‹ Le tribun: chronique de 1911Chapitre 30 sur 50 · ANNA, AMÉLIE · texte numérisé non relu

ANNA, AMÉLIE

ANNA

Alors vous êtes bien la personne de la poste que monsieur attend? C'est bien vrai?

AMÉLIE

Mais oui. J'apporte à M. Portai le bulletin de la poste qu'il a fait demander au directeur de mon bureau.

ANNA, lui montrant une lettre.

Alors cette lettre est pour vous ?

AMÉLIE, Usant.

Madame Amélie Binet. . . Oui, c'est bien pour moi.

ANNA, y étirant la lettre.

C'est qu'il y a tant d'intrigants!

AMÉLIE

Voyons, vous ne vous rappelez pas que vous m'avez vue ici, hier?

ANNA

C'est vrai. . . Eh bien ! Monsieur est au Sénat, vous savez, au Luxembourg?

AMÉLIE

Je sais.

ANNA, sans donner encore la lettre.

Il y a là dedans une carte qu'il a préparée pour vous. Vous la remettrez à l'huissier qui vous conduira à Monsieur tout de suite.

AMÉLIE

J'y vais.

ANNA

Ne m'en veuillez pas, mais laissez-moi vous

regarder encore. Oui. C'est bien vous... (Elle lui donne la lettre.) Ah! qu'on était plus tranquille, quand Monsieur était professeur à Bourges. Pour sûr que je ne me serais pas mise en maison chez un ministre ! Heureusement, qu'il parait que c'est des métiers qu'on n'exerce pas longtemps. On n'a pas seulement le temps de desservir ici .. (Elle va pour enlever le plateau sur lequel il y a les tasses de café, en chantonnant :)

Il était une bique des champs Les enfants, Qui mangeait tous les jours les choux du père Biébant.

Entre Georges.

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