‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 16 sur 48 · Ibid., t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p

3 . Lib. pont., t. II, p. 110: « Necnon et crucem ex auro purissimo gemmis ornatam, quam Karolus, piae memoriae, imperator Francorum et Romanorum, in basilica Salvatoris domini noslri Jesu Christi, quae appellatur Constantiniana, temporibus domni Leonis sanctae recordationis tertii papae obtulerat, quae mos est ut in letaniis ante sacra tissimum ponlificem ipsa praecederet, et sic perinansit usque ad tempus sanctae recordationis domni Paschalis papae, unde diabolica suggestione alque instigatione a malisexorta est et eadem a latronibus nocte furtim ablata est, et nullus deinceps praecessorum pontificum, tam domnus Paschalis quam domnus Eugenius, sive domnus Valenlinus seu domnus Gregorius neenon et domnus Sergius recordatus fuit ut eam restau raret et ad usurn sanctae Dei ecclesiae Romanae pararet, isdem praefatus et magnifiais praesul fecit eam ex auro purissimo et mirac magnitudinis margaretis et gemmis, jacinctinis et prasinis utiliter ornavit et ad usum pristinum sanctae Dei Romanae ecclesiae mirifice paravit. »

Sancta Sandorum. Cependant Charlemagne avait donné au pape Hadrien I er (772-795) une autre croix, dont il n’est pas question dans le Liber ponlificalis . Elle se trouve mentionnée dans une lettre du Codex rarolinus, où Hadrien I er remercie Charlemagne d’une croix que celui-ci lui a envoyée. Il la placera, dit-il, dans son église où elle restera « éternellement » :

Crucem, quam nobis misistis, in sanctam nostram ccclesiam recondentes, vestra memoria in eternum in ea manebit'.

Le style de la croix d’or avec ses arcatures* de verroterie cloisonnée (appelée souvent franque par abus 3 ), ses palmettes 4 , sa bordure perlée et ses filigranes, est bien carolingien 3 . La sertissure des pierres dans les bâtes ressemble à celle de 1 ’ « amulette de Charlemagne 6 » et à celle des cabochons de la reliure du Psautier de Charles le Chauve 7 . La mention de la lettre d’Hadrien I er peut donc très bien s’y rapporter. On concevrait alors parfaitement que Pascal I er , devenu pape après la mort de Charlemagne, eût fait faire une châsse d’argent pour garder la précieuse croix d’or gemmée de la Circoncision, donnée à son prédécesseur Hadrien I er par l’empereur. II devait y attacher d’autant plus de prix que l’autre croix donnée au pape Léon III lui avait été dérobée. Si cette identification — qu’on ne peut malheureusement pas contrôler — était bonne, on s’expliquerait aussi pourquoi, dans la légende épique, on a attribué à Charlemagne la découverte de la relique de la Circoncision.

1. Mon. Germ. hist., Epist . merov. et karol. ævi, t. I, p. 6 1 1 .

2 . Une suite d’arcatures en plein cintre orne aussi la célèbre châsse de la cathédrale d’Astorga qui est de la fin du ix c siècle (Baron de Baye, Une châsse de la cathédrale d’Astorga, Paris, 1894, pl. ï) et un ivoire byzantin du ix e siècle publié par M. G. Schlumberger (. Mélanges d’archéologie byzantine , Paris, 1895, in 8°, pp. ii2ct n 4 ).

3 . É. Molinier, Hist . des arts industriels. L’ orfèvrerie , p. 17.

4 . Des palmettes se trouvent aussi sur la croix des Anges d’Oviédo et sur les couronnes deGuarrazar.

5 . Cf. le reliquaire du trésor de Conques, publié par É. Molinier, L ofrèvreric, p. 21, qui est toutefois d’un travail moins soigné. C’est par erreur que j’ai imprimé dans le Moyen âge (t. X, p. iq4) que cette croix ne paraissait pas pouvoir être postérieure au « vi® siècle » : il faut lire vm® siècle.

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