‹ Le tribun: chronique de 1911Chapitre 28 sur 50 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les mêmes, moins AMÉLIE PORTAL

Qu'en dites-vous, mon cher Claudel? Est-elle urgente, notre besogne de laïcisation définitive? Elle est honnête, cette petite femme.

LE TRIBDN 83

Vous avez eiueiidu comme elle a parlé du secret professionnel, quoiqu'elle eût une peur!... Et elle ne comprend pas qu'étant fonctionnaire, c'est-à-dire faisant partie de l'État, elle manque au loyalisme, en élevant son enfant ailleurs que dans une école de l'État. Il y a là une mentalité à redresser. Il y faut une bonne [)etile loi. Que noire cabinet dure, je la fais voter... Vous êtes content, maintenant? Vous avez la preuve que vous chercliiez ?

CLAUDEL

Pas tout à fait, mon cher Président.

MADAME CLAUDEL

Qu'est-ce que tu veux de plus, monami?Tuas bien vu, à la figure de cette femme, qu'elle était sincère en ne reconnaissant pas le portrait.

CLAUDEL

PJle l'aurait reconnu qu'elle ne l'aurait pas avoué. Elle nous avait prévenus d'avance.

PORTAL

Je suis de l'avis de madame Claudel. Cette

femme était sincère. Mais si vous gardez le moindre doute, il y a un autre moyen. J'aurais dû y penser d'abord, pour éviter cet interrogatoirequim'aétépénible. J'avais l'air d'imiterles procédés inquisitoriaux que j'ai flétris à la tribtme. L'expéditeur d'une lettre recommandée doitremplir un bulletin que le bureau conserve. C'est la règle. Je vais demander à Salllard de me procurer celui-là. C'est un peu incorrect, mais inoffensif. Envoyez-moi deux lignes de Massieux. La comparaison des écritures fera la certitude complète, puisque vous la désirez.

CLAUDEL

Oui, je la désire, mon cher Portai, dans un sentiment de justice. Vous voyez que c'est ma maladie, la justice.

PORTAL

C'est la mienne aussi, Claudel, et je souhaite que nous n'en guérissions jamais. Je souhaite aussi que vos soupçons aient porté à faux, et j'en suis sûr.

MADAME CLAUDEL

Il faut laisser le Président travailler, mon ami. Tu ne lui as déjà pris que trop de temps.

PORTAL

Je ne vous retiens pas. En effet, j'ai à travailler, et beaucoup. Pourvu que mon secrétaire soit là...

Salutations. Georges rentre, dès que M. et Mme Claudel sont sortis.

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