‹ Le tribun: chronique de 1911Chapitre 9 sur 50 · PREFACE XVII · texte numérisé non relu

PREFACE XVII

(1 de consolation et d'espérance » ira de plus en plus du côté de l'union libre, seul terme lofjique, quand une fois on touche à l'indissolubilité du mariage. Là, seulement, dans le lien unique et imbrisable, réside l'élément de fixité du Foyer, de même que son élément de solidité réside dans la puissance paternelle. Exercée virilement, elle assure à la famille la discipline et l'ordre dans le présent, la continuité d'action dans l'avenir. Autorité maritale, autorité paternelle, nous nous retrouvons de nouveau devant ce phénomène que je signalais tout à l'heure : la personnalité du chef, nourrie, amplifiée. Tous les intérêts, tous les sentiments, toutes les énergies de la famille se ramassent dans un individu.

Poussons plus avant cette analyse. Une influence s'ajoute presque forcément aux précédentes, celle du sol. Le bien familial est, par définition, un bien immobilier. Ce mot seul de « maison " , par lequel nos sages aïeux dé-

signaient les familles établies, l'indique. L'homme est un animal bâtisseur. Son instinct, aussitôt arrivé à un certain degré d'aisance, est de construire, pour lui et pour les siens, une demeure qui lui survive. Il suit de là que toute famille un peu aisée cherche à posséder une habitation à elle, ville ou campagne. Elle se trouve ainsi pratiquer cette vertu que le fondateur d'un grand ordre religieux imposait à ses profès, et qu'il appelait permansiias, la vertu de séjour. Moralement et physiquement, cette influence quotidienne d'un même climat, d'une même nourriture, d'un même site, de mêmes travaux, marque la race d'une empreinte particulière. Elle la caractérise, au sens étymologique et profond de ce verbe j^apaççeiv, que les vieux lexiques gréco-latins traduisent par sulcare. Et c'est bien un sillon continûment creusé, le labour d'une âme collective, par des impressions toutes pareilles. Voilà le procédé pour obtenir

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