‹ Le trésor du Sancta SanctorumChapitre 37 sur 48 · Liber pontijicalis , !I · texte numérisé non relu

Liber pontijicalis , !I

Enfin des restes d’un tissu de laine jaune foncé, semblable au tissu de poil de chameau que l’on fabrique encore aujourd’hui en Égypte, sont peut-être à identifier avec le « cilice de poil de chameau » de saint Jean-Baptiste, mentionné par Jean Diacre, parmi les reliques de Saint-Jean de Latran.

Le reste des nombreux débris, tombant en poussière, peut être classé en: i° poussière d’ossements, 2 ° poussière d’étoffes, 3° terre et menus débris d’origines diverses (bois, etc.).

Authentiques.

11 ne m’a pas été loisible de déplier méthodiquement toutes les authentiques. Je me borne donc à publier celles que j’ai pu examiner rapidement. Plusieurs sont altérées, par suite des transcriptions successives, faites par des scribes peu experts dans le déchiffrement des écritures de leurs devanciers.

Une des plus anciennes que j’aie vues est en onciale, peut-être du vi c siècle. Elle est écrite sur un morceau de toile entourant un minuscule tonnelet de bois, de o n, ,35 de haut sur o m ,24 de diamètre, dont les deux faces sont ornées de cercles concentriques. Le morceau de toile est noué d’un côté (fig. 20 ). On y lit : « -j- Salvato|| ris. S[an]c[t]e M||artae. -j- S[an]c[t]i Mic jhahel. » — Une autre, sur un linge plié en sac et renfermant une poudre blanche : « De sepulch|jro Xp[ist]i. Petraj|illa serratu||ra jj...illa. »

D’autres sont à peu près de la même époque : « De petra supra qua !j corpus Dei genetricis labatus et myratus j| est in sancta Sion ». — « -j- De monte Calbarie ». — « de Bethlem » (vii c s.). — Sur un morceau de parchemin attaché à une petite ampoule, pleine de globules rouges: « De sanguine D[omi]ni N[ostr]i lh[es]u Xp[ist]i » (vil c -vill c s.).

Trois autres, en écriture lombarde du vnf-ix c siècle : « Lapide || de presip|e Domini ». — « R[eliquiae] de sancto Isaac ». — « De

MONUMENTS ET MÉMOIRES

monte Sina, de locu ubi Muisis stetit j| quando tabulas recipit ». — Une dernière, sur papyrus, porte : « -|- de sipunia (sic) Domini. » Du vm e -ix c siècle encore, en lombarde ou semi-onciale : « -|- Lapide de fluvium Jordanem » (sur un parchemin replié contenant une pierre molle). — « Lapidem de monte Calbarie. » — « Terra de sepulcrum Domini ». — « Rel[iquiae] sancti Zachariae ». — « De sancto Cornilio de Caesaria ». — « Lapidem ubi sed[erunt] angeli in monumentum ». — « De sepulcro sancti Maria ». — « Rfeliquiae] sancti Aldigundae virginis ». — « De arbore qui ipsi Dominus plantavit ». — Sur un parchemin auquel est fixé un long fil: « textera », pour « fessera » (dé à jouer avec lequel les soldats se disputèrent les vêtements du Christ), ou pour « texterna » ou « textrina » (tissage ou tissu). — « De lapide de orto monumenti » (il s’agit d’une pierre du Jardin des Oliviers, où ést le monument du Sépulcre). — « Reliquias de ilia columna Domini ». — « De vultu Domini incensum », avec un morceau de charbon qui provient, peut-être, d’une image brûlée par les Iconoclastes.

Du ix c siècle, en lombarde, sur un parchemin plié en paquet et noué avec un fil : « -j- De sepulchro Domini », — « De nota turre Siloe. » — « Lapidem de spelunca ubi Elisa... » — « ...Johannis... ».

Sur un petit sac de parchemin, est une authentique du ix e siècle: « R[eliquiac] de sancto Àrsenio » .

Du ix c ou du x c siècle est l’authentique : « De sancta Sion » , qui accompagnait un sceau de terre, sur lequel était gravée une croix pattée, cantonnée aux extrémités de quatre croix plus petites.

Sur un parchemin, annexé à un minuscule sac d’étoffe rouge, l’inscription contemporaine : « Rfeliquiae] sanctorum Cosme Damiani. » De la même époque à peu près, sont les authentiques : « De sancto Zaheo arbure ». — « Sancta Anasia », — et celle-ci, attachée à un petit paquet de parchemin, où l’on remarque un g irlandais : « De ligno sancti Pihilipi ». L’aspiration du <p grec est notée d’une manière phonétique qui la représente sans doute très exactement.

D’une écriture très irrégulière, où l’onciale et la lombarde se trouvent mélangées : « Petra de presipet Domini ». — « Petra de llumen Jurdannis ». — « Petra de Calbarium locum ». — « Terra de sepulcrum Domini ». — « Petra de sepulcrus Domini ». — « -|- Terra de spilunc[a] de Bethleem(P) ». — « -j- Spunnia Domini ».

Ces dernières authentiques sont écrites sur les morceaux du feuillet d’un manuscrit de Tite-Live, en onciale du v c ou.du vi c siècle, d’une encre fauve caractéristique, contenant un passage du livre XXXIV. Ce manuscrit était rayé à la pointe sèche et renfermait quinze lignes à la page, sur deux colonnes. Il diffère de tous les fragments qui ont été signalés jusqu’à présent*. La forme des b, à haste basse, est très particulière. La dimension du feuillet, partagé en quatre par deux coupures pratiquées au milieu, en long et en travers, est deo m ,333 de haut sur o m ,285 delarge.il n’apporte pointde nouvelles variantes. Le fragment, que nous donnons ici en fac-similé (fig. 25), appartientà la fin du chapitre 37 du livre XXXIV : « Quinto die prope justa pugna adeo paventes in oppidum Lacedaemonii compulsi sunt, ut quidam milites Romani terga fugientium caedentes per intermissa, ut tune erant, moenia urbem intrarint. — c. 38. Et tune quidem Quinctius, satis eo terrore coercitis excursionibus hostium, nihil [praeter ipsius oppugnationem urbis superesse ratus ] »

Plusieurs reliques sont renfermées dans de petits sacs de grosse toile, noués avec des fils de chanvre. Les morceaux de parchemin, découpés en languettes, portent: « De flumen Iordane, ubi Dominus [baptizatus es]t » (ix c s.). — « Pet[ra] de columna ubi Dominus || flagellatus fuit » (ix c -x c s.). — « Reliquias de sancto || Constantino » (ix c -x e s.).

D’autres authentiques, du ix c -x c siècle, portent : « De monte Sinam » (sans relique). — « Ae irexpo sanctc Calbarie ». — « De [martyrio 2 ] sancti Pétri ». — « R[eliquiae] sancti Domnini ». — « Reliquias de sancto Stephano ».

1. Émile Châtelain, Paléographie des classiques latins , II e partie, pl. CVI, CXVI et CXX.

Page 1