‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 3 sur 48 · Ibid., p. 62 et · texte numérisé non relu

Ibid., p. 62 et

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choses, à la suite d’un si grand nombre de restaurations et de modifications, ne présenterait rien d’assez positif, il paraît néanmoins incontestable que l’origine première des fresques de cette chapelle palatine — j’allais dire de cette Chapelle Sixtine — des papes du moyen âge, remonte à la fin du xm 1 siècle, à l'époque où lecole de Cavallini était florissante à Rome, un peu avant la venue de Giotto.

Ce qui a été le plus restauré est assurément la suite des personnages figurés dans les arcatures : ceux des parois de l’Est et de l’Ouest (les papes) semblent toutefois n’avoir subi que des retouches de détail. Marangoni avait déjà très justement soupçonné que l’attribution de toutes ces peintures à Girolamo Nanni, peintre contemporain de Sixte-Quint, qui travailla dans la chapelle, était inadmissible, mais il estimait qu'on lui devait probablement les « trirègnes » coiffant les papes saint Sylvestre et saint Grégoire.

Il faut enfin rappeler les restaurations dues à Raffaele Cavasetto, de Bologne, en 1672, et à Giuseppe Monlano. de Pesaro, en 1704, dont les noms sont gravés sur le tailloir du chapiteau de la colonne d’angle, près de l’entrée de la chapelle (fig. 3 ), et aussi celles qui ont été exécutées en 1600 et en 1625, par des artistes inconnus 1 .

L’abside a une voûte d'arête décorée de mosaïques, où sont représentés, au centre, le médaillon du Christ de grandes dimensions, environné d’anges, et autour, dans des lunettes, des lampes ou gabalæ et les bustes des apôtres Pierre et Paul séparés par une croix, entre ceux de sainte Agnès et de saint Laurent (sur le mur du fond), et les bustes de saint Nicolas et de saint Etienne, aux deux extrémités, sur les petits côtés du rectangle de la voûte. De Rossi en a publié un dessin colorié, avec un commentaire excellent, auquel il suffit de renvoyer 2 . Le médaillon central est peut-être un peu antérieur à ceux du pourtour ; mais il remonte néanmoins comme ceux-ci, au xm e siècle. »

Icône achiropoèie. — Sur la paroi du fond du sanctuaire est fixée, dans un châssis de fer forgé scellé à la muraille, avec portes gril-

1. Marangoni, Istoria de II' antichissimo oratorio Sancta Sanctorum, p. 32 - 33 .

2. Musaici cristiani ...delle chiese di Iioma (Rome, 1899), pl. \XI.

lagées pouvant se fermer, la célèbre image « achiropoète » du Christ (pl. V), que le pape Etienne II (752-767) porta lui-mème, pieds nus, jusqua Sainte-Marie-Majeure, pour conjurer l'invasion des Lombards, lorsqu’Aistulf menaçait Rome 1 . Léon IV (847-85 1) amena processionnellement la même image à Saint- Adrien, afin de chasser un terrible serpent qui ravageait le centre de la Ville 2 .

Cette icône, qui n’est pas la pièce la moins curieuse du trésor ni la plus accessible, est tout entière couverte d’ornements. En bas est l’inscription en relief : ^ Innocen[tivs]. im\ 111. hocopvs fiehi fecit. Les ornements consistent en un revêtement continu de lames d’argent décorées au repoussé de rosaces, de fleurs, d’étoiles, de cercles, d’entrelacs et de compartiments avec ligures diverses. Seul le visage du Christ est visible.

Lors du transport de cette image en la basilique de Latran, à l’occasion du jubilé de 1900, il m’a été possible de l’examiner de près dans la chapelle Corsini. En soulevant un peu, sur le coté, la plaque de métal qui la cache, j’ai rencontré une planche de bois recouverte d’un canevas grossier sur lequel un enduit était étendu pour recevoir la peinture. Les traits de la figure ont été peints en noir, d’une main très inhabile, sur un tissu fin (soie?) gris rosé, collé par-dessus l’enduit en question. L’image primitive, en supposant qu’il en reste trace, est donc tout à fait cachée. Il en est ainsi au moins depuis Alexandre III (1169-1 183), d’après Gervais de Tilbury 3 ; toutefois le dessin du visage, tel qu’il est actuellement, a dû être refait ou fortement retouché au xvi° siècle. Il semble même, à regarder de

1 . Liber pontificalis , éd. L. Duchesne, t. I, p. 442 - 443 . — Le même rite fut encore suivi en i 4 yo, sous Paul II, par crainte des Turcs.

2 . Ibid., t. II, p. i io. Un dais moderne en bois, recouvert de métal décoré au repoussé, et orné de guirlandes et d’amours, surmonte l’image. En 1024, un certain Caradosso de Foppa, de Milan, en avait commencé un autre qui fut volé lors du sac de Rome ; Archives du Sancla Sandoruni (Archivio di Stato, de Rome), Arm. III, L. XI, fol. 75 verso, 76 et 79 verso.

3 . Otia imperialia } Dccis. III, c. 20 : « Est et alia dominici vultus effigies in tabula eque impressa in oratorio sancti Laurencii in palatio Lateranensi. Quam sancte memoric nostri tempons PP. Alexander III multiplie! panno serico operuit, eo quod attendus intuentibus tremorem cum mords periculo inferret. » Partie inédite de Gervais de Tilbury. Vôy. Marangoni, p. 88 et suiv. ; Bibl. nat., ms. lat. 6703, fol'. 139 verso.

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près la photographie, qu’il y ait deux dessins superposés qui ne correspondent pas pour les détails.

L’icône entière, mesurant i ra ,48 de haut sur o m ,74 de large, représentait certainement le Christ en pied, comme le triptyque de l’église de Trévignano (au diocèse de Sutri). Au bas du revêtement, sous une tête de Christ surmontée par des ornements en forme de couronne, est une petite porte métallique, à deux battants sur lesquels sont gravées les scènes suivantes : à gauche, sur un autel, l’image du Christ vénérée par quatre personnages agenouillés, tenant des cierges; au-dessous, un évêque célébrant ; à droite l'Ascension, et, au-dessous, la consécration de l’agneau. Lorsqu’on ouvre cette porte, on se trouve en présence d'une plaque d’argent, percée de petits trous et usée par la pratique du « Lavement des pieds 1 ».

Sur le pourtour du revêtement d'argent, dans de petits encadrements, sont les figures suivantes, du 'début du xin r siècle, au repoussé : les symboles des quatre évangélistes, la Vierge, saint Étienne, saint Laurent et divers apôtres, dont saint Pierre et saint Paul, les saintes Agnès et Praxède, un ange ; en bas, dans des losanges, sainte Hélène, saint Paul, saint Jean-Baptiste, la Vierge, saint Michel Archange, saint Pierre, saint Laurent, sainte Praxède, un évêque ou un pape en prière.

Le cadre rectangulaire à ouverture octogonale, décoré de têtes d’enfants, qui entoure la sainte face, remonte tout au plus au xvi e siècle. Il en est de même de la tête de chérubin ailée, placée au-dessous, aux ailes de laquelle sont suspendues de petites plaques d’or cordiformes, portant gravés les noms de divers gardiens de la « Compagnie du Saint-Sauveur au Latran » en 1620. i 65 oet 1672*.

Un rubis très gros et une croix d’or, ornée de perles et de cinq rubis, sont attachés au milieu de l'image, avec les noms gravés des quatre gardiens de la Compagnie, donateurs du rubis, en 1672.

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