‹ Le tribun: chronique de 1911Chapitre 8 sur 50 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

pas (l'autre but, et, de la sorte, elle se trouvait, travaillant pour la famille, travailler pour rindividu. Ces privilc(jes, ces propriétés, ces devoirs s'incarnaient dans le chef de la maison, dont la personnalité s'amplifiait de toute cette acquisition et de toute celte responsabilité.

La famille doit donc, pour exister vraiment et se déveIoj)pcr, avoir une existence historique. Mais pour durer, il faut être. La continuité n'est qu'une succession bien liée d'états momentanés. Il y a donc une existence momentanée et actuelle de la famille, constituée {)ar la triade : le père, la mère, l'enfant. Tant vaudra la cohésion de ces trois éléments, tant vaudra cette cellule vivante qu'il s'agit de faire durer. L'indissolubilité du lien conjugal apparaît aussitôt comme une première nécessité. Quand le père et la mère peuvent divorcer et créer, chacun à part, une nouvelle famille, que devient l'enfant du premier mariage? Quel rapport l'unira aux enfants du second mariage?

Quel rapport, à son père ou à sa mère remariés ? Quelle limite fixer d'ailleurs au divorce ? Nous possédons un document très significatif sur ce point. C'est le Rapport qui précède la toute récente ordonnance, relative au divorce, dans la principauté de Monaco. On y lit que des maladies très douloureuses de Tun des conjoints peuvent servir de raison au divorce de l'autre, certaines crises nerveuses, par exemple, si, devenues un sujet d'horreur pour le conjoint, elles présentent une certaine fréquence. C'est là ce que ce même Rapport appelle «une loi de consolation, et, par conséquent, d'espérance » . On ne voit aucun motif valable pour que la tuberculose, le cancer, et en général toutes les misères un peu cruelles de l'ordre physique, ne soient pas considérés de même comme une chaîne insupportable pour celui des deux époux astreint à la compagnie de l'autre. Les misères d'ordre moral n'étant pas moins pénibles à partager, la loi

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