‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 11 sur 48 · Lib. pont., éd. L. Duchesne, t. I, p · texte numérisé non relu

Lib. pont., éd. L. Duchesne, t. I, p

MONUMENTS ET MÉMOIRES

diculaires au plan de la surface émaillée ; ils s’évasent en s’en éloignant, de sorte que, sur le revers creux, la largeur des branches est plus grande. Il serait assez vraisemblable que la face la plus développée fût la principale.

Les circonstances mêmes de la découverte fournissent un argument de plus à lidentification de la croix d’émail du Sonda Sandorum avec celle que retrouva Serge I er . C’est aussi sur un coussinet de soie ( plumacium ex holosirico ) 1 , dans un coffret d’argent {causa argentea), quelle était conservée jusqu a nos jours.

Cette croix a été un objet du culte depuis le viu e siècle. Au début du xin p . le chanoine Benoît, devenu pape sous le nom d’Honorius III (1216-1227), rapporte que, le jour de l’Exaltation de la Croix, le pape et les cardinaux allaient pieds nus la chercher, pour la porter processionnellemcnt. On a vu dans le texte de Jean Diacre, cité plus haut, qu’il y avait en outre une cérémonie d’onction de baume.

La même croix qui fut portée sans doute lors de l'invasion lombarde, avec l’image achiropoète, le fut encore en 1241, lorsque l’empereur Frédéric II menaça Grégoire IX*.

Panvinio 3 prétend que la relique de la croix de Serge I er aurait été volée en 1627, lors du sac de Rome, sous Clément VII, et que, retrouvée miraculeusement, elle fut mise au Vatican dans une croix d’or et de cristal. Ce récit doit être le résultat d’une confusion avec la croix de Justin II, qui eut en effet pareille aventure et dont la relique est sous cristal 4 , à moins que ce ne soit la version officielle, mise en cours sous Léon X, pour expliquer l'enlèvement peut-être récent et voulu de la relique.

1 . Voir plus loin, sous la rubrique tissus, la description de ce coussinet de soie.

2 . Vita Gregorii papæ IX ex card. Aragon , dans Muratori, Ser. rcr . / 7 a/., t. III, p. 587. d. De praecipuis urbis Romac . . . basilic is ( 1570), p. 189; Le seltc chicse di Roma, p. 2/Jo.

4 . Sur cette croix vov. Grimouard de Saint-Laurent, Iconographie de la croix ci du crucifix ( Annales archéol. de Didron, t. XXVI, 1869, p. 137 et i 3 g) ; Ch. Bayet, Recherches pour servira rhistoire de la peinture et de la sculpture en Orient avant la querelle des Iconoclastes ( Bibliothèque des Écoles françaises d 9 Athènes et de Rome , fasc. X, Paris, 1879), p. 122, n. 2.

La croix d email remonte donc au plus tard au vn e siècle, et très probablement à la fin du v c ou au début du vi c . Il semble difficile de préciser le lieu où elle a été fabriquée. Cependant l’émail a ce coloris rouge vineux, que Kondakow considère comme caractéristique des émaux byzantins 1 . On peut donc dire quelle appartient à l’art byzantin primitif, de cette époque peu connue, où il n’était pas encore très différencié de l’art latin ou occidental. Cette croix vaut donc, par son antiquité et son caractère unique, la célèbre croix de Justin II, conservée dans le trésor de Saint-Pierre de Rome et si souvent publiée 2 , dont elle se rapproche par la forme générale.

Croix d’or gemmée, dite de la Circoncision (pl. VIII). — Cette croix pattée, à branches sensiblement égales, mesure o m ,255 sur o m ,25. La largeur des bras varie de o m ,o45 à o m , 07 . L’épaisseur de la monture d’or est de o m ,025. L’épaisseur totale la plus grande, avec les pierres, est de o m ,o35. Sa surface est recouverte d’une épaisse couche durcie du baume dont parle Jean Diacre. L’une des branches est brisée.

C’est le morceau le plus précieux comme matière de tout le trésor. Elle est entièrement d’or massif, et ornée de douze émeraudes rectangulaires d’environ o m ,02 à o m ,o3 de long sur o m ,oi5 à o m ,02 de large, de cinq belles améthystes, dont une très grande, de quatre petites , enfin de quarante et une perles conservées sur les soixantehuit qui s’y trouvaient primitivement. Ces perles sont d’un assez bel orient et plus grosses que celles qui ornent généralement les objets d’orfèvrerie du moyen âge. Les améthystes de teintes diverses, plus ou moins foncées, appartiennent à cette variété qu’on désignait sous le nom d’hyacinthes.

La croix se compose essentiellement d’un cadre creux de o“,oi

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