Éd. C. Durand, t. Il (Cologne, 1627 ), p
2. Bibl. Vat. lat. 3536, fol. 55. Cf. Soresini, De capitibus ss. apostolorum Pétri et Pauli (Romæ, i 6 7 3), p. 69 .
3. Comment, in Lucam (Venise, 1600 ), p. a5o. Cf. Marangoni, op. cil.
reliques de la basilique Saint-Jean de Latran, ou bien a-t-on appliqué par erreur — ou même intentionnellement — à la croix d’or de la Circoncision une aventure analogue à celle de la célèbre croix de Justin II, qui fut effectivement dérobée, en 1527, par un soldat allemand du connétable de Bourbon, et rachetée cent ducats par le chapitre de Saint-Pierre*. Dans la liste des reliques due à Panvinio, publiée plus haut, il est question de deux croix d’or; de même dans celle de Bonincontri, où il est dit que l’une renferme la relique du Prépuce et l’autre le bois de la Croix. Il semble que Panvinio et Bonincontri aient utilisé deux listes, celle de Jean Diacre et celle que dut faire dresser Léon X. Dans cette dernière, on avait dû, sans avertissement suffisant, enregistrer la substitution du bois de la Croix au Prépuce dans la croix d’or : de là sera née l’erreur qui a fait supposer l’existence de deux croix d’or.
En résumé, le remplacement du Prépuce par le bois de la Croix — provenant peut-être de la croix d’émail — paraît avoir été fait sous Léon X, et c’est à cette époque aussi que, conformément à la légende, la relique du Prépuce a pu être déposée à Calcata.
En ce qui concerne la relique elle-même de la Circoncision et l’origine de la croix d’or gemmée, il convient de faire quelques rapprochements. D’abord il faut rappeler la légende de Charlemagne recevant d’un ange, à Jérusalem, la relique du Prépuce*. Cette légende est rapportée par Pierre le Mangeur, et Innocent III y fait allusion 3 ; elle est aussi rapportée dans les Otia imper ialia de Gervais de Tilbury et dans la Légende dorée \ Il est à remarquer que le
1. Ch. Bayet, Recherches pour servir à l'histoire de la peinture et de la sculpture chrétienne en Orient avant la querelle des Iconoclastes , p. 122, n. 2.
2. Gaston Paris, Histoire poétique de Charlemagne , nouv. éd. (1906), p. 67.
3. Foncemagne, Examen de la tradition historique touchant le voyage de Charlemagne à Jérusa lem , dans V Histoire de T Académie des Inscriptions et Belles-lettres , t. XXI, p. i5i et suiv. ; Pie (Mgr. Fr.-Dési ré-Kdouard), Allocution prononcée... au sujet des reliquaires de Charroux, Paris, i863, in 8°, 3i p.
4. Gerv. Tilleb. Otia imp., dans Mon. Germ. hist Scr.. XXVII, 380 ; Lcgenda aurea, éd. Graesse, p. 86 : « De carne autem Gircumcisionis Domini dicitur, quod angélus eam Garolo Magno attulit et ipse eam Àquisgrani in ecclesiam Sanctae Mariae honorifice collocavit. Garolus vero illam postea
MONUMENTS ET MÉMOIRES
moment où la relique du Prépuce apparaît, est précisément l’époque carolingienne; par exemple, à l’abbaye de Charroux. On sait du reste le zèle dont Charlemagne fit preuve, pour se procurer des reliques, tant recherchées au ix c siècle 1 .
Observons, d’autre part, que cette riche croix d’or, ornée de gemmes, a été certainement donnée par quelque grand personnage, et il semble qu’on devrait la trouver mentionnée parmi les présents de ce genre, si soigneusement énumérés dans le Liber pontificalis . 11 y a bien eu une croix d’or gemmée, donnée par Bélisaire au pape Vigile ( 537 * 555 )*, mais cette croix portait inscrites les victoires de Bélisaire, et du reste elle fut volée sous le pape Etienne V (885*89 1) 3 . Charlemagne en donna aussi une du même genre au pape Léon III (795*8 16) 4 ; c’était une croix stationnale, et elle fut dérobée sous Pascal I er (817-824). Il ne peut être question non plus de la croix stationnale d'or que le pape Léon IV ( 847 - 855 ) fit faire pour remplacer la croix de Charlemagne perdue 3 , puisque c’est au pape Pascal I" qu’est dû — nous le verrons — le coffret d’argent renfermant la croix du
fertur Carosium transtulisse ; nunc autem dicitur esse Romae in ecclesia quae dicitur Sancta Sanctorum... Undeet ea die fit statio ad Sancta Sanctorum. Sed si hoc verum, valde utique mirabile est. Cum enim caro ipsa sit de veritate liumanae naturae, credimus quod résurgente Christo rediit ad locum suum glorificatum. Aliqui dixerunt quod hoc verum sit, juxta opinionem illorum qui dicunt illud solum esse de veritate humanae naturae, quae ab Adam traducta est, et istam solum resurgere. »
1 . Cf. J. Guiraud, Questions d'histoire et d’archéologiç chrétienne (Paris, 1906), p. 235 et suiv. (Les reliques romaines au IX e siècle),