‹ Le tribun de Gand. V. 2Chapitre 4 sur 15 · MM TRIB9N 01 «AND · texte numérisé non relu

MM TRIB9N 01 «AND

^gmi moii esprit.

. — C'est tfflretiJl^ mais c'est vrai, répliqua Arievelde. C'est finguerran^ deMarign^ qat a cdnçii Cet infernal dessein. Et si monseiinAeifr vètit se âoutreiiir de l'ôecDrd qu'il y â entré mes jwTbles etee qu'il sait iui^métne^ il ne se rèMerâ certtiileiiient p» h erôifé que je ne parte qu'avec connaiâsaiice de eause.— Ah I et quelle sera la fin de toiit cela, si la Franôë réussit? Vous espére^i fttonÈiéfgiléur, que tbâ enfants régneliootBUf ndus ïïprbi \bi^ tiiôW La cour dé France espère le miMirri: B (^m\ ieton l'odieux projet dont je Tduâ parlée qosf li Flsndre écbôie, soit par mariage, soit par tiéritage à qoelqiiD ^ssonl vassal fran^aié. Ou discute déjà en secret qiii ee sera..* le duc de Bourgogiie par exenlple:

ArteVëMè Atf tilt pôU^ Vdi^ l'itilpressibn que èes parole^ pltMiliiMietlt i\» FeSpHt diï comté; mais Louis était assis, la tête penchée, comme accablé sous une aussi grave révéla^' tloti,eliie dOTïgeaif pasH regarder Soh interlocuteur. JUcques poursuivit t

— Vous votis plaignes dé la haine que nous portons à la France? Ge reproche porte *ur une erreur: les Fléihandà né fasïsseûtptts le peuple français; au contraire, celui-ci compte sur les Flamands pour obtenir un jbiir sa liberté, et la Flandre COTàptè sur te peupîfe français pour là défenise du droit d'éinaÉfcipaftôn contre les agressions futures. Pourquoi les rote de France Veulent-ils nous écraser? N'est-ce pas dans la crainte que l'exemple de notre puissance et de notre prospérilé ne décide les Fratiçais à se révolter contre le joug de fer do la féodalité? Si nous détestons quelque chose èù France, ce sont les ennemis de la liberté, ceux qîii, dépuis !fow cents arts, veulent étouffer la Flandre pour donner le eotrp de mdrt \k la puissance communale ; mais non pas le peuple frafiçafSS qlii as|)iiré au ihoment où il pourra se soute-

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ver avec nous pour briser les chaînes par lesquelles on es|)ère retenir les peuples dans une éternelle enfance. Vous m'avez demandé de servir la France et de contribuer à amoiadrir nos libertés; vous'avez eu la bonté de me permettre de vous répondre franchement et sans rétiC/ence. J'ai parié trop hardiment peut-être; mais monseigneur l'a voulu ainsi 1

Le comte pressa douloureusement son front entre ses deux mains, et dit en soupirant:

— Si vous disiez la vérité! Ahl malheur à moi ! je sortis donc entouré de pièges, de frfiudes et d'intrigues 1 Je aenis un jouet dans la main du roi! Etes-vous bien sûr de ce que vousdites? Oh! dites-moi que vous doutez, que vous n'ava appris tout cela que de la bouche de gens ennemis du ni et de moi-même !... Vous vous taisez, capitaine en chefî Vous êtes donc certain qu'il en est ainsi et non autrement?

— Il en est ainsi! répondit Artevelde avec uu inflexible sang-froid.

— Mon Dieu ! mon Dieu ! s'écria le comte, c'est eflhyand Mais vous, courageux citoyen, qui m'avez ému jusqu'au fond do i*àme et m'avez montré un abime béant sous mes pieds, que feriez-vous donc pour échapper à cet abime, si vous étiez à ma place ? Voyons si vous auriez autant d'éloquence pour conseiller que pour accuser?

— Ce que je ferais, seigneur comte? Je me déclarerais le protecteur des libertés publiques delà Flandre ; je me mettrais à la lête du peuple, non pour entraver sa marche, mais pour la diriger; j'identifierais mes intérêts a>mme prince avec ceux des communes ; je feinis fleurir l'industrie; j'attirerais par tous les moyens le cotumerce dans mon comti'% et par là, père cl btenfaileur du pays Je gagnerais l'amour de mes sa* jets. Je conclurais un trafic d'rgalltô des poids et mesures, da commerce et de commune dét'enso avec le Brabant, le Hainani, le Limbourget Liège; j'engagerais tpuâ les pays tbi*

ft'iiDîr en une fédération générale, et, quand l'antique ilgique de César revivrait dans cette puissante assoavec une force de cent mille héroïques combattants, i de mon siège de comte, je jetterais tranquillement & sur le trône de France ! La Flandre, formant la a plus importante et la plus puissante, resterait toula tète de la fédération ; ma couronne rayonnerait irope entière ; on afïluerait par torrents de tous les du monde dans mes États ; et ici, sur ce sol de la ît de la grandeur populaire, commanderait un prince rois seraient forcés de saluer avec respect (2). Ce propose n'est pas une œuvre de géant, seigneur il ne faut, pour l'accomplir, que cette virile énergie ourage qui conviennent à un prince... 0 seigneur si Dieu vous inspirait le grandiose dessein d'associer itre propre gloire à l'exallation de notre belle pairie, rais à votre service mon expérience, ma fortune et ng. Tous les Flamands mourraient avec joie pour éfense, et, je vous le jure, vous seriez avant peu j plus puissants souverains de l'Europe Vous conmon avis, monseigneur, vous savez ce que je vous le. Deviendrez- vous le chef du peuple le plus indusît le plus libre de tout l'Occident? La Flandre suivraette glorieuse carrière sous votre direction et votre nement paternel, ou ne devra-t-elle demander son )n qu'au courage civique de ses habitants ? Parlez, ir comte : le jugement que vous allez prononcer dédu sort de la Flandre et peut-être du vôtre.

loii (dietsch), équivalent du mot nederdnitsch^ et qui sert k désigner diomes qui !te rattachent au néerlandais.

semble presque impossible de croire qu*Aiteveldc, déjà a cette ftit formé un tel projet. On eu trouvera plus loin les prouves irré-

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