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Ce passage se trouve commenté dans l’Homélie LXXVII de saint Jean Chrysostôme.
Sur les côtés du coffret est un encadrement de petits cercles, avec des lignes courbes parallèles se croisant à l’intérieur et des points creux semés tout autour.
Le type des personnages, lecriture des légendes, les couleurs, la forme du pallium, orné en bas de petits traits et de points, se rapprochent beaucoup plus des peintures du Ménologe grec du Vatican (God. gr. Vat. 1 6 1 3 *, x c ou xi c siècle) que de celles du saint Grégoire de Nazianze (grec 5io) de la Bibliothèque nationale 2 (ix° siècle).
La boîte rappelle, par sa forme, le célèbre reliquaire de la Croix, donné par sainte Radegonde à Sainte-Croix de Poitiers, et aussi le reliquaire byzantin de la Vraie Croix du trésor de l’abbaye de Nonantola, publié par M. G. Schlumberger 3 .
Notre coffret, de provenance byzantine aussi, est probablement du x° ou du xi' siècle ; mais il a été retouché, semble-t-il, à une époque postérieure.
La Crucifixion, à tendance « tragique » \ qui est représentée sur le couvercle, est d’une époque tardive : le Christ, avec la tête inclinée et le nimbe doré crucifère cachant le titulus, est très musclé et vêtu seulement du pannus. De son flanc droit percé jaillit le sang. Le crâne du Golgotha est devenu une tête humaine. La Vierge courbée embrasse les pieds du Christ, qui reposent sur un suppedaneum. Saint Jean, penché vers la droite, élève la main ; son visage exprime la douleur. Dans le haut, le soleil et la lune sont devenus deux disques entourés, comme les nimbes, d’un pointillé en creux. Cette Crucifixion paraît bien dater du xm c siècle ou même du début du xiv c . Les scènes de l’intérieur de la boîte ont été peintes ou refaites un peu antérieurement.
Boîte de bois à couvercle peint (pl. XIV, 2 ). — Cette boîte en bois tendre, recouverte d’une couche de peinture, mesure o m ,o35 de haut
I. Menologium Græcorum , ed. Urbin. 1727, 3 vol. in-fol. Voyez notamment le tome II, p. 24 et 62.
2 Voy. H. Omont, Fac-similés des miniatures des plus anciens manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale (P aris, 1902), pl. XX-XXIII. Il faut spécialement rapprocher les saints figurés sur la planche XXVII du saint Jean Chrysostôme.
3 . L'épopée byzantine à la fin du x e siècle , t. II, p. 81.
4 . W. de Grüneisen, La piccola icona bizantina del museo russo Alessandro lll a Pietroburgo c le prime tendenze deltragico ncll’ iconografia délia Crocifissionc (Jlassegna d'arle, 1904, fasc. 9).
MONUMENTS ET MÉMOIRES
et o m ,237 de long sur o m ,i8 de large. Elle est pleine d’une pâte de sable jaune durci, dans laquelle sont encastrés des morceaux d’étolfe, de bois et de pierre (grès et silex).
Un amalgame du même genre se retrouve dans un reliquaire d’origine carolingienne, conservé à Saint-Jean de Latran, au sujet duquel j’aurai à revenir ailleurs. Sur ces pierres et ces fragments, ont été tracées des inscriptions grecques, en onciale du 1 x 1 siècle, aujourd’hui très effacées et presque illisibles. Un fragment de bois porte l’inscription : + ah’bhoaeem. Sur une pierre on lit: + An ciflN. Sur une autre, on ne distingue que des mots indéchiffrables : att’îkioc noio... ! AN mia. I C€nc... (?). Sur une troisième : + Ano TENOC eaketai. .. (?)
Le couvercle peint, dont les côtés présentent deux glissières taillées en biseau, a une épaisseur de o ,n ,i5. Le dessus est orné d’un encadrement brun roux, au milieu duquel se détache, partant d’un monticule vert, une croix simple de même couleur, traversée par une croix de saint André plus grêle, et d’un ton plus clair. Ces deux croix se profilent sur un fond noirâtre, en forme d’amande. En haut est écrit en noir sur gris : [IHC0]C X[PICT0]C, et en bas : A Cl.
Au revers, dans un creux entouré d’une bordure de couleur orange, est une peinture très noircie, sur fond d’or, divisée en trois registres superposés (pi. XIV, 2 ).
Le registre inférieur est partagé en deux compartiments. Dans celui de gauche est représentée, selon les données des Evangiles apocryphes, la Nativité dans la grotte de Bethléem : saint Joseph y est nimbé. Dans celui de droite, le Baptême du Christ, où saint Jean, debout sur la rive, se baisse pour baptiser Jésus dans le Jourdain, tandis que des anges apportent des vêtements. La main symbolique et la colombe dominent la scène.
Le registre central est tout entier occupé par un Christ nimbé, entre les deux larrons sur des croix excessivement grêles. Le mauvais larron détourne la tête, tandis que le bon regarde le Christ. Dans le fond se profilent deux collines noirâtres. Au sommet de la croix, dressée et calée sur un monticule ou Golgotha sans crâne, est fixé
le « titulus ». Tandis que les deux larrons n’ont que le pannus, le Christ est vêtu d une longue tunique sans manches (colobium), noire ou violet foncé, avec deux claves jaunes tombant verticalement des épaules, assez semblable à celle du Christ en croix des fresques de Santa Maria Antiqua 1 . D’un côté Longin le frappe de la lance, de l’autre Stéphaton lui tend le roseau avec l’éponge imbibée de vinaigre. La Vierge et saint Jean sont aussi représentés, à leur place traditionnelle. Le style de cette Crucifixion offre une grande analogie avec celui des miniatures du manuscrit grec 5io de la Bibliothèque nationale *.
Le registre supérieur est partagé, comme l’inférieur, en deux compartiments. A gauche, les saintes femmes au Tombeau. Adroite, l’Ascension: le Christ est figuré assis et bénissant/environné d’une gloire que soutiennent quatre anges, au-dessus de la Vierge, en orante, et des apôtres divisés en deux groupes.
Dans la scène de la Crucifixion, la terre est d’une teinte verte. La Vierge est vêtue du costume traditionnel bleu foncé avec liséré et petits ornements blancs. Les autres personnages portent des vêtements jaunes, blancs, bistres et rouge clair. Les nimbes dorés et très développés sont entourés de cercles rouges. Dans le registre supérieur, à gauche, un pin parasol, sur un rocher, domine le Saint-Sépulcre, curieusement figuré par une sorte de tente que surmonte un dôme.
Tous ces sujets sont entourés d’une ligne de contour noire.
On peut dater ces peintures du x e siècle.
Boîte de bois à compartiments . — Cette boîte en bois de cèdre poli, de o'",oi5 d’épaisseur, mesure o m ,24 de long sur o ,n .i35 de large. Les parois sont ajustées, aux angles, à tenons et à mortaises. Elle est divisée, intérieurement, en trois compartiments par deux planches transversales.