‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 12 sur 48 · Kondakow , Hist. des émaux, p · texte numérisé non relu

Kondakow , Hist. des émaux, p

2. La meilleure reproduction est dans F. Bock, Die Kleinodien des heil. rômisch. Reiches (Vienne, i864, gr. in-fol.), pl. XX, fig. 27 , et p. ni.

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fl épaisseur, en lames dor, décoré au-dessus, sur le pourtour, d une suite d’arcatures en plein cintre de verroterie rouge cloisonnée 1 et, sur la tranche, en haut et en bas, de bordures de petites perles d’or. Le sommet des arcatures est tangent aux bords de la croix, et, en relief, au milieu de chacune d’elles est une très fine fleur d’or ronde, avec des pétales. La partie centrale des branches est remplie par les pierres précieuses déjà énumérées, serties dans des

Fie. 9. — Branche brisée de la Croix de la Circoncision. — Parchemin avec authentique du ix e siècle, contenant une relique. — Boite de plomb endommagée, laissant apercevoir un sachet à reliques, on soie.

bâtes à bords droits, sur une plaque ajourée. Cette plaque est ellemême entourée d’un fil d’or à petits grains et maintenue au-dessus du cadre inférieur par de très élégantes grilfes, en forme de palmettes à trois dents (fig. 9). Les pierres serties sur chaque branche sont en partant du centre : trois perles disposées en rangée transversale ; une émeraude de forme cylindrique, légèrement aplatie ; de nouveau, trois perles en travers; une améthyste ovale; un groupe de cinq perles, à

I. Comme celle qui orne les couronnes du trésor de Guarrazar; F. de Lasteyrie, Description du trésor de Guarrazar (Paris, 1860, in- 4 °), p. 3 et 3 i. Labarte a soutenu, contre F. de Lasteyrie, que les cloisonnements étaient remplis non de verre rouge mais de grenats. Cf. E. Molinier, L'orfèvrerie , p. 10.

droite et à gauche duquel deux émeraudes en biais correspondent à l’évasement du bras ; enfin, aux extrémités, dans chacune des deux pointes, sont trois perles groupées en trèfle 1 .

Les perles ne sont pas serties dans des bâtes, mais elles sont fixées sur des alvéoles à l’aide de fils d’or qui les traversent.

Au centre, est la boîte aux reliques, de forme ovale, haute de o m ,o5, large de o m ,o45 et épaisse de o m ,o3, bordée d’une suite de petites perles d’or pareilles à celles du cadre. Dans son couvercle, à bordure semblable, qui est retenu par une vis munie d’un anneau mobile, est sertie, au milieu, une grosse améthyste irrégulière en forme de poire, entourée comme d’une collerette de pétales de verroterie cloisonnée qui paraît verdâtre. Ces pétales ont l’apparence de croix dont la tige serait engagée sous l’améthyste. Ils s’en trouvent séparés par l’encadrement de la pierre, consistant en une menue lame d’or, dont on aperçoit la tranche ornée d’un grènetis.

Le couvercle qui s’enchâsse à l’intérieur de la boîte a été soulevé. Au-dessous, après avoir gratté une couche de baume, on a rencontré la relique du bois de la Croix, dans une case d’or cruciforme fixée à la boîte ovale. Les parties vides sont remplies par du mastic.

Cette boîte centrale est cantonnée de quatre petites améthystes rondes, taillées en forme de perles et placées symétriquement entre les branches de la croix.

Au revers, un seul des bras est intact (fig. io). Il présente des ornements de filigrane, en forme d’entrelacs 2 . Les trois autres branches ont été dépouillées de leurs plaques de dessous, et l’intérieur vide de chacune des trois branches apparaît ainsi béant, avec traces d’arrachement à l’entour.

Cette croix est à rapprocher de celles du trésor de Monza, de la

1. À l’intérieur du cadre d’or, aux pointes des extrémités, j’ai constaté la présence d’un amalgame brun dur, destiné sans doute à augmenter la solidité.

2. Ce filigrane ressemble à celui de la reliure du Psautier de Charles le Chauve (Bibl. nat. , ms. lat. 1 1 52), mais il n’est pas perlé. H. Bouchot, Les reliures d’art de la Bibliothèque nationale , pl. Y et p. III.

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croix d’Agilulf et surtout (le la croix dite de Bérenger qui est cependant d’un travail moins fini 1 . Elle présente aussi quelques analogies avec les croix wisigothiques du trésor de Guarrazar (vu® siècle), mais elle est plus grande 2 . Enfin, dans une énumération de croix gemmées, on ne peut passer sous silence les célèbres croix de la Camara Santa d’Oviédo (Croix des Anges et Croix de la Victoire 3 ), la croix de Lothaire d’Aix-la-Chapelle 4 , les croix d’Essen, de Hildesheim, de Limbourg, de Siegbourg et de Paderborn. Toutes ces croix (du vu® ou du ix® siècle et plus modernes encore) sont à notre avis d’une époque ou antérieure ou postérieure à celle qu'il convient d’assigner à la croix du Sancta Sandorum. et que nous fixerions plutôt au vui® siècle. L’art de cette dernière est très différent de celui de la croix barbare, dite de Gisulf, conservée à Cividale 3 , mais il n’atteint pas à la finesse des croix d’Aix-la-Chapelle et d’Oviédo.

Au xn® siècle, cette croix était considérée comme renfermant la relique de la Circoncision. On a beaucoup écrit sur le « saint Prépuce » qui existait en plusieurs endroits, à Charroux (diocèse de Poitiers), à Coulombs (diocèse de Chartres), au Puy, à Châlons-sur-Marne (église Notre-Dame en Vaux), à Metz, à Anvers et à Hildesheim 6 .

M gr Barbier de Montault a prétendu, sans citer ses sources, que « Charlemagne enleva le saint Prépuce à l’abbaye de Charroux et le porta au pape saint Léon III, à l’occasion de son couronnement, en

1 . On appelle aussi cette croix « croce del regno » . Cf. La basilica di Monza ed il suo tcsoro (anonyme), Coma, Fuscinoni (1887, in- 4 °), pi. 11. Venturi, Storia dell' artc, t. II, p. io 3 .

2 . F. de Lasteyrie, Description du trésor de Guarrazar. Paris, 1860, in- 4 °. Cf. Musée de Cluny, n° 4979 (croix de Reccesvinthus) ; E. du Sommerard, Catalogue , p. 391.

3 . D. José Amador de los Rios, La Càmara Santa de la catedral de Oviedo y sus mas antiguos artistico-industriales (Monumentos arquitectônicos de la Espaha, Madrid, 1877, gr. in-fol.), p. 18, col. 2 et suiv.

4 . Cahier et Martin, Mél. d’archéol., 1. 1 , pl. XXXI ; Aus'm Weerth, Kunstdenkmàler der christlichen Mittelalters inden Rheinlanden, Atlas, pl. XXXIX, 1.

5 . Yenturi, Storia deW arte italiana, t. II, p. 69, fig. 5 o.

6. Collin de Plancy, Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses , t. II (Paris, 1821), p. 46 - 47 - La liste donnée est incomplète. Voy. Marangoni, p. 242-254 ; Narrazione criticostorica délia reliquia preziosissima del santissimo Prepuzio ... ristampata ed accresciuta per ordine di... Cesare Sinibaldi Gambalunga (Roma, 1802, in 8°, 37 pp.), et en dernier lieu G risar, Die angebliche Christusreliquie im mittelalterlichen Lateran (Sonderabdruck ausder Rômischen Quartalschrift, 1906).

Fie. io, — Croix d’or gemmée, dite de la Circoncision (revers). — Couteaux mentionnés par Bonincontri. — Boîte -reliquaire en ivoire. — Ampoule renfermant

du sang, et fragments de récipients et d ampoules en verre.

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800 1 ». Cette opinion, qui n'aurait en soi rien clin vraisemblable, devrait s’appuyer sur des textes*. Or nous savons, au contraire, que le reliquaire du Prépuce a été retrouvé à Charroux, en i 856 3 .

Dans l’Ordo romanus du chanoine Benoît, contemporain du pape Innocent II (n 3 o-n 43 ), il est question de la fête de l’Exaltation de la Croix, où le pape et les cardinaux portent processionnellement la relique de la Croix, les sandales du Christ et la relique de la Circoncision 4 à la basilique du Latran.

Jean Diacre qui dédia son livre au pape Alexandre III ( 1 1 5 q- 1 1 8 1 ) joint à la relique du Prépuce celle de l’Ombilic. Le même rapprochement du Prépuce et de l’Ombilic est fait dans l’ Évangile de l'Enfance 3 . Des scribes postérieurs ont corrigé le texte de Jean Diacre, car dans plusieurs manuscrits les mots preputium Circumcisionis ont été grattés ou omis 6 . Ces grattages et ces omissions s’expliquent probablement par ce fait qu’une relique de la Circoncision (Circumcisio Domini ) est déjà mentionnée dans la liste des reliques de la basilique de Latran, fournie par le même Jean Diacre. On serait assez porté à croire que cette liste fait sur ce point double emploi avec l’autre, car il y a eu, nous l’avons dit, des transports fréquents de reliques de la basilique de Latran à la chapelle Saint-Laurent. Une semblable répétition se conçoit aisément dans l’ouvrage d'un compilateur du moyen âge. Les exemples de ce genre sont nombreux. Toutefois il peut s’agir aussi de deux fragments de la relique de la Circoncision, ou même de deux reliques différentes : le Prépuce et une pierre du lieu de la Circoncision ( Circumcisio Domini), ou un fragment du couteau, comme on en trouve ailleurs. En supprimant la

1 . Barbier de Montault, Le trésor de Sainte-Croix de Poitiers avant la Révolution dans les Mémoires de la Soc. des Antiquaires de l’Ouest, 2 e série, t. IY, année 1881, p. ioi, n. i.

2 . Ghergé, Notice sur l'abbaye de Charroux dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. I er , et le Gallia christ, (t. II, col. 1277-1278) ne mentionnent point cette translation.

3 . Amédée Brouillet, Description des reliquaires trouvés dans F ancienne abbaye de Charroux, Poitiers, i 856 , in-fol.

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