voulez-vous qu'il soit exact et ponctuel? Soyez vous-même exact et ponctuel. Voulez-vous qu'il traite' avec respect les choses sacrées? Donnez-lui l'exemple. Quand il a quelque fonction à remplir durant les offices, il convient qu'il porte la soutane. Le sacristain et les enfants de chœur doivent être revêtus de la soutane et du surplis, en portant la croix aux processions, et il ne faut jamais qu'on les voie sans bas, ni sans souliers. Que dire de ceux qui se présentent même en manches de chemise? Caerem. Rom. lit). 4, c. 6).
Il faut faire en sorte que les employés de l'église soiem
exacts à sonner la cloche pour les divins offices, et même
our les messes basses en semaine ; à allumer les cierges et
les éteindre ; à essuyer la poussière des autels, des con-