‹ Le tribun: chronique de 1911Chapitre 11 sur 50 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

CLiserez, mon cher Maurras, d'emprunter de nouveau ce terme à la pathologie. Nous sommes tombés d'accord, vous et moi, sur ce point : l'ordre politique et l'ordre biologique sont séparés. C'est une raison pour ne pas admettre comme vraie a priori, en sociologie, une loi vraie en biologie. Ce n'est pas une raison pour méconnaître les analogies entre ces sciences, quand elles se rencontrent. — Le syndrome, je maintiens donc le mot, est un ensemble de symptômes concomitants dont la liaison normale nous échappe. L'étymologie — ow, avec, et ^pôpç, course — est par elle-même une définition. En présence du syndrome, quelle est l'attitude scientifique à prendre? Former une hypothèse qui explique celte simultanéité. Quand un Morselli (l) établit, chiftres à l'appui, que dans les pays où le divorce existe, — c'est le complément de la statistique de M. Bertillon, — le nombre

(1) l'er la poleinica sut divorzio, Gènes, Fratelli Carlini.

des criminels, des fous, des suicides est proportionnellement décuplé chez les divorcés, il ne conclut pas que le divorce est une cause de crime et de folie. Il conclut que le divorce s'adapte particulièrement à l'état des déséquilibrés, c'est-à-dire kdes individualités diminuées. De même si la promulgation du divorce a coïncidé avec un accroissement de l'instabilité familiale, nous disons, non pas que le divorce provoque cet accroissement, mais qu'il correspond à l'état mental d'hommes et de femmes sans discipline intérieure, incapables de choisir avec réflexion les circonstances de leur établissement, mal outillés pour en supporter les peines. Qu'est-ce donc que l'irréflexion et l'impatience, sinon les caractéristiques d'individualités diminuées? Ici encore le lég^islateur Révolutionnaire a favorisé cette diminution de l'individu, en croyant le libérer.

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