SCÈNE IV
Les mêmes, PORTAL PORTAL
Je te demande pardon, Bourdelot, de t'avoir fait attendre. Ima{jine-toi que Saillard... BOURDKLOT, avisant le journal resté sur la table.
Je comprends. Il s'est ému de cet article. Il est le seul.
PORTAL
C'est ce que je lui ai démontré. Il avait envoyé sa démission à TÉlysée ! (Geste de Bourdelot.) Tu vois cela d'ici? Le cabinet disloqué, en minorité peut-être, mes projets de loi retardés, l'affaire Delattre étouffée...
BOURDELOT
Tu lui as fait retirer sa lettre, j'espère?
PORTAL
Oui. Nous ravonslnterceplcc en route. Enfin, c'est réglé. Tu me donnes bien encore quelques instants?
BOURDELOT
Tous ceux que tu voudras. Pourvu que je sois au journal à cinq heures.
PORTAL
Tes lettres sont prêtes, Georges?
GKORGES, tendant un papier.
Pour Claudel.
BOURDELOT
Ah! ah! le camarade bijoutier de la rue Saint-Honoré a retrouvé son voleur? Ça me ferait plaisir, mais ça m'étonnerait.
rORTAL
Non. Lis, Georges.
GEORGES, lisant.
Mon cher Claudel. L'inspecteur Girard, que la place Beauvau m'a désigné, et qui s'est chargé d'une contre-enquête particulière sur le vol dont
l.E TUlBUiN 35
voire maison a clé vicliine, m'informe que ses recherches n'ont pas abouti. Il n entrevoit même pas une piste. Je suis b,en aux regrets de vous donner une aussi mauvaise nouvelle, mais je crois vraiment quil vous faut renoncer à toute espérance de retrouver le collier de perles. Si vous le desirez, cependant, je donnerai l'ordre à Girard de continuer son enquête.
BOURDELOT
Autant vaudrait chercher une pièce de dix sous dans la mer! .. Il y a beau temps que le collier a été défait et les perles vendues une à une. Et puis, sur quels indices marcher? C'est le coup classique du rat d'hôtel qu'on lui a fait, à ce pauvre Claudel. Quand ce coup réussit, il est imbattable. Seulement on ne comprend pas qu'il réussisse et qu'un joaillier parisien s'y laisse prendre. Et ils s'y laissent tous prendre, tous les jours. Comment? Voilà un monsieur qui débar(|ue chez M. Claudel, bijoutier-orfèvre, établi rue Snint-Honoré, de père
en fils, avec le titre de marquis de Nancy, et M. Claudel ne devine pas le filou, rien qu'au nom! Et il envole, à l'hôtel où ce monsieur est descendu, un employé avec un collier de perles de cent cinquante mille francs! Et cet employé, quand l'autre lui dit : « Je vais dans la chambre voisine montrer le collier à la marquise qui est un peu souffrante » , ne crie pas : au voleur! 11 donne le collier, là, tranquillement, et il attend comme un béjaune que monsieur le marquis de Nancy revienne! Et ce n'est qu'une demi-heure après qu'il a l'idée de descendre au bureau pour apprendre que Monsieur de Nancy vient de partir ! Monsieur de Nancy!... Jamais, jamais Claudel ne reverra son collier, et ma foi, s'il ne s'ag^lssait pas de lui, je dirais que c'est bien fait.
PORTA L
Oui, mais il ne faut pas dire que c'est bien fait. La vente de ce collier sauvait Claudel ; ce vol le perd, et nous le perdons, nous.
Nous perdons en lui un Partisan. Ah ! le Partisan! Quel type admirable! Il abondait sous la Révolution! Il est si rare aujourd'hui! Quand je me rappelle qu'il est venu, il y a seize ans, ici, m'alijjuer sur cette table quatre cent mille francs, — il venait d'hériter de son père, — pour faire des élections socialistes et envoyer sept des nôtres à la Chambre ! . . . Cela s'est su. Du coup la clientèle de sa maison s'est empressée de le boycotter. Avec cela, un inventeur, un chimérique, un poète, et qui a perdu des sommes énormes dans des tentatives d'art nouveau! Ajoute à ça de mauvais placements. Bref, il est ruiné. A l'heure présente, tous les gros bijoux qu'il a chez lui sont engagés à des banquiers qui lui ont prêté de l'argent et qui vont exécuter le gage. Il va être forcé de vendre, et il se propose de partir pour le Transvaal, avec sa femme et leur petit garçon, comme agent d'une société de mines diamantifères. Il fait ce sacrifice à sa probité. Ne plus devoir,
c'est son idée fixe, à ce brave homme! fUn soujn'r.J Envoie la lettre, mon ami. Et puis?... GEOR(iES, lui tendmil une autre lellre.
La lettre à l'évêque d'A^yde.
PORTAL, 1(1 lisant.
Oh! oh! oh! oh! oh! Il faut rédiger ça autrement, mon fjarçon. Tiop de fleurs. Je suis le président du Conseil en face d'un suppôt de Eome en révolte permanente contre la loi.
GEORGES
J'avais pensé que vos anciennes relations...
PORTAL
Il n'y a pas d'anciennes relations en politique; cl d'ailleurs quelles relations? IN est-ce pas, Bourdelot?
BOURDELOT
Hi! Hi! On a taillé avec ce brave abbé Roy de bonnes bavettes, lorsqu'il était aumônier au lycée de Bourges. Il avait le mot pour rire. Tu te rappelles ses à peu près ecclésiastiques : «Je ne connaiscette Damenides lèvres ni des dents.. . "
PORTAL
En attendant, son pape l'a fait évêque et moi, mon pays m'a fait député et ministre. C'est comme si nous avions été nommés généraux dans deux camps ennemis. Oui, oui. Il faisait le plaisantin, le bon garçon. Il ne perdait pas le nord. Et il continue, puisqu'il m'écrit.
BOURDELOT
Qu'est-ce qu'il veut?
PORTAL
Qu'on ne lui ferme pas sa Faculté catholique. Qu il se mette en règle. Qu'il se procure des professeurs avec les titres réglementaires. Il paraît que ça ne lui est pas commode.
Dame! Nos dernières lois ne lui facilitent guère le recrutement. (Il rit.) Elles sont bien faites.
PORTAL
Elles seront meilleures quand elles ferme-
ront carrément ces boîtes à menson{>es. (Déchirant la lettre.) Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi je lui réponds. Ça regarde la rue de Grenelle. Tu feras tenir la lettre de Monsieur l'évêque à Brunel tout simplement, mon collègue de l'Instruction publique. Que reste-t-il? GEORGES, lui tendant une autre lettre.
La réponse aux délégués des grévistes du Nord.
PORTAL, lisant.
Dur! trop dur! trop cassant! beaucoup trop ! ... A refaire.
GEORGES
Tu parlais de la loi tout à l'heure. Je te ferai remarquer qu'il y en a une qui protège la liberté du travail.
PORTAL
Elle est mal faite. Nous en étudions une autre. Il y a des cas où la justice veut qu'on ne fasse pas justice, au sens légal du mot. Les grévistes sont des malheureux, des victimes
du capital. Si le chef crun ministère socialiste leur écrit de la même encre que ferait le chef d'un ministère radical et hourgeois, que penseront-ils? Que la farce continue. Va me récrire cette lettre. (Georges sort. Parlai a un geste (ihumeur.) Bourdelot, il faut que tu me trouves un secrétaire.
BOURDELOT
Mais Georges?
PORTAL
Je ne suis pas content de lui. Tu as vu tout à l'heure. Sur trois lettres, deux à refaire. Il ne comprend pas. Je n'ai pas le temps de récrire moi-même toute ma correspondance. Je suis puni de t'avoir écouté. La logique voulait que pour chef de mon cabinet je choisisse le plus méritant. Et j'ai pris mon fils.
BOURDELOT
Mais Georges est très inlellig^ent, mon ami. Il sait écrire. Il a trouvé moyen de passer sa
licence es lettres tout en faisant son droit.
PORTAL
C'est un titre de professeur, comme je voulais qu'il le fût, et il le sera. D'ici à quinze jours, s'il ne me contente pas davantage, je demande à Briincl qu'on me le nomme dans un collège où il préparera son agrégation et ses thèses, comme si Monsieur son papa était resté simple professeur de philosophie. Je n'ai pas la fortune de lui payer un cabinet d'avocat à Paris. Il ira en province, gagner sa vie. Ce sera d'un bon exemple. Et je tâcherai de trouver quelqu'un sur qui je puisse au moins me reposer.
BOURDELOT
Tu ne feras pas ça. Portai. Ce serait une grosse humiliation infligée à ton fils, et gratuite. Stimule plutôt son zèle par l'affection... Tu es peut-être trop raide avec lui... Qu'il sente en toi moins de mécontentement et plus de tendresse... Montre-lui que tu l'aimes.
LE THIBUIN 4:î
PORTAL
Je me le défends, au contraire, de le lui montrer. Je te l'ai dit souvent. J'ai Thorreur du sentimentalisme. C'est de ça que la France meurt, et notre parti comme les autres. Nous sommes toujours à nous émouvoir, à détendre la rigueur des principes en faveur des personnes. C'est le vieux virus chrétien, Féternel conflit entre la g^râce et la justice. Je suis pour la justice, et absolue, dans la vie privée comme dans la vie publique. Toute ma force est là, d'être resté, depuis seize ans que je parle à la Chambre, aussi inflexible dans l'application de mes doctrines que si j'étais toujours le théoricien de l'École normale et du lycée de Bourg^es. Sij'ai une prise sur le peuple, si j'ai pu tenir des cinq mille auditeurs vibrants sous ma parole, c'est à cette intransigeance que je le dois. Ce dont les foules ont besoin, c'est de l'Idée. Et si j'ai mérité ce nom de Tribun que l'on me donne, et que j'aime, c'est que j'ai toujours
ramené toutes les questions à l'Idée. Et Ton m'a suivi. Dans le cas de Georges, l'Idée veut que je ne sois pas un père vis-à-vis d'un fils. Et je n'en suis pas un. Je suis un homme chargée d'un service public. Il est un des collaborateurs de ce service public. S'il continue à g"àcher sa besogne, il sera sacqué. fPres/ue avec colère.) Et ne m'en parle plus, n'est-ce pas?
BOURDELOT
Je suis bien de ton avis. (A pari.) Ah ! non, je n'en ai pas de caractère. Ce que je me dégoûte ! . . .
PORTAL
Tu voulais m'entretenir de l'affaire Delattre, m'as-tu écrit? Il y a du nouveau?
BOURDELOT
Oui. Je m'étonne même que tu ne sois pas au courant déjà.
PORTAL, haussant les épaules.
Le non-lieu? On t'a raconté?... En effet,
nous avons failli l'avoir, ce matin même. Je te prie de croire quej'y ai mis bon ordre et que le juge d'instruction va filer droit.
BOURDELOT
Tu l'as vu ? fEn insistant. J Ce matin ?
PORTAL
Lui? Non. Mais le procureur de la République. Je lui ai dit : « Je veux la cour d'assises, et nous l'aurons. Comment, en décembre, Delattre, ministre de la Marine, arrive avec un premier projet de budget qui comporte la construction de deux cuirassés seulement. Quinze jours après, il nous présente un budget rectificatif, qui en comporte six. Une différence de plus de deux cents millions. Làdessus, il est établi que la maison Moreau-Janville, des Forges et Chantiers de la Rochelle, qui doit être chargée de la commande, a fait une campagne d'argent pour presser stir l'opinion. Nous avons le témoignage du directeur d'un journal socialiste à qui Mayence, l'agent avéré
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de Moreau-Janville, a proposé la forte somme. Nous avons les épreuves de ces deux articles parus à quelques jours de dislauce dans une feuille à Delattre, le premier conlre, le second pour la construction de six cuirassés, et corrigées de la main même de Delattre. La présence quotidienne de Mayence dans les couloirs de la Chambre, avant et pendant les débats, est de notoriété publique. » — « Ce ne sont que des présomptions, " m'a dit le procureur. — « (le sont des certitudes, » lui ai-je répondu : « Cherchez et vous trouverez. » Il cherche et il trouvera.
BOURDELOT
Alors, il [)ercjaijitionne de nouveau?
PORTAL
Et pas pour la galerie cette fois, il a compris que je ne plaisantais pas. La condamnation des puissants, des Moreau-Janville et des Delattre, c'est l'antisepsie des révolutionnaires comme nous. iS'ous avons de grosses opérations
LE TlUBUN 47
à pratiquer sur le corps social. Et il en est du corps social comme du corps humain. 11 n'y faut toucher qu'avec des outils et des mains propres.
r.OURDELOT
Je t'ai laissé aller. Et je suis convaincu, maintenant, que ton procureur ou ton juge d'instruction, peut-être tous les deux, sont vendus.
PORTAL
Je le voudrais presque!... Tailler dans la gangrène de la magistrature et dans celle du Parlement en même temps, ça ferait deux nettoyages d'un coup.
liOUHDELOT
Eh bien! écoute... En tournant et en retournant cette affaire Delattre, je me suis fait le petit raisonnement suivant : On n'achète pas quelqu'un sans tenir à garder une preuve de ce marché. Si Mayence, comme nous le supposons...
l'OHTAL
Comme nous le savons.
BOURDELOT
... a payé des députés et un ministre pour le compte de Moreau-Janville, il a dû garder par devers lui des pièces.
PORTAL
Le juge et le procureur prétendent que non, et que la corruption s'est faite de la main à la main, à cause du Panama précisément. Il y a eu là des talons de chèques par trop instructifs.
BOURDKLOT
Je raisonnais comme toi, comme vous plutôt, et j'avais tort. Je sais aujourd'hui, tu entends, je sais que Mayence a payé les parlementaires par des chèques personnels. Ilya eu des prétc-noms, pour un tout petit nombre. Et c'est bien simple. L'histoire des procès nous apprend que les coquins se font toujours prendre par les mêmes imprudences, parce qu'ils n'ont pas le choix des moyens. Mayence s'est dit : " Si je ne leur fais pas accepter un chèque, comment les tenir? » Eux se sont
dit : « Quel risque courons-nous? Ce n'est pas Moreau-Janville qui nous dénoncera. Il se perdrait. Ce n'est pas Delattre. Il a touché. Ce n'est point la Chambre. Nous faisons l'appoint de la majorité...» Ils ont compté sans Portai etsans la Justice immanente. Bref, il existe nn carnet à souches de Mayence où sont inscrites, avec noms et dates, les sommes distribuées pour le compte de Morenu-Janville, dans cette affaire des cuirassés. Ce carnet existe, tu m'entends? Et il a été remis avant-hier... à qui? je ne sais pas. Mais ça ne peut être qu'au procureur de la République, an jufje d'instruction, ou à toi. Ce n'est pas à toi. Donc, c'est au juge d'instruction ou au procureur. . .
PORTAL
Voyons ! Voyons ! Tu ne l'as pas eu entre les mains, ce carnet ?
BOURDELOT
Moi, non, mais la maitresse de Boyer.
PORTAL
Le soiriste des Droits nouveaux ?
Parfaitement. Tu m'as blâmé quand j'ai fait ouvrir dans notre journal cette rubrique qui n'a rien de socialiste, en effet : Soirée théâtrale. J'avais mon idée : un homme bien à nous, dans les coulisses où se brassent tant d'affaires politiques. C'est le milieu naturel des Mayence. Bref, ledit Mayence a une maîtresse au théâtre, une certaine Micheline Arnaud qui est folle de lui, — il est très joli homme, tu sais, — et jalouse. Micheline a un coffre-fort au Crédit Lyonnais. La petite femme de Boyer est une amie intime de Micheline. Or, Boyer a su, par sa bonne amie, qu'au lendemain de la séance de la Chambre, Mayence avait confié une liasse de papiers à Micheline pour être enfermée dans ce coffre-fort. Mayence, — écoute bien ça, — Mayence trompe Micheline avec une très belle personne qui
LE TKIBO^- 51
s'appelle Diane de Poitiers, l'ourquoi pas? Elle vaut Tancienne, pas vrai? Micheline l'a su, et, furieuse, a juré de se venger. Il y a deux jours, elle a dit textuellement à son amie, la petite femme de Boyer, en lui montrant le carnet avec les noms : " Mayence ne couchera pas ce soir chez Diane, il sera bouclé, je vais livrer à la justice ce petit carnet de talons de chèques où ils sont tous... )) Et la preuve qu'elle l'a livré, ce carnet, c'est que depuis ces quarante-huit heures, elle est comme folle de désespoir de ce qu'elle a fait. Donc, elle Ta fait.
PORTAL
Alors, selon toi, elle aurait livré ce carnet?...
BOURDELOT
Au procureur de la République ou au juge d'instruction. Oui.
PORTAL
Et l'un des deux l'aurait étouffé?... Au profit de qui? Pourquoi, quand il avait là une telle occasion d'avancement?
BODRDELOT
J'entrevois plusieurs raisons. Il y a une campagne contre nous. fMotiirani te Journal. J Cet article sur Saiilard en est l'annonce. Ils peuvent croire que Delattre, muni du nonlieu, reviendra aux affaires, et en attendre plus que de toi. Micheline, après son coup de folie, peut avoir couru chez Mayence tout lui raconter, et Mayence avoir agi. La caisse de Moreau-Janville est à sa disposition pour une pareille affaire. Ce qu'il y a de certain, c'est que la maîtresse de Boyer n'a plus vu Micheline, de ces deux jours, et qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. Les talons de chèque ont été livrés, va, et tu peux aller de l'avant.
PORTAL
Il faut que je cause avec Boyer. Sais-tu où il est ?
BOURDELOT
Non . Mais il vient au journal à sept heures . Tu
l'auras à huit. Tu dînes ici, m'a dit ta femme?
Oui. C'est effrayant ce que tu viens de m'apprendre ! Mais tu es bien sûr qu'il y a quelqu'un qui a vu le carnet?
BOURDELOT
Oui, la petite femme de Boyer.
PORTAL
Et elle en témoignera ?
BOURDELOT
Ce ne sera pas commode. Tu comprends que Boyer ne s'est pas vanté...
PORTAL
Et Boyer?
BOURDELOT
Lui, certainement.
PORTAL
Ça suffit. Delattre est...
Geste d'étranglement.
BOURDELOT
Je l'espère bien.
PORTAL
Et, alors, c'est la majorité sûre et notre programme voté. Ah ! la joie que j'aurai si ces trois lois passent! (On frappe à la porte.) Entrez !
ANNA, annonçant
C'est M. et Mme Claudel.
PORTAL
Bon, je vais les recevoir. fA Bourdelot.) Va au journal, mon ami, et envoie-moi qui tu sais. Sors par là, tiens, et prie Georgfes de m'apporter la lettre pour Claudel.