‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 35 sur 48 · Cox, op. cit. , pl. I, n° i3 (vn c s · texte numérisé non relu

Cox, op. cit. , pl. I, n° i3 (vn c s

Blanchet, Collection , p. 33.

3. Francisque Michel, Recherches sur le commerce.. . des étoffes de soie pendant le moyen âge (Paris, i85‘j), p. 3 \ (d'après Y Historia episcoporum Autissiodorensium).

tressé, avec un pied, d'où elle lire la laine pour filer et « lisser la pourpre », quelle rejette dans un autre panier placé sur un socle. Elle fait un geste de surprise et de crainte. C'est la scène décrite par les Evangiles apocryphes, le Protévangile de saint Jacques et l'Evangile de la Nativité*. En face d’elle, s’avance un ange de haute taille, vêtu d une tunique lalaire, par-dessus laquelle il porte la toge blanche, avec deux pièces foncées aux genoux. Ses cheveux sont couronnés de la bandelette traditionnelle. Il avance la main droite, faisant le geste de parler; dans sa gauche, il tient un sceptre, passé entre l’index et le médius. Les ailes, attachées à ses épaules, sont très développées.

La Vierge est vêtue d’une robe violet pourpre, bordée dans le bas d'un double filet blanc, rappelant un peu le costume de forante, figurée sur les mosaïques. Son nimbe est jaune d'or, tandis que celui de l’Ange est de couleur écrue. Les traits du visage sont dessinés en violet foncé. Les têtes, vues de trois quarts, se ressemblent : les veux très grands sont faits d'un cercle avec une masse noire au milieu et surmontés de sourcils fortement arqués ; le nez est figuré de profil, avec un pavillon très développé; la bouche esta peine indiquée.

L'encadrement du médaillon, d’un goût parfait, est formé d'un rang de feuillage rouge et jaune d’or, entre deux galons étroits décorés de petites perles espacées. x\ leur point de tangence, les encadrements des médaillons voisins s’enlacent gracieusement. Dans les interstices, sont des fleurs de teinte écrue. ayant l'aspect général de la fleur de lys, mais avec une tige très fine, et des pétales ornés de dentelures, séparés par d’autres plus petits ainsi que par des cœurs minuscules au bout de longues tiges, rappelant les pistils.

Tissu de soie avec scène de la Nativité (pl. XV111, 5). — Ce tissu

1 . Evawjelui ajtocrypho, éd. Tischendorf (Leipzig, 1876), p. 22 et 70-71.

est identique au précédent, au point de vue de l'ornementation générale et des détails. Les fleurs de l’encadrement du médaillon sont rouges et jaunes sur fond de couleur écrue. La scène de la Nativité est traitée d une manière fort jolie sur fond pourpre, toujours d’après les données des Evangiles apocryphes. Elle se passe dans la grotte ( spelnnca ) dont on aperçoit les rochers en haut et en bas. L'àne et le bœuf adorent l’enfant. Au-dessus d'eux est l’étoile, ligurée par une fleur. La Vierge est vêtue de bleu, exactement comme dans la scène de l’Annonciation. Les figures sont traitées de la même façon que dans cette dernière, par des traits violacés, tandis que le reste du dessin est en écru. Les veux arrondis sont de dimensions exagérées. Le nez est indiqué par un seul trait vertical, et le pavillon est aplati ; la bouche est très petite.

Ces deux tissus offrent, l'un et l'autre, des scènes semblables à celles qui étaient figurées sur les tentures et parements donnés aux églises de Rome par les papes, dans la seconde moitié du vui c siècle et la première moitié du ix e , depuis le pape Zacharie ( 741 ) jusqu'au pape Nicolas I er (f 867). En effet, M. Beissel, dans un très curieux article de statistique, a compté, parmi les scènes des tissus énumérés dans le Liber pontijiealis, six Annonciations et dix-neuf Nativités*. Jusqu’à présent, nous ne pouvions nous faire aucune idée exacte du style des scènes ornant ces étoffes. Les fragments retrouvés présentent donc un intérêt de tout premier ordre, puisqu’ils fournissent des exemples contemporains et authentiques de décorations, que nous connaissions seulement par de simples mentions.

Tissu de soie, orné de coqs nimbés (pl. XVII). — Ce fragment mesure o ,n ,745 de large sur o"‘,355 de haut. C’est une soie admirablement conservée, dans le genre des lancés-croisés ou damas actuels, mais

1 . St. Beissel, Gesticlde and yewebte Vorhüruje der rômischcn Kirchen in der zweiten Ilülfte des VIII. and in der ersten Ilülfte des IX. Jahrhunderts ( Zeitschrift far christlichc Kunst, année 1894, col. 3G7). Cf. Muratori, Antujuitates italicæ medii ivvi, t. Il, col. 4 oo ( Dissertatio XXV); Francisque Michel, Recherches sar le commerce... des étoffés de soie , p. 21 et suiv.

MONUMENTS ET MÉMOIRES

la différence dans les procédés do fabrication enlève toute espèce de valeur aux termes modernes, que nous pouvons employer pour désigner ces tissus.

Sur un fond jaune écru, dont la chaîne est en diagonale, se détache. au milieu d'un cercle, un coq nimbé. Ce motif se répète, semblable comme dessin mais avec quelques différences de teintes, sur une zone horizontale. Les médaillons sont indépendants les uns des autres et, au milieu de chaque espace libre compris entre deux d'une zone supérieure et deux dune zone inférieure, est une rosace cruciforme de feuillage, entourée d’un ruban sinueux interrompu par des rosaces plus petites. Dans tout l’ensemble règne la meme tonalité, où le rouge et le bleu dominent.

Le cercle de chaque médaillon consiste en une suite de cœurs rouges et bleus, inscrits entre deux lignes de bordure rouge, dont l'une — à l'extérieur — agrémentée d'un dessin en spirale. Le coq stylisé est très artistement conçu. Il porte un nimbe rouge, entouré d’un pointillé bleu et jaune. Le dessin en est haché comme celui d'un canevas. Les contours sont en rouge, bleu, écru, jaune et lilas. Le corps est rouge avec des plumes de teintes variées (écru. blanc et lilas) et mouchetées. La tète, les pattes et quelques plumes de la queue sont bleues. Au-dessous de l’œil est une tache écrue.

D’un côté de ce morceau de soie, sur la lisière, est une bordure rouge qui semble bien être le commencement de la pièce.

Le style de ces médaillons, ornés de cœurs, rappelle de loin celui des médaillons de tapisserie copte. Ils en sont vraisemblablement dérivés 1 . L origine et la signification du coq nimbé est plus difficile à expliquer. Cet oiseau n'a d’autre particularité, chez les chrétiens, que celle de rappeler l’anecdote de saint Pierre 2 . Chez les mahométans, il est question dans le Livre de l’Ascension de Mahomet, d’un coq géant, debout sur la terre et dont la tête est au ciel, sous les

1. Cf. IJlanchet, Collection, pl. YI (tissu copte); Cox, L'art tic décorer les étoffes, pl. XVII (tapisserie de Saint-Céréon de Cologne, xï’ s.).

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