Marangoni, p. nget
2 . Sur cette confrérie, vov. Marangoni, p. 286, et Statuti délia venerabile compagnia délia sacratiasima imagine del S mo Salvatorc ad Sancta Sanetorum di Roma y Roma, 1608, in-/|°.
Dans cette même partie centrale, limitée sur les côtés par deux pilastres de style ionique, sont trois plaques rondes en argent à fond émaillé bleu, avec des scènes : le Christ en croix entre les deux larrons, la Nativité, et sur celle du milieu, au-dessous, le couronnement de la Vierge. Ces plaques ne sont pas antérieures au xvi° siècle. Un peu plus bas, est un médaillon, avec l’agneau nimbé qui tient la bannière.
Les volets à charnières, servant à protéger l’image, sont ornés de plaques d’argent, divisées en compartiments superposés. Ces compartiments, au repoussé, sont couronnés chacun d’une arcature en plein cintre, avec redans formant remplage à l’intérieur. Dans les deux arcatures du haut, la Vierge et l’Ange se faisant pendant figurent l’Annonciation; au-dessous, à gauche, saint Jean, avec l’agneau nimbé, tenant la bannière, à droite, saint Jacques le Majeur s’appuyant sur un bâton. Au-dessous encore, à gauche, saint Pierre devant lequel est agenouillé le donateur, sous ses armoiries, et l’inscription du xv c siècle ; [Ho]c. opus. fecit. fieri. D. Jacobi. Teo[li] — ; à droite, saint Paul tenant un livre. Enfin, dans les deux arcatures du bas, d’un côté, saint Antoine, et, de l’autre, saint Laurent tenant le gril. Ces volets sont postérieurs aux lames d’argent d’innocent III. Le nom de Giacomo Teolo di Vetralla se retrouve dans un ancien catalogue des membres de la « Compagnie du Saint-Sauveur au Latran », gardienne de l’icône, et son testament (daté du 16 mai i4o5), dans lequel il fait un legs pour orner les volets de licône, a été retrouvé par Adinolfi 1 .
Au sujet de l'origine de cette image, on a émis bien des hypothèses. En dernier lieu, M. de Mély a appelé l’attention sur un passage du chroniqueur grec Georges l’Hamartole (vers 84o), relatant le transport
1. Adinolfi, RomanelV etàdimezzo, t. I(Roma, 1881), p. 234-5. Pour la description détaillée des ornements de cette image, ainsi que pour les légendes relativement modernes qui s’y rattachent, cf. Marangoni, p. 92 et suiv. Voy. aussi à 1’ « Àrchivio di Stato » de Rome, dans le fonds constitué par les anciennes archives du Sancta Sanctorum , l’Arm. I, m. 1 , n os 5 et 6 (Gioie che stanno alF imagine del Salvatore di Sancta Sanctorum). Plusieurs pierres précieuses sont aujourd’hui remplacées par de la verroterie.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
miraculeux, bien connu, de la célèbre icône de la Porte d’Airain de 'Constantinople: sauvée lors du mouvement iconoclaste (après7 19) par le patriarche Germanos et confiée par lui à la mer, l image vint aborder auprès du Souverain Pontife. Celui-ci (Grégoire II) l’aurait recueillie et placée, selon le même auteur, dans sa Grande Eglise (!v tti geyà/qi
Fig 5. — Autel du Sancta Sanctorum , avant son ouverture.
c’est-à-dire, semble-t-il, dans la basilique de Latran 1 . L’identification avec l’icône du Latran est donc possible. J’avais, quelque temps auparavant, montré à la Société des Antiquaires de France la
1 . F. de Mély, V image du Christ du Sancta Sanctorum et tes reliques chrétiennes apportées par les Jlots {Mémoires de la Société des Antiquaires de France , t. LX 11 I, p. 1 1 3 - 1 44 )- Voy . aussi Benedetto Millino, Dell f oratorio diS. Lorenzo nel Laterano, hoggi detto Sancta Sanctorum (Roma, 1666, in-8°), p. 73 et suiv. ; De sacra imagine SS. Salvatoris in Palatio Lateranensi tractatus Nicolai Maniacutii (Romæ, 1709, pel. in- 4 °); V. Giannini, Notizie istoriche... délia ven. antichissima immagine del SS lU0 Salvatore... di Sancta Sanctorum (Roma, 1798, in- 4 °, et 1824, in-8°); P. Mencacci, Alcune memorie sull' imagine acheropita del santissimo Salvatore di Sancta Sanctorum in Roma (Roma, 1887, i n -8°). — Toutes les gravures de cette image ont été mal exécutées. La moins mauvaise a été publiée récemment par Mgr A. de Waal, Roma sacra (Munich, 1905-6), p. 321 - 2 .
LE TRÉSOR pü SANCTA SANCTORUM
première photographie qui eût été faite de cette icône 1 . Je l’avais prise en 1900 et je la publie ici: les souvenirs historiques s’y rattachant en font un monument des plus dignes d’attention. C’est probablement une épave de Byzance, échouée à Rome au vin* siècle. Elle est mentionnée, au xn e , parmi les reliques conservées au trésor du Sancta Sandomm.
Autel. — Ayant ainsi fini d’examiner les murs intérieurs de la chapelle, il convient de passer à l’autel lui-même (fig. 5).
Cet autel, environné d’ornements architecturaux de bois, qui lui donnent l’aspect d’un monument du xviii* siècle, est en réalité une construction médiévale de marbre, de i m ,3o de hauteur et 1 “*,77 de largeur. Sur sa face antérieure, entre deux pilastres, ornés chacun d’une gerbe de feuillage avec des fleurs ressemblant à des gueule de g ' ~ ÇZ ~ 77". 7.11
loups et des oiseaux en F|C G Porlc de bronie de ,. aute | du Sancta Sanctorum
i* a , a (début du xm e siècle).
relief, s ouvre une porte
de bronze, à deux vantaux, de 1 mètre de hauteur sur i m ,5o environ de largeur. Cette face est environnée d’une solide grille de fer forgé scellée, faisant retour sur les côtés, avec une porte à deux battants (au-dessus de celle de bronze), fermée par une grosse barre de fer transversale et de forts cadenas cylindriques, à dents pénétrantes.
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1 . Bulletin de la Société des Antiquaires de France, année 1903, p. 239.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
Devant l’autel est une marche très usée, en mosaïque polychrome, à grands dessins géométriques carrés et ronds, comme le reste du pavement de la chapelle.
Sur les vantaux de bronze, que ferme un verrou relié à une serrure (fig. 6), sont de très petits médaillons, en relief, des têtes des apôtres Pierre et Paul, vus de trois quarts, avec les inscriptions en capitales*: 8 I PE I TRVS et 8 I PAV | LVS. Sous le médaillon de saint Pierre, placé à droite, est l'inscription en capitales romaines : ^ HOC- QPVS-FECIT | FIERI DOMINVS INNOCEN | TIVS PAPA-TERTIVS.
Sous le médaillon de saint Paul, en caractères semi-gothiques du xiii 0 siècle : * nicolavs papa-iii"® | hanc basilica[m]-a fvn | damentis reno-
VA | VIT-ET-ALTARE FIERI | FECIT-IPSVMQVE CVM EADEM BA | SILICA CONSECRAVIT.
Anciens catalogues.
Cette porte de bronze, derrière les barreaux de fer, n'avait plus été ouverte après Léon X, et tous les archéologues qui se sont occupés du Latran, depuis Panvinio jusqu'à Marangoni et de Rossi, ont ignoré ce quelles abritaient. Léon X s était borné, semble-t-il 2 , à faire dresser un catalogue des reliques. Pour avoir plus de détails sur les reliquaires, — et encore bien peu — il fallait recourir à une description du Latran au xu e siècle, œuvre d’un certain Johannes Diaconus qui s’exprime ainsi sur la chapelle :
XIV. De ecclesia Sancti Laurentii in palatio. In sacro namque palatio est quoddam Sancti Laurentii oratorium, in quo tria sanctissima computantur altaria. Primum in area cyprcssina, quam Léo papa III condidit, très capsæ sunt. In una esterux deauro purissimo adornata gemmis et lapidibus pretiosis, id est hyacintis et smaragdis et prasinis. In media cruce est umbilicus et preputium Circumcisionis Domini nostri Jesu Christi 3 : et desuper est inuncta balsamo, et singulis a’nnis eadem unctio rénova tur, quando dominus papa cum cardinalibus facit processionem, in Exaltatione
1 . La gravure de Marangoni (op. cit. , p. 37 ) est très inexacte.