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MONUMENTS ET MÉMOIRES
« agnomine est ap||pellatus Macharius, a sancto Paulo apostolo Athe- « niensium ordinatus archiepiscopus, apostolica auc( |toritate beati « Clementis pape universalis tocius Gallie constitutus apostolus. Pro « fide Xpisti 1 1, sub Domiciano Cesare et praefecto Sisinnio, VII. id. « octobr. gloriosum martyrium perpetravit et caput proprium per « duo milia fere deportanti usque ad locum in quo nunc Dei dispo- « sitione requiescit humatum, sine cessatione te Deum laudans et « dicens : Gloria tibi. Domine. »
Au-dessous, trois monogrammes représentant les mots Ariopagita, Dionisius et Metropolitanus.
« Emmerammus Aquitanus, Dionisius Ariopagita hic requiescunl. « Sub Arnolfo imperatore et Odone rege, sub Ebulone, abbate monas- « terii sancti Dionisii 1 , Gisalbertüs furavit.
« Furatus est V. non. jul. ; hue venit II. non. dec., tempore « Tutonis episcopi. »
Cette très intéressante authentique montre la confusion faite entre saint Denis l’Aréopagite et saint Denis, l’apôtre des Gaules. La mention de l’empereur Arnulf de Germanie et du roi de France Eudes, ainsi que de l’abbé de Saint-Denis, Eble, son contemporain, sous l’abbatiat duquel les reliques de saint Denis et de saint Emmeran furent volées, et le synchronisme de l’évêque de Ratisbonne Tuton (893-10 octobre q3o ?) concordent bien avec ce que nous apprennent les différentes versions de la Translatio S. Dionysii Ratisbonam saec. IX 2 . L’authentique n’explique pas comment les reliques vinrent de Ratisbonne au Sancla Sanctorum. Ce fut sans doute après Y Invention de 1049, et probablement par suite d’un don fait par les moines de Saint-Emmeran, au pape Léon IX, lors de son passage à Ratisbonne, en 1002, pour le remercier de sa sentence favorable à
\. Gallia christ Vil, 36o.
2. Voy. Bibliotheca hagiographica lalina, p. 332, n° 17 , a, b , c, d . — Cf. Wattenbach Die Translatio S. Dionysii A riopagitæ dans les Forschungen z. deulsch. Gesch. ( 1873 ), t. XIII, p. 3g3- 397 , et Deutschlands Geschichtsquellen , t. II ( 1894 ), pp. 67-69 et 5i8; L. v. Heinemann, Die (iltesie Translatio des h. Dionysius dans Neues Archiv, t. XV, p. 33i-36i.
l'authenticité de leurs reliques et condamnant les prétentions adverses des moines de Saint-Denis-en-France *.
Du xii e siècle : « Felicis et Adaucti » , au dos d’une lettre adressée au pape Gélase II.
Une authentique du xn* siècle accompagnait le flacon de cristal oriental, à monture d’or, décrit plus haut (p. 91, et pl. XIII) : « In vasculo cristallino sunt capilli beati Johannis Euvangeliste et dens beati Johannis Baptiste. » — Du xn e ou xm e siècle : « Reli[quiae] sancti Laurenti. »
Une autre du xm e siècle, sur parchemin, contient les deux mentions suivantes : « Gapud et vestimentum sancte Agnetis. — Reliquie et vestimentum sancte Eufemie ». Elle a été trouvée dans le coffret d’argent du chef de sainte Agnès. — Une autre enfin, du même siècle: « Devestimento S. Johannis Euvangelistç. De relliquiis sancte Eulaliç Virginis » . — Du xm* siècle : « Reliquie sanctarum filiarum beate Sophie, Pistis, Helpis, Agapis. Festa earum célébra tur. II. K[alendas] oct[obris], » sur un parchemin large de o m , 157, et haut de o m ,026. Les reliques sont dans un petitlinge jaune noué.
Pour enfermer les reliques ou pour inscrire les authentiques, des fragments de manuscrits et d’actes ou de lettres ont été employés.
Nous avons cité celui de Tite-Live.
Il convient de mentionner encore : un fragment du xn e ' ou du xm® siècle avec notation musicale ; deux feuillets d’un manuscrit de sentences tirées de la Bible (x*-xi° siècle), de o m ,09 sur o m ,o4, qui étaient placés sur le petit vase de terre, décrit plus haut ; deux feuillets (de o m ,99 x o m , 122) d’un livre d’heures, en écriture dite « du Mont-Gassin », dont voici Yincipit: « ...mea quies. Benedictus in secula seculorum. Amen. || Auctor omnium invisibilis, creator qui es in substantia... » L’a du mot Auctor est orné d’un oiseau peint en rouge, bleu, vert et or.
1 Ekkehard, Chron. univ., a. io5a ; Adalbertus, Vita Heinrici II imp., c. 18; Ann. Ratispon., a. io5 2 {Mon. Germ. hist., Scr., VI, 196; IV, 802; XVII, 584). — Jaffé, Regesta, n # |428o.
A mentionner encore un fragment de lettre, du xiT-xm c siècle, malheureusement endommagée du côté gauche (o m ,20 x o m ,i 3 ) :
... rabili Dei de gladio summo ac maximo Sedis Apostolicç ministrorum H. sancte Romane ecclesiç minimus sacerdotum 1 1... deficiens bonum. Noverit Sanctilas tua, vir reverende, quia dicenle apostolo quecumque scripla sunt ad noslram ||... plura sunt. Quapropter hos Bealitudini tuç apices dirigimus, dignum duxi patrum sentenciis te michi magis j |. . . tum quam meis indoctis afFectionibus prc tedio ad iracundiam provocatum. Novi nempe etbene scio meis 1 1. . . u[r]gentibus meritis tuam ad tempus me graliam perdidisse. Miror preterea tante vir um non||... non convenisse, et si non viva voce s[t]atim litteris prodigum fralrem , dum si quis ex vobis erraverit 1 1. . . ncat et converterit quis eum scire debet, quoniam qui converti fecerit peccatorem ab errore 1 1. . . [ajnimam ejus a morte. Nunquam est, ut ait Gregorius, amor Dei ociosus. Operatur et (en)enim 1 1. . . operari renuit, amor non est. Die ubi sunt, rogo, antiquç promissiones tuae quas michi||... gallicano antequam proveheris sponderas. Responde michi quantas habeamin te|| ...scelera et delicta ostende michi et cetera usque peccatis adolescentiç meç. Studeo siquidcm||... me tuum siciens amoremtanto reconciliariamico, aedeinde quaiidoquo (sic)tuopresentatus| |. . . sibiliterexcusari omni poscenti racionem reddendo. Jamjam Benignilas tua pareat intempe... veritati videaris resistere commonenti. Dimittite si quid habetis adversusj |. . .sentiam amodo oro tuç circa me viscera caritatis in suscipiendas litteris (sic) et 1 1 — domino papç communis utilitatcm salulis in rescribendo quicquid placuerit 1 1. . . obsecro gratulari tantç solacium amiciciç récupérasse, quod non||... nam credi possit jure me poenitet perdidisse. De cetero Deus pacis et dilccli||... mentibus nostris. Vale.
A côté de cette lettre, trop mutilée pour que l’on puisse essayer d’en combler les lacunes, il en est une autre sur parchemin (de o m ,o f ]5 x o m ,095), dont il est beaucoup plus facile d’analyser la teneur, quoiqu’elle soit aussi incomplète vers la fin. C’est une lettre adressée au pape Gélase II (25 janvier 1118-29 janvier 1119) P 31 ' l’évêque de Cagliari, Geolfroiou Guillaume (1 1 1 2-1 1 19). Ce document renferme une plainte de l’évêque au Saint-Siège, contre les moines de Saint-Saturnin qui, avec l’appui des laïques, s’étaient emparés de divers biens de l’évêché, ainsi que contre les moines du Mont- Cassin et de Marseille. En voici le début ; « Summo et universali pontifici Gelasio secundo, G., Caralitane ecclesie archiepiscopus, licet indignus, débité obsequium servitutis. Quantam ruinam, quantasque
tribulationes et inopias, etc... » — On possède bien quelques lettres écrites à des papes antérieurs au xiv° siècle, mais toujours en copie, les archives anciennes du Saint-Siège ayant complètement péri. Aussi ce document diplomatique, conservé en original, est unique en son genre. C’est une épave des anciennes Archives pontificales, sauvée de la destruction par un véritable hasard.
Il existe encore une autre pièce aussi rare et en bien meilleur état de conservation, concernant la France. C’est une lettre missive originale de Gelin, chapelain de Lyon, au pape Gélase II, sur l’état du diocèse de Lyon, après la mort de l’archevêque Joceran (i 106 - 1 1 15). Ce parchemin fut utilisé au xm e siècle, pour envelopper une relique. Il était scellé sur simple queue. En voici le texte :
Excellentissimo sancte Dei universalis Ecclesiç pape G. Gelinus, Lugdunensis cappellanus, servorum suorum minimus, devotissimam per omnia sicut patri obedientiam. Quoniam in necesseitatibus meis amplissimam caritatis vestre dulccdinem sepissîme sensisse me recolo, superne gratie dispositioni super apostolatu vcstro quantas possum cordisetoris gratias refero. Quia igitur de largissima vestre celsitudinis pietate confido, Lugdunensis ecclesîe statum, quam non ultimum inter ceteras romane Ecclesiç filias gradum optinere cognoscitis, notificare vobis desidero. Noverit itaque vestra sancta paternitas donnum J Lugdunensem archicpiscopum, XII. Kl. april., a vinculis corruptibilibus carnis Domino jubente solutum, quinta vero feria ante Palmas facto celebri conventu suffraganeorum et honora torum, nccnoîi eliam présenté donno Grati[a]nopolitano cpiscopo cum ceteris quibusdam venerabilibus personis, non ex aliqua qua[e] inter nos esset quocumque modo discordia, set sola pre oculis omnium ccclesie nostre consolatione proposita, divino nutu cquanimi ac devotissimo omnium tam clcricorum quam laicorum consensu, elegimus fidelissimum vestrum donnum videlicct Hubaldum 2 , Heduensem arçhidiaconum, vobis quidem non incognitum, nobis autem a puero notum et jampridem ad hoc oflicium desideratum, divina favente clementia, in octavis paschalibüs in archiepiscopum consecrandum, et quoniam Lugdunensem ecclesiam longo tempore ex debilitate sui capitis egrotasse, et a Vienncnsi arcliiepiscopo sub obtentu romane legalionis plurimis modis depressam fuisse non ignoratis, copiosissimam vestre sanctilatis imploramus clementiam, quatinus peticionibus ipsius super bis quae contra Lugdunensem spectant ecclesiam exauditionis aurem festinentius non incli-
\ . Joceran.