Cahier, Caractéristiques des saints, t. L, p
pieds d’Allah*. Il semble que le coq soit ici un simple élément traditionnel dé décoration grecque, le symbole du soleil levant 2 .
Au sujet de la date, on peut dire seulement que ce tissu est de peu postérieur au vi e ou au vn c siècle, époque que M. Cox assigne à la fabrication des plus anciens tissus de soie connus 3 . II pourrait avoir fait partie des présents envoyés par Michel, fils de l’empereur Théophile, au pape Benoît III, vers le milieu du ix e siècle 4 .
Tissu de soie, orné de lions affrontés (pl. XVI). — Il existe deux fragments de ce tissu qui, quoique lampas, rappelle beaucoup les lancés-croisés ou damas à deux tons. Ces fragments, hauts de o m ,53 et larges de o m ,36, sont réunis par un galon de soie à tresse écrue, orné de losanges bleus, rouges et dorés. La pièce ainsi formée mesure o m ,75 xo m ,6o. Tout autour, le long des côtés, sont différents galons: l’un de lin brodé, avec un dessin géométrique rouge; bleu et blanc, composé de losanges et d’hexagones enchevêtrés ; un autre de soie, plus petit, vert, broché d’or et de soie écrue; un troisième, de soie écrue, à trame rouge, orné de losanges avec, de loin en loin, un damier bleu, rose et marron ; enfin, en bas, un galon de lin à damier or, rouge et bleu (velours), avec de petites croix blanches et un filet rouge, à points blancs, en bordure.
Ces galons enserrent les deux morceaux de soie, à fond violet lilas, avec des zones horizontales de médaillons ovales verts (de o m ,25 sur o m ,i6 environ), placés les uns à côté des autres 5 . Au milieu de chaque médaillon, sont deux lions affrontés 6 , à crinière stylisée en
1. Yoy. Bibl. nat., suppl. turc 190, fol. 11 (ms. du xv c s., exécuté à Hérat).
2 . M me Errera ( Collection d'anciennes étoffes, p. 10, n° 16) a publié une étoffe du xiit e siècle, avec des coqs affrontés, en rappelant que le coq est un symbole du soleil d’après le comte Goblet d’Alviella (Migrations des symboles, Paris, 1891, p. 76).
3 . Cox, L'art de décorer les tissus, p. vi, et Essai de classement des tissus coptes dans la Revue de l'art ancien et moderne, t. XIX, p. 43 1.
4 . Francisque Michel, Recherches sur le commerce des étoffes de soie, p. 64 .
o. Cf. une étoffe du vm c -ix* s., publiée par J. von Lessing, Kônigliche Museen Berlin..., t. II, cote K. 6.762.
6. Comme autre exemple d’animaux affrontés on peut citer le tissu à griffons et lions affrontés Tomb XV. 45
HO
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zigzag 1 , de style égyptien. Leurs quatre pattes posent par terre et se terminent par trois griffes très longues, après la protubérance du talon, tout à fait irréelle et piquée comme d’un trou. Des lions figurés sur un tissu du Mans présentent cette même particularité 2 . Ces animaux ont des yeux très gros, fendus en amande et de couleur écrue ; leur gueule entr ouverte laisse apercevoir deux dents de la mâchoire inférieure. Leur queue en spirale est relevée en arrière, et, sur leurs corps, sont tracées en clair les trois lettres grecques OIO et oxo. sigles dont la signification nous échappe jusqu a présent. La tète et les pieds sont violets, le corps rougè. Au-dessous des deux lions, est un ornement en forme d’ancre, qui est peut-être un dérivé du homa ou du pyrèe persan 3 .
Les encadrements des médaillons varient d’une zone horizontale à l'autre. Sur l’une, ils sont verts avec des pois écrus ; sur l’autre, écrus avec des pois verts et rouges 4 . Entre ces zones sont intercalés des fleurons cruciformes, à tiges écrues avec quatre clochettes rouges et vertes. L’axe de chaque fleuron passe par les points de tangence des médaillons, qui sont placés au-dessus et audessous.
Cette étoffe, comme la précédente, a gardé des traces d’influences coptes, persanes et byzantines. Elle remonte à la même époque (vn e -ix c siècle), pendant laquelle l’industrie du tissage semble avoir peu varié.
publié par J. von Lessing, op. cit., t. II, KGM ? 78 . 65 o, KGM’ 84.3o4 ; voy. aussi Cahier et Martin, Mélanges d'archéologie, t. II, pl. \I-XIV (canards, paons, dragons) et surtout, t. III, p. 123 (lions stylisés et affrontés d’un tissu du Mans).
1. Comme celle des lions d’un tissu publié par J. von Lessing, op. cit., t. III, tissu coté KGM ’97-i39-
2. Cahier et Martin, Mélanges d'archéologie, t. III, p. 123 et suiv. ; Noue, mélanges, t. I, p. 198 et 209 .
3. Un signe du même genre se trouve sur une étoffe orientale du vi c -vm c s., conservée à Saint- Servais de Maastricht, publiée par J. v. Lessing, op. cit., t. III, cotes KGM. AKG’ 87 . 19 . Cf. aussi le tissu du vm e -ix® s. cité plus haut (ibid., t. II, cote K. 6 . 762 ).
4. Cf. l’encadrement de pois d’un tissu provenant de la châsse de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle. Cahier et Martin, Mél. d’archéol., t. II, p. io3, pi. IX; Viollet-le-Duc, Dict. du mobilier, t. III, pl. V, p. 36o ; J. v. Lessing, op. cit., t. V, cote KGM’ g3.323. Pour la forme elliptique du médaillon, voy. Cox, L'art de décorer les tissus, pl. XYII (tapisserie de Saint-Géréon de Cologne, xi* s.).
Tissu de soie, orné d’un oiseau stylisé (fig. 18). — Ce tissu de Iampas, à fond en diagonale, est en très mauvais état, et c’est à grand’peine que les divers fragments ont pu en être rapprochés de manière à reconstituer le dessin. Sur un fond jaune d’or se détachent des médaillons, ornés chacun d’un gros oiseau à plumage stylisé, vu de profil. L’encadrement du médaillon est noir, avec de gros pois jaune clair*. A leurs points de tangence, les médaillons sont réunis par un motif rond, en forme de grelot, entouré d’un cercle noir décoré de perles jaunes.
Les oiseaux représentés sur les tissus ne sont pas rares 2 . Toutefois celui-ci est très particulier. Sa silhouette est dessinée en noir, avec un filet blanc. Sa tête, petite et aplatie, sans aigrette ni crête, et son long cou sont rouges. Il tient dans son bec, fin et légèrement recourbé, de couleur jaune, un entrelac terminé par des feuilles, par de petites baies et des grappes, qui garnit la partie supérieure du médaillon. Ses plumes sont stylisées en dentelure, en spirale et en perlé, où le rouge et le jaune dominent. Il a des éperons très développés. La partie basse de ses ailes est ornée d’étages de raies horizontales, alternativement noires, jaunes et rouges, qui rappellent le plumage du faisan, mais sa queue est courte et décorée d’yeux. Le haut de ses ailes est orné d’un cartouche rond avec une rosace, au centre, entourée d’une rangée de perles rouges. Ce cartouche est séparé du reste de l’aile par un cercle noir et blanc, à pois blancs.
Les pattes rouges et jaunes reposent sur un petit socle noir, garni de pois jaunes.
Cet oiseau, dépourvu de crête, à queue étagée, paraît de prime abord appartenir au genre des faisans, oiseaux originaires du Phase, fleuve de Colchide, dont il existe des espèces variées ; mais il n’a pas de queue pendante et il se rapproche du paon par la petitesse
1. Cf. des encadrements à pois du même genre dans Blanchet, Collection , pl. XIX et XX.
2. Cf. J. v. Lessing, Kônigliche Museen Berlin..., t. II, cote AKG’ 01.12 (deux paons ou aigles affrontés) ; Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 36o, pl. VI (chasuble de Saint-Semin de Toulouse, avec paons affrontés et inscription koufique) ; Blanchet, Collection, pl. XVII (paons affrontés sur la robe de soie de sainte Richarde).
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de sa tête, la longueur de son cou et la hauteur de son dos. Cette dernière particularité le ferait aussi comparer à la pintade ou au dindon. Les dessins du plumage et la coloration du cou font plutôt penser à l’Argus de Gray; cependant les éperons nous imposent le type éperonnier. C’est à l’éperonnier de Germain ( Polyplectron Germaini). au plumage très ample, dilatable, et constellé de grands yeux bleu-vert, qu’il ressemble le plus*. Le prototype de cet oiseau stylisé, enrichi sans doute d’éléments pris de divers côtés, est donc un phasiané d’Asie 2 .
Dans les espaces Iosangés, compris entre les médaillons, sont des vases stylisés à pieds et à volutes, remplis de palmettes persanes.
L’origine de cette étoffe est évidemment orientale. La bordure de gros pois présente une analogie, trop frappante pour être fortuite, avec le fameux tissu Ito du Temple Horiushi à Nara (Japon), donné par le mikado Koka sur l’héritage du mikado Shomu (mort en 7Ôo) et publié par M. Strzygowski etM. J. von Lessing 3 . Ce rapprochement est des plus intéressants. Les deux tissus, trouvés en des points si éloignés du globe, ont évidemment une commune origine persane. L’art sassanide, on le voit, s’est répandu en Asie, où il n’a pas eu un succès moindre qu’en Europe.
Fragments de soieries. — Un de ces fragments, dont la bordure conservée fournit les dimensions o m ,66 x o m ,3i , tombe littéralement en miettes. Il est jaune clair, peu épais, et devenu cassant par le contact d’un liquide qui l’a durci en séchant. La surface n’est pas unie. Elle est agrémentée d’ornements brochés, damiers et losanges,
1. D. G. Elliot, A monograph of the phasianidae , part I, pl. 3 (Éperonnier de Germain), pl. 5 (Argus de Gray).
2. Son plumage n’est pas sans analogie avec celui d’un oiseau, figuré en lettrine dans le Sacraméntaire de Gellone (Bibl. nat., lat. 12048), au fol. 99 verso. Cet oiseau a une aigrette stylisée, de la même forme que les éperons de l’oiseau de notre étoffe.
3 . Josef Strzygowski, Seidenstoffe aus Aegypten im Kaiser Friedrich-Museum. Wechselwirkungen zwischen China , Persien und Syrien in spütantiker Zeit (Jahrbuch der kôniglich preussischen Kunstsarnmlungen, t. XXIV, Berlin, 1903), p. 169; J. v. Lessing, Kônighche Museen Berlin . Die Gewebe Sammlung des k. K unis g ewerbe- Muséums, t. IV, tissu coté KGM. AKG’ 99.1.
Fie. 18. — Tissu de soie byzantin, orné d’un oiseau stylisé (vine-ix c siècle).
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interrompus par des inscriptions brodées rouges, en capitale romaine mêlée d’onciale, dont on ne lit plus que quelques lettres : ODIT TE A DOM... US... TOMA LOCUS TO... ATA... AN...
Un autre fragment de tissu semblable, de o m ,32 de large, réduit en morceaux, porte des inscriptions grecques brodées en rouge (pl. XVIII, 2) : * CY l€P€YC €IC ton aihna kata thn tazin mcaxiceaek C’est une citation, empruntée au Psaume 109, v. 4‘- — >i« K[YPiO]c €K D€iigon. Ce sont les deux premiers mots du Psaume 109, v. 5 : « Kupioç ï'A ôe^icôv <xou cruvéôXa/rev ev Y)fxépa ôpyîjç aù tou BaaiXerç. » Les inscriptions sont en capitales, aux extrémités élégamment arrondies. Les a sont chevronnés, comme dans les légendes des bulles byzantines des deux premières périodes (vi e -ix® siècle 2 ).
Tissus de soie à fond rouge. — L’un mesure o m ,3i sur o m ,i7. Sur ce fragment de lampas ou broché, est l’arrière-train d’un quadrupède ailé à pieds fourchus, se détachant en noir, avec ombres et ornements persans ronds et elliptiques, de couleur jaune (pl. XVIII, 1). On aperçoit l’extrémité de l’aile formée d’un angle jaune et noir. L’animal figuré paraît avoir été un taureau ailé, assez semblable à celui des Assyriens.
L’autre se compose d’un ensemble de petits morceaux de soie plus grossière, de o'",i5 sur o m ,07, à fond rouge, et décorée en écru et noir de chevaux ailés (Pégases), placés symétriquement (fîg. 19), motif qui se retrouve sur d’autres tissus connus, notamment sur une étoffe syrienne du vin® ou du ix e siècle 3 .
Enfin un dernier fragment de soie, de o m ,265 sur o m ,i75; à
1. Ps. cix, v. 4 • « ’ K’jpis; 7 . al ou fAcTajaeXïiôrjffeTa'. • Eu iepeùç Tbv at&vx, y.ari tt;v xaÇtv
MeX)ficxe8éx. »
2 . G. Schlumberger, Sigillographie de l'empire byzantin, p. 80. — On peut comparer, pour le dessin, h cette soie brochée, la broderie de la nécropole d’Akhmyn. Cf. Gox, Vart de décorer les tissus, pl. LXXXVI, n« 5 .
3 . Cf. Cahier et Martin, Nouveaux mélanges d f archéologie, t. I, p. 32 et pl. III (ms. 35 de Munich") ; Errera, Collection d'anciennes étoffes, p. i, n° i (étoffe syrienne du vm e -ix e s., avec un Pégase); J. v. Lessing, op. cit., t. IV, coté KGM’ 78.630; Cox, Essai de classement des tissus coptes dans la Revue de l'art ancien et moderne , t. XIX, p. 429, fig. 9.
fond pourpre, où le dessin jaune d’or domine, présente deux monstres semblables à des lions, placés dos à dos, avec les queues relevées
en spirale, tournant la tête en langue colorée en écru 1 . Les yeux bres sont en rouge. Cette étoffe, à dessin d’origine sassanide, est postérieure au ix c siècle.
Ces trois fragments plus modernes pourraient être datés du x* ou du xi e siècle.
Soies diverses. — Un morceau de soie de couleur rouge foncé, à ramage ou marbrure sur ton, de o m ,345 sur o m ,23, se désagrège au toucher.
Une étoffe de soie légère, à fond jaune écru et dessin rouge, présentant de petites rosaces polygonales ou des étoiles, voisines les unes des autres et formant réticule, n’est guère en meilleur état, centimètres carrés. Il est devenu
arrière, et laissant pendre leur sont de la même teinte. Les om-
Fie. 19. — Tissu de soie, décoré de Pégases.
Le fragment mesure plus de 4 ° tout recroquevillé et cassant.
Sachets. — Un sachet de grosse étoffe de soie byzantine, trouvé dans le coffret de cuivre étamé, a été ouvert. Déployé, il mesure o m ,i6 sur o m ,i 7 . Sur un fond rouge se détache un personnage d’un type voisin de l’Androclès antique, de couleur écrue, à cheveux roux et grands yeux noirs ronds, vêtu d’une jupe courte et chaussé de sandales, saisissant par la tête un lion roussâtre, de petite taille (pl. XVIII, 3). Il semble que ce soit Samson terrassant le lionceau plutôt que David muselant le lion. Les bordures horizontales, au-
1 . Cf. une étoffe de Halberstadt publiée par J. v. Lessing, op. cit. , t. V, cote KGM. K 6.090.
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dessus et au-dessous, sont à redans et ornées de feuillage (fleurs de lys et cœurs) rouge, jaune et violacé, sur fond écru, bordé de violet et de ronds écrus. Une fleur à collerette, montée sur tige, est placée devant le fauve, dont le dessous du corps teinté écru est d’un effet très réussi. Les côtes du lion sont légèrement indiquées.
Ce même sujet se retrouve, avec des différences de coloris,
sur des tissus de soie conservés au Musée de Cluny (n° 64 1 5), au trésor de la cathédrale de Coire et au musée germanique de Nuremberg*. Ces fragments étant plus grands , on voit que le groupe était répété sur des zones horizontales 2 . On les date du vi c au vnf siècle environ.
Le sachet était lié par un cordon de toile grossière, teintée en bleu clair avec de gros pois blancs.
Un autre sachet est en soie verte, à ramages rouges et jaunes, avec des étoiles et dessins de style persan 3 (fîg. 20 ).
Deux galons valent la peine d’être cités :
Un galon de soie, à fond rouge, doublé de jaune clair. Sur ce fond, se détachent des cœurs ou plus exactement des pics, ainsi que des
Fig. 20. — Sachet à reliques, en soie. — Au-dessus, tonnelet de bois entouré d’un morceau de toile, avec authentique en onciale.
1 . Du Sommerard, Catalogue, p. 5 n. E. Molinier, Le trésor de la cathédrale de Coire (Paris, i 8 g 5 , in-fol.), pp. 9.3-94, pl. XXII ; Cox, L’art de décorer les tissus, pl. VI, n° 3 ; J. v. Lessing, Konigliche Museen Berlin. Die Gewebe-Sammlung , t. VII, tissu coté ’ 8 G. 8-3 ; Katalog der im gcrmanischen Muséum in Nuremberg bejindlichen Geivebe und Stickereien, . . . ,aus altérer Zeit, n° G*, pl. I.
2 . Ce même genre de disposition se retrouve sur un fragment de soie du trésor de Sens. Abbé E. Chartraire et M. Prou, Note sur un tissu byzantin à personnages et inscription du trésor de la cathédrale de Sens (extr. des Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, t. VIII, 1899).
3. Cf. les bourses à reliques de Sens; E. Chartraire, Inventaire du trésor de l’église primatiale et métropolitaine de Sens (Paris, 1897, pet. in-8°), p. 29, n° 76.
carrés et des pois jaunes. Ce galon forme un rectangle de o m ,32 de long sur o m ,26 de large. Il paraît avoir orné l’encolure d’une tunique.
Un galon de soie et lin, de o m ,025 de large, dont la partie centrale, ornée de fils bleus et rouges sur fond écru, est encadrée de lignes rouges. C’est aussi, très probablement, un ornement de tunique.
En outre, il faut mentionner des lambeaux d’une étoffe de soie jaune clair brochée et des franges ou débris de soie, de cette couleur violacée appelée en italien « pavonazzo », en allemand « purpurblau » , qui est vraisemblablement la « pourpre » des auteurs de l’antiquité.
« Panni » ou « brandea ». — Des écharpes, linges de toile {mappulæ, lintea) ou pièces d étoffe {brandea), entouraient les ossements*.
Fig. ai. — « Brandeum » orné du clavus et de croix brodées.
L’un de ces panni, en tissu grossier de laine, mesure o m ,64 sur o m ,4i (fig. 2 1). Il est orné, en travers, de deux larges galons parallèles
1. Cf. Du Cange, Glossar. med. et injîrn. lat ., v° « Brandeum », où est cité tout au long un curieux passage d’une lettre de saint Grégoire (lib. III, epist. 3o) relatif à l’usage des brandea.
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( clavi ), sur lesquels sont des hexagones de couleurs variées (verts, bleus, rouges, noirs) avec des ronds jaunes, verts et rouges au centre. Entre ces galons et les extrémités effilochées, il existe, de chaque côté, une rangée de six croix de saint André brodées.
D’autres tissus du même genre sont plus fins, terminés par des franges et décorés, sur les bouts, de petites croix de soie rouge ou bleue brodées à distance régulière. Certains sont tout imprégnés
Fig. 22 . — « Brandeum » de soie légère, à motifs losanges.
d’un liquide rosé qui pourrait être du sang. L’un, en soie très légère, mesure o m ,53 sur o m ,3i. 11 est orné de motifs losanges visibles par transparence et garni de franges 1 (fig. 22 ).
A mentionner, en outre, une pièce de mousseline, avec broderies en forme de losanges, sécants les uns aux autres, et une grande nappe de toile blanche (de 3 m ,6o sur i m ,i 2 ), ornée d’une soutache cousue, formant des entrelacs variés et, çà et là, dans des cartouches ronds, des aigles héraldiques du type italien 2 . Elle porte sur
1. Cf. J. v. Lessing, op. cit., t. I, cote KGM’ 69.608 (italien, xiv c s.), t. V, cote KGM.AKG 80.1 3 (xii s.).
2 . Des tissus à ornements du même genre ont été publiés par Cox, L'art de décorer les tissus ,
un côté une frange de soie pourpre (de o m ,o8 de long) fixée à un galon violet, broché d’or, de o m ,oq de largeur. Il semble bien que ce soit là
b i g . a3. — Nappe de toile blanche, ornée d’un cordonnet formant dessin.
un parement d’autel du xiu' ou du xiv 0 siècle plutôt qu’un brandeum (fig. 23 ).
Tuniques. — Parmi les étoffes sont encore deux tuniques. L’une
pi. LXXXVI, n* 2; Errera, Collection... y p. 16, n° 25 (xm e -xiv e s.) et par J. v. Leasing, op. cit. , t. I, cote KGîVT 89.250, t. II, cote KGM’ 91.161 (xn e xm e s.).
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de i m ,37 de long, en tissu léger comme de l’étamine, porte des traces de brûlures (fig. 24 ). Elle n’a d’autre ornement que d’étroits galons de chanvre aux poignets et à l’encolure. La largeur, de l’extrémité d’un bras à l’autre, est de i m ,68. Peut-être est-ce la
« tunique de saint Jean l’Evangéliste », mentionnée par Jean Diacre parmi les reliques de Saint- Jean de Latran.
Sandales du Christ. Cilice de saint Jean-Baptiste. — Nous terminerons cette énumération des tissus, en mentionnant des morceaux de grosse toile jaunâtre, sur lesquels sont collés des fragments de cuir , d’apparence résineuse, affectant la forme de semelles et de lanières.
On peut y reconnaître les « sandalia D. N. Jesu- Christi » dont il est question déjà au ix e siècle, dans le Liber pontificalis, et dans les anciens catalogues*. C’est probablement sur cette relique insigne que le pape Nicolas I er (858-867) plaça la déclaration, dont] il donna lecture à l’archevêque de Ravenne Jean, accusé d’hérésie 2 .
1 . D’autres « sandales » du Christ figurent aussi dans le trésor de reliques d’Aix-la Chapelle (Cahier et Martin, Mélanges archéol t. I, p. 7, n. i)et à l’Escurial (Collin de Plancy, Dict. des reliques , t. II, p. 73).